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Yaoundé : Une bombe sanitaire silencieuse coule dans les rues

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Une récente étude révèle que plus d’un quart des eaux usées sont contaminées par le virus de l’hépatite E. Lié aux rongeurs et circulant activement dans les quartiers insalubres, ce virus représente une menace grave pour la santé publique, appelant à une action immédiate pour prévenir une épidémie.

Dans des zones telles que Madagascar à Yaoundé 2, ou sur les pentes du marché Acacias à Biyem-Assi, le quotidien est une lutte contre l’insalubrité. Les ménages partagent des installations sanitaires délabrées et les eaux sales s’écoulent librement, transformant les rues en rivières de déchets. Cette situation a malheureusement des conséquences dramatiques, comme le confirme une récente étude de l’Institut de recherche médicale et d’études des plantes médicinales (IMPM). Publiée dans la revue scientifique PLOS One, cette recherche a révélé que plus d’un quart des échantillons d’eaux usées prélevés dans la capitale camerounaise entre janvier et décembre 2023 étaient contaminés par le virus de l’hépatite E.

Les résultats sont alarmants : les zones résidentielles se sont révélées être des foyers de contamination, avec près de 42 % des échantillons positifs. Plus inquiétant encore, le virus a également été retrouvé dans l’eau utilisée pour l’arrosage des cultures, créant un risque direct pour la chaîne alimentaire. Les scientifiques ont par ailleurs noté une présence plus élevée du virus durant la saison sèche, un phénomène qui pourrait s’expliquer par une concentration des agents pathogènes.

Ce qui rend cette découverte particulièrement préoccupante, c’est la source du virus. L’analyse génétique a montré que les souches détectées sont étroitement liées à celles trouvées chez les rongeurs, et non aux génotypes humains habituels. Cela suggère un risque élevé de transmission zoonotique (des animaux à l’homme), probablement par la consommation de viande de brousse insuffisamment cuite, ou par la contamination de l’environnement par les excréments de rongeurs, vecteurs de la maladie.

L’hépatite E, une infection virale du foie, est souvent transmise par l’eau ou les aliments contaminés. Si elle peut passer inaperçue avec des symptômes bénins (fièvre, nausées, douleurs abdominales) qui durent d’une à six semaines, elle peut aussi entraîner de graves complications, notamment chez les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées. Selon l’OMS, elle cause plus de 44 000 décès par an dans le monde.

Agir vite pour prévenir la prochaine épidémie

Cette étude, menée en collaboration avec plusieurs universités, est un véritable appel à la vigilance. Elle souligne l’urgence de renforcer l’assainissement dans les quartiers les plus précaires, de protéger les points d’eau et d’intégrer la surveillance des épidémies dans les eaux usées aux stratégies de santé publique. En effet, l’épidémiologie basée sur les eaux usées se révèle être un outil précieux pour anticiper l’apparition des maladies avant même que les premiers symptômes n’affectent la population. Ces trois mesures essentielles, proposées par les experts de l’IMPM, peuvent faire toute la différence en attendant des solutions à grande échelle. D’abord, il est primordial de toujours faire bouillir l’eau avant de la consommer, ce qui permet de tuer les germes et les bactéries. De plus, il est tout aussi important de laver soigneusement les fruits et légumes pour éliminer les pesticides et autres contaminants. Enfin, l’amélioration de l’hygiène domestique est cruciale pour limiter la présence de rats et, par conséquent, réduire les risques de maladies qu’ils peuvent transmettre. Ainsi, en adoptant ces gestes simples, chacun peut contribuer à sa propre sécurité sanitaire et à celle de sa communauté.

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La détection de ce virus vient s’ajouter à une liste déjà inquiétante de pathogènes, après qu’une précédente étude de juin 2025 ait mis en évidence la présence de cinq virus de gastroentérites dans les mêmes eaux usées. Ces découvertes confirment une triste réalité : le réseau d’égouts non traité de Yaoundé est un réservoir silencieux de maladies, une bombe à retardement qui ne demande qu’à exploser. Face à cette situation, l’inaction n’est plus une option. Il est temps de mettre en œuvre des politiques d’assainissement robustes pour protéger la santé des habitants de la capitale.

Elvis Serge NSAA

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