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Solidarité et Espoir : Deux Jeunes Victimes des Exactions Terroristes Reçoivent un Soutien Inestimable

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Dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, les exactions des groupes terroristes comme Boko Haram laissent des cicatrices profondes sur les victimes. Parmi elles, Molo Molo Abel, un homme courageux, et un jeune enfant nommé Edemi. Leur histoire est un poignant reflet du courage et de la résilience face à l’adversité, et témoigne de l’impact dévastateur de la violence sur des vies innocentes. Alors qu’ils retournent dans leurs familles respectives, ils reçoivent des donations de deux âmes de bonne volonté.

Molo Molo Abel, un fils de Tourou localité de l’extrême-Nord, issu d’une fratrie de plusieurs enfants, menait sa vie tranquillement, et prenait sa famille en charge jusqu’à ce que le drame survienne.

Il a perdu sa jambe lors d’une attaque des bandes armées survenue le 24 mars 2024. Il raconte son expérience tragique avec une émotion palpable. « À 21h, ils ont commencé à combattre avec les éléments du BIR, jusqu’à 4h du matin. C’était une nuit de terreur, et nous avons entendu des cris, des explosions, et la peur s’est emparée de tout le quartier. Après l’attaque, nous sommes allés sur le site voir ce qui s’y était réellement passé. Sur les lieux gisaient au sol, des cadavres des éléments de boko haram et des éléments du BIR Alors que nous étions sur le point de rentrer, l’un de mes voisins avec qui nous étions a piétiné une mine. N’ayant pas de sac pour ramasser ses restes, nous avons préféré rentrer au village alerter tout le monde. Alors que nous nous apprêtions définitivement à quitter les lieux c’est où   j’ai été à mon tour victime d’une mine. Je me suis retrouvé à l’hôpital, où l’on m’a amputé la jambe. C’était un moment horrifiant. J’avais l’impression que ma vie avait pris un tournant irréversible », explique-t-il l’esprit plein de regret. Malgré la douleur physique et émotionnelle, Molo exprime une profonde gratitude envers la Croix-Rouge, qui a pris en charge ses soins médicaux et son rétablissement. « Grâce à leurs efforts, j’ai pu recevoir des soins appropriés d’abord à l’hôpital de Mokolo avant d’être transféré au Centre des handicapés de Yaoundé pour une meilleure prise en charge. Ils m’ont aidé à me relever, à me reconstruire, et à retrouver un semblant de normalité dans ma vie », ajoute-t-il, soulignant l’importance du soutien qu’il a reçu.

De l’autre côté, Edemi, un enfant qui a également souffert des conséquences de la violence, a été hospitalisé après avoir été blessé par une explosion. « C’était en 2020. J’avais à peine 8 ans et je jouais avec mes amis quand c’est arrivé. J’ai senti une explosion qui a retenti, et je me suis retrouvé à terre, blessé. J’ai vécu des jours difficiles à l’hôpital, loin de ma famille et de mes camarades », raconte-t-il d’une voix tremblante. « Maintenant, je vis avec cet handicap. Cela me dérange parfois, surtout quand je vois mes amis courir et jouer. Mais je continue à espérer » Son témoignage est empreint de courage et d’une sagesse qui dépasse son jeune âge. Il ajoute avec détermination : « Je veux être fort demain, je veux retourner à l’école ».

Récemment, lors d’une cérémonie de remise de dons au Centre National de Réhabilitation des Personnes Handicapées à Yaoundé, deux jeunes enfants, des filles, Chrystia et Anissa, ont décidé de faire un geste de solidarité envers ces victimes. Ayant collecté des fonds à l’école, elles ont remis des enveloppes de 50 000 francs CFA chacune à Molo Molo et Edemi. « Pour moi, cela représente de l’espoir. J’ai été touchée de pouvoir aider un enfant qui a vécu un bouleversement aussi grand », déclare Chrystia, âgée de 14 ans. Avec une passion qui transparaît dans sa voix, elle continue : « Quand j’ai entendu parler de leur histoire, j’ai réalisé que nous avons tous un rôle à jouer pour rendre le monde meilleur. Chaque petit geste compte. »

Anissa, Présidente du Club CICR de la American International School of Yaounde ( AISOY), , partage son expérience : « Voir ces personnes en difficulté m’a ouvert les yeux sur les réalités du conflit. J’ai compris à quel point ces événements impactent non seulement les victimes, mais aussi leurs familles et leurs communautés. Cela m’a motivée à vouloir aider davantage. » Elle évoque également le moment où elles ont rencontré Molo et Edemi : « C’était émouvant de les voir. Ils sont si forts malgré tout ce qu’ils ont traversé. Cela m’a donné envie de faire encore plus pour ceux qui souffrent. »

Si Molo Molo Abel compte investir dans la restauration ou l’épicerie, Edemi quant à , lui veut retourner à l’école comme tous les enfants de son âge surtout au moment du drame, il était en classe de 6ème.

Photo de famille :  Comité International de la Croix-Rouge (CICR), donatrices, bénéficiaires, Centre National de Réhabilitation des Personnes Handicapées Paul Émile Leger de Yaoundé.

Ces dons encadrés par le Comité International de la Croix-Rouge (CICR), ont été accueillis avec une immense gratitude par le personnel du centre. Ndengue Louise, inspecteur principal des affaires sociales, a exprimé son admiration pour ces jeunes donatrices et pour l’impact de la Croix-Rouge dans la vie des victimes. « Leur geste, bien que modeste, est énorme pour ceux qui ont perdu tout espoir. Cela peut leur donner une nouvelle perspective sur la vie », affirme-t-elle. Avec un sourire réconfortant, elle ajoute : « Ces jeunes filles incarnent l’espoir pour l’avenir. Leur générosité est un exemple à suivre pour tous les enfants du Cameroun. »

La Croix-Rouge, en partenariat avec le Centre National de Réhabilitation des Personnes Handicapées, continue d’apporter un soutien essentiel aux victimes des conflits. Chaque année, elle prend en charge les soins médicaux, l’appareillage et l’accompagnement des personnes handicapées, leur offrant ainsi une chance de réintégration dans la société. « Nous travaillons sans relâche pour assurer que chaque personne qui entre dans notre centre soit traitée avec dignité et respect. Nous voulons qu’ils sachent qu’ils ne sont pas seuls », déclare Louise.

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Molo et Edemi, bien qu’ayant enduré des épreuves inimaginables, sont des symboles de résilience. Ils témoignent de l’importance de la solidarité et de l’espoir dans les moments les plus sombres. Comme le souligne Molo, « Grâce à Dieu et à la Croix-Rouge, je suis toujours vivant. Je ne perds pas espoir. Je veux vivre pleinement ma vie et aider les autres qui souffrent comme moi. »

Leur histoire rappelle à chacun d’entre nous que même dans l’adversité, la compassion et l’entraide peuvent illuminer les chemins les plus sombres. Edemi conclut avec détermination : « Je veux devenir médecin pour aider d’autres enfants qui ont été blessés. »

Molo Molo Abel et Edemi retournent dans leurs familles respectives ce mardi, avec un état d’esprit plus fort que jamais ont-ils rassuré.

Mireille SIAPJE

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