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Lutte contre le VIH et pathologies associées : CIRCB au cœur de l’intégration des stratégies de prise en charge

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Réunis le jeudi 16 juillet 2026 dans la salle des conférences du Centre International de Référence Chantal Biya (CIRCB), experts nationaux et internationaux ont plaidé pour une synergie thérapeutique globale. Objectif : faire face à la baisse des financements extérieurs et à la montée des comorbidités chez des patients vivant désormais à long terme avec le virus.

Lors des travaux au siège du CIRCB.

La lutte contre le VIH et les pathologies associées s’intensifient au Cameroun. Un atelier international de virologie a eu lieu le jeudi 16 juillet 2026 à Yaoundé. Placé sous le thème : « stratégie d’intégration de la prise en charge du VIH et pathologie associées », cette rencontre a regroupé des experts venus des quatre coins du pays et dans le monde. Durant les travaux, l’état des lieux de la lutte contre le VIH et pathologies associées présentés par les experts est fort indicateur.

En effet, en l’espace de deux décennies, la lutte contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) a enregistré des avancées spectaculaires. C’est le constat historique dressé d’emblée par le Pr Carlo Federico Perno, Président du Conseil Scientifique du CIRCB : « C’est un moment de changement. Nous avons passé 20 ans de notre vie, dès 2002-2003, à traiter les patients avec le VIH, espérant contrôler un virus qui autrement serait mortel dans presque 100 % des cas si les patients ne sont pas traités. Aujourd’hui, nous avons obtenu des résultats spectaculaires ». Grâce à la généralisation de protocoles hautement performants et simplifiés comme le TLD (Ténofovir, Lamivudine, Dolutégravir), désormais standardisé sur le continent, les personnes infectées peuvent enfin espérer retourner à une vie normale et vieillir dignement.

Néanmoins, cette formidable avancée recèle un revers complexe. Le fait que le VIH soit contrôlé mais non éradiqué contraint les patients à un traitement à vie. Cette persistance virale chronique fragilise l’organisme à long terme et amplifie la nocivité d’autres pathologies chroniques ou infectieuses. Comme le souligne le Pr Perno, le VIH non seulement persiste mais agit comme un catalyseur systémique : « Le VIH aide les autres maladies à être dangereuses pour l’homme. Nous parlons de tuberculose, du paludisme, du papillomavirus, de l’hépatite B et des comorbidités métaboliques ». En Afrique Centrale, où l’hépatite B (VHB) est fortement prévalente, le risque de cancer du foie s’en trouve démultiplié. De même, le papillomavirus humain (HPV) favorise le développement de cancers de l’appareil génital ainsi que de la tête et du cou. D’où un plaidoyer vigoureux pour l’intégration systématique de la vaccination anti-VHB et anti-HPV et le renforcement du diagnostic précoce pluridisciplinaire.

Face aux défis financiers : l’impératif de la résilience locale

Sur le plan épidémiologique national, le Cameroun affiche des indicateurs très encourageants. Selon le Dr Joseph Fokam, Secrétaire Permanent du Comité National de Lutte contre le SIDA (CNLS), la réponse nationale a permis une baisse sensible de la prévalence et de l’incidence du virus, une diminution de moitié de la mortalité spécifique ainsi que des nouvelles infections. Toutefois, cette maîtrise se heurte à une équation logistique inédite : « Pendant que nous réduisons ces fardeaux épidémiologiques, on a doublé notre file active, qui tend bientôt à près de 1,5 million de personnes >> alerte le Dr Fokam.

Ce gonflement de la file active se produit au moment précis où l’aide internationale s’essouffle. Le gouvernement américain et le Fonds mondial revoient leurs financements à la baisse. Face à ce désengagement progressif, l’intégration des stratégies de soins n’est plus seulement une urgence clinique pour prévenir les décès dus aux maladies opportunistes ou non admissibles chez les personnes vivantes avec le VIH ; elle constitue le levier d’efficience par excellence. Pour le Dr Fokam, il s’agit de « développer des mécanismes de résilience locale afin que nous puissions garder cette performance qui, aujourd’hui, est vraiment parmi les meilleures dans la zone Afrique centrale et de l’Ouest », conclut-il.

Réaction

« Ces échanges ont permis d’assimiler les nouvelles orientations »

Pr Alexis Ndjolo, Directeur Général du CIRCB

« Le Centre International de Référence Chantal Biya (CIRCB) s’inscrit pleinement dans sa mission en organisant cet atelier dédié à l’amélioration des stratégies de prise en charge du VIH et de ses pathologies associées. En effet, grâce à l’augmentation de l’espérance de vie des patients sous traitement, nous voyons émerger des affections bien connues qui aggravent le pronostic de l’infection : la tuberculose, les hépatites, les cancers ou encore les maladies cardiovasculaires. Ces co-infections doivent impérativement bénéficier d’une prise en charge optimale.

Cet atelier, qui réunit autour du CIRCB son président du conseil scientifique, des cliniciens et des acteurs de terrain, vise à mettre en place des stratégies efficaces pour réduire la morbidité et la mortalité liées à ces pathologies associées. Notre objectif est double : partager d’abord les standards internationaux en la matière, puis évaluer les pratiques en vigueur au Cameroun afin de mieux y intégrer cette approche globale.

Face aux contraintes de nos ressources actuelles, il est illusoire de vouloir traiter séparément le VIH d’un côté, et chacune de ces pathologies de l’autre. L’enjeu est de combiner nos interventions pour agir simultanément sur le VIH et sur ses co-infections (tuberculose, hépatites, HPV, affections cardiovasculaires et métaboliques).

À cet égard, les prescripteurs et les acteurs communautaires présents souhaitent partager les difficultés qu’ils rencontrent sur le terrain. Ces échanges directs ont permis d’assimiler plus efficacement les nouvelles orientations nationales et internationales. C’est précisément l’ambition du CIRCB à travers cette session d’échange avec l’ensemble de ses prescripteurs et partenaires. »

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