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Candlelight Memorial Day au Cameroun : Mémoire, Mobilisation et Plaidoyers contre le VIH/SIDA

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Dans un cadre empreint d’émotion et de solidarité, le Réseau Camerounais des Associations de Personnes Vivant avec le VIH/SIDA (RéCAP+) a organisé, en collaboration avec le Comité national de lutte contre le Sida (CNLS), une journée commémorative à l’occasion du Candlelight Memorial Day. Cette journée est dédiée à la mémoire des vies perdues à cause du VIH/SIDA, mais elle est aussi un puissant appel à la mobilisation collective contre la stigmatisation qui entoure encore cette maladie.

Au Parcours Vita de Yaoundé, dès l’aube, des rires et des chants ont résonné alors que la communauté se rassemblait ce dimanche 25 mai 2025, pour participer à un sport collectif. Ce moment de convivialité a été suivi par une conférence de presse à la Basilique de Mvolyé, avant de culminer dans une messe œcuménique et une cérémonie commémorative au cours de l’après-midi. Mais c’est le témoignage poignant de ce camerounais, un jeune homme de 20 ans, qui a particulièrement capté l’attention du journal Échos Santé.

« Bonjour, je suis Yonkeu Kamgep Arthur Bolivan. J’ai 20 ans et je suis en classe de terminale. Cette année, je ne pourrai pas passer mes examens à cause de problèmes financiers », commence-t-il, sa voix empreinte d’émotion. Ce récit, bien que personnel, est le reflet d’une lutte collective. Arthur se bat contre les stigmates et les défis économiques qui pèsent sur lui, mais il incarne aussi l’espoir d’une génération.

Son histoire est celle d’un jeune homme qui, à l’âge de 15 ans, a découvert qu’il était séropositif. Ce fut un choc, une révélation qui a bouleversé sa vie. Une réalité qu’il a d’ailleurs d’abord pris comme une blague. Pourtant, sa vie a basculé lorsqu’il est tombé malade du fait de son statut. Un épisode dramatique qui a gravement affecté sa santé mentale.

« J’ai été plongé dans le coma, j’ai perdu l’usage de mes pieds à ce moment-là avant de me rétablir bien plus tard », se souvient-il avec une clarté poignante. À cette époque, il ne comprenait pas encore l’ampleur de son statut. Ce n’est qu’après avoir été confronté à d’autres jeunes vivant des expériences similaires qu’il a commencé à accepter son statut et à prendre son traitement au sérieux.

« Quand j’ai vu des adolescents comme Urich et John partager leurs histoires, j’ai compris que je n’étais pas seul. J’ai décidé de m’engager dans la lutte contre le VIH », explique-t-il avec une détermination palpable. Son histoire n’est pas uniquement celle de la maladie, mais celle de la résilience et de la volonté de transformer la douleur en action.

« J’ai vu ma mère mourir devant mes yeux à cause du VIH. Cette expérience m’a profondément marqué », a-t-il continué, ses yeux brillants d’émotion. Arthur a décidé de s’engager dans la lutte contre le VIH, non seulement pour lui-même, mais pour tous ceux qui, comme lui, vivent avec ce virus. « Je ne veux pas voir d’autres personnes mourir comme ma mère. Je veux que les jeunes sachent qu’ils peuvent vivre, qu’ils peuvent avoir des rêves », a-t-il affirmé avec conviction. En prenant son traitement régulièrement, il a réussi à atteindre une charge virale indétectable.

Livre d’hommage avec pour visage emblématique, Patrick Alain Fouda, Activiste et travailleur social, de regrettée mémoire.

Le Directeur Pays de l’ONUSIDA, Taouffik Bakali, a salué ce courage lors de son discours. Il a rappelé que le Cameroun est l’un des pays les plus avancés dans la région de l’Afrique Centrale et de l’Ouest pour atteindre les objectifs des 95-95-95, qui visent à réduire le nombre de nouveaux cas d’infection et à améliorer l’accès aux traitements.

La célébration du Candlelight Memorial Day, organisée par le Réseau Camerounais des Associations de Personnes Vivant avec le VIH/SIDA (RéCAP+) et le CNLS, a rassemblé des milliers de personnes, unies par un objectif commun : lutter contre la stigmatisation et apporter un soutien à ceux qui en ont besoin. Alors qu’Arthur partage son récit, il évoque un autre souvenir qui le pousse à se battre pour un avenir meilleur : « Quand j’étais petit, il y a des personnes qui étaient venues à la maison, qui disaient, c’est quel genre bébé, ça ? Il y avait même un commentaire qui était sorti, disant : il faut jeter cet enfant. »

Arthur plaide pour une meilleure compréhension et acceptation des personnes vivant avec le VIH, exhortant le gouvernement à revoir les lois qui stigmatisent encore davantage ces individus.

L’événement est également marqué par des interventions puissantes, notamment celle de Lucie Zambou, présidente du Conseil d’Administration de RéCAP+, qui souligne l’urgence de l’action collective. « La stigmatisation empêche encore trop de personnes de chercher de l’aide à temps. Nous avons besoin d’un système de santé qui protège et respecte les personnes vivant avec le VIH », affirme-t-elle.

Cette journée commémorative est un moment de mémoire, mais aussi un appel à l’action. Taouffik Bakali, Directeur Pays de l’ONUSIDA, rappelle l’importance de la lutte communautaire : « Le VIH ne peut pas être combattu uniquement par des solutions médicales. Nous devons aborder la stigmatisation et la discrimination à travers des réponses communautaires. Sans cela, nos efforts ne porteront pas leurs fruits. »

A lire aussi: Briser le silence, recoudre les vies : Les survivantes de la fistule obstétricale reprennent la parole

Dr. Fokam Joseph, Secrétaire Permanent du CNLS, a également partagé des statistiques révélant qu’environ 10 000 personnes perdent encore la vie chaque année au Cameroun en raison du VIH. « Bien que cela représente une baisse significative des décès, il est inacceptable que des vies se perdent à cause d’une maladie évitable », a-t-il déclaré avec emphase.

La stigmatisation et la discrimination demeurent des obstacles majeurs à la lutte contre le VIH. Arthur a partagé son expérience avec la stigmatisation, expliquant comment, même au sein de sa propre famille, le manque de communication et la peur de la maladie avaient créé des barrières. « Il est essentiel de changer la perception du VIH dans notre société. Nous devons parler ouvertement de la maladie et de ses impacts », a-t-il plaidé.

Des bougies allumées en la mémoire des personnes disparues.

Lucie Zambou, Présidente du Conseil d’Administration de RéCAP+, a conclu l’événement en appelant à l’action. « Nous avons besoin d’un système de santé qui protège et respecte les personnes vivant avec le VIH. Le plaidoyer communautaire doit continuer afin de garantir une prise en charge humaine et inclusive », a-t-elle exhorté.

Cette journée commémorative, bien plus qu’un simple événement, est un rappel que derrière chaque statistique se cache une vie humaine, une histoire de lutte et de triomphe. Les témoignages d’Arthur et des autres participants sont des lueurs d’espoir, des appels à la solidarité et à l’action. Le Cameroun avance, mais le chemin reste semé d’embûches. Ensemble, avec détermination et compassion, la communauté peut continuer à faire la différence, à réduire la stigmatisation et à sauver des vies.

Alors que le soleil se couchait sur Yaoundé, les participants ont allumé des bougies en hommage à ceux qui ont perdu la vie à cause du VIH/SIDA, mais aussi en célébration de la vie, de l’espoir et de la résilience. La lutte continue, mais avec des voix comme celles d’Arthur, l’avenir semble plus radieux que jamais.

Mireille SIAPJE

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