Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • INTERNATIONAL
  • Santé cardiovasculaire en Afrique : Les spécialistes se mobilisent pour démocratiser les soins du cœur
INTERNATIONAL

Santé cardiovasculaire en Afrique : Les spécialistes se mobilisent pour démocratiser les soins du cœur

Email : 22

Réunis depuis vendredi à Abidjan pour les Journées africaines de cardiologie interventionnelle, médecins et autorités alertent sur l’urgence de rendre les traitements de pointe accessibles à tous. Face à l’explosion des maladies cardiovasculaires, l’objectif est d’intégrer les urgences cardiaques dans la Couverture maladie universelle.

En Afrique de l’Ouest, être victime d’un accident cardiaque s’apparente trop souvent à un double choc : vital et financier. Alors que les crises cardiaques et les artères bouchées font de plus en plus de ravages, la médecine moderne sait pourtant faire des miracles. Mais une question centrale demeure : à quoi sert une technologie de pointe si seuls quelques privilégiés peuvent s’en offrir les services ?

C’est le cri d’alarme lancé ce vendredi 12 septembre à Abidjan-Plateau lors de

l’ouverture de la 4ᵉ édition des Journées africaines de cardiologie interventionnelle (JAFCI). Durant trois jours, spécialistes venus de tout le continent, chercheurs et représentants du gouvernement ivoirien se réunissent pour trouver des solutions très concrètes afin de rapprocher la médecine du cœur de la population.

Un drame médical qui ruine les familles

Aujourd’hui, les pathologies cardiaques ne représentent plus seulement une urgence médicale, mais un véritable problème de société. Lorsqu’un père ou une mère de famille est frappé par un infarctus, c’est tout l’équilibre financier du foyer qui bascule.

« Une pathologie fragilise la stabilité des ménages, réduit la capacité de travail et accumule les dépenses de santé », a rappelé Tapé Aubin, représentant du ministère de l’Emploi et de la Protection sociale. Pour les autorités, l’accès aux soins de santé ne doit plus être perçu comme un luxe ou un privilège, mais comme un droit fondamental. Un premier pas a déjà été franchi avec la prise en charge de l’hypertension artérielle par la Couverture maladie universelle (CMU), mais le défi reste immense pour les interventions plus lourdes.

La cardiologie interventionnelle : qu’est-ce que c’est ?

Derrière ce terme scientifique se cache une révolution médicale : la capacité de soigner le cœur sans ouvrir la poitrine. Grâce à des interventions légères (comme l’angioplastie ou la pose de « stents », ces petits ressorts glissés dans les artères pour rétablir la circulation du sang), les médecins réussissent à sauver des patients en quelques dizaines de minutes et à réduire considérablement leur temps d’hospitalisation.

Le problème ? Ces gestes techniques coûtent cher et nécessitent des équipements de haute technologie. « Une innovation qui sauve des vies, mais demeure inaccessible au plus grand nombre, reste une promesse inachevée », a souligné avec force le professeur Roland N’Guetta, président du Groupe de recherche et d’action contre les maladies cardio-vasculaires (GRAM).

Rembourser les interventions d’urgence pour sauver des vies

Pour sortir de cette impasse, les cardiologues plaident pour une mesure forte : faire rembourser progressivement certains de ces actes vitaux par la CMU. L’idée ne serait pas de tout financer du jour au lendemain, mais de créer un système pilote pour les urgences les plus graves, avec des tarifs négociés et encadrés.

Du côté du ministère de la Santé, le Dr Coulibaly Soty a réaffirmé la volonté de l’État de bâtir un système plus juste. Mais la représentante du ministre a tenu à le

préciser : moderniser les hôpitaux et acheter des machines ne suffiront pas. Il faut aussi mieux dépister les malades en amont, accélérer leur transport vers les urgences et améliorer leur suivi tout au long du parcours de soins.

Ateliers pratiques, démonstrations en direct et débats passionnés rythmeront la suite de ces journées. Avec une ambition partagée : faire en sorte que demain, face à une crise cardiaque à Abidjan ou ailleurs, ce soit la médecine et non le portefeuille du patient qui ait le dernier mot.

img

Audray Ndengue

Journaliste

Ndengue Audray, journaliste dans le groupe Échos santé, Brevet de Technicien Supérieur en sciences et techniques de l'information et de la communication à l'Institut Universitaire Siantou. Écris et parle parfaitement le français

Leave a Reply

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos Santé n° 1484 du lundi 14 septembre 2026

×