Face à la saturation de sa morgue, l’Hôpital Laquintinie de Douala par un communiqué du Directeur publié le 02 septembre 2026, invite les familles à venir récupérer les corps abandonnés ou judiciaires avant qu’ils ne soient enterrés par l’administration.
À Douala, l’urgence est désormais affichée jusque dans les établissements de santé. La saturation de la morgue de l’Hôpital Laquintinie pousse les autorités à accélérer la recherche des familles de personnes décédées dont les dépouilles demeurent non réclamées. Par le message-porté N°538/2026/MP/C19/SASC du 2 septembre
2026, MVOGO Sylyac Marie, préfet du Wouri et président de la Commission d’inhumation des corps abandonnés ordonne aux responsables des principales formations sanitaires de Douala d’afficher les listes des dépouilles non réclamées. Les directeurs d’hôpitaux doivent également transmettre une copie de ces documents à l’autorité administrative. La consigne concerne notamment l’Hôpital Laquintinie, l’Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique, les hôpitaux de Deido, Nylon, Logbaba, New-Bell, Bonassama et Cité des Palmiers. L’objectif est de permettre aux familles qui auraient perdu la trace d’un proche décédé de l’identifier et d’engager rapidement les démarches nécessaires pour récupérer la dépouille.
C’est à cet effet que le Dr NDOM Marie Solange Epse EBONGUE MANGA, directrice de l’Hôpital Laquintinie de Douala, accorde un délai de 15 jours aux familles pour procéder au retrait des corps, faute de quoi une inhumation administrative sera engagée. Pour cette opération qui concerne 131 corps, le communiqué N°1004/C/MINSANTE/DHL/SAGE, signé ce même 2 septembre par la directrice, précise toutes les modalités. Les listes sont d’ailleurs accessibles à trois endroits : à la guérite principale, à l’entrée de la morgue, ainsi que sur la page Facebook officielle de l’hôpital. Les documents établis par Justin AMBOMO, Major Thanatopraxie et Emmanuel TIMBA, Chef Service Thanatopraxie font état de 131 corps conservés à la morgue et répartis en trois catégories. La première regroupe 19 corps de personnes privées de liberté, correspondant à des décès enregistrés entre janvier 2025 et août 2026. Parmi eux, 17 relèvent de la Prison centrale, un de la Prison de Ngoma et un autre de la Prison centrale de New-Bell. La deuxième catégorie est la plus importante : 76 corps sous réquisition judiciaire, conservés depuis juillet 2024 jusqu’en août 2026. Une grande partie est liée aux services de police, notamment différents commissariats, la Police judiciaire, la DRPJ et les brigades maritimes. D’autres dépouilles relèvent de la Gendarmerie nationale, des mairies de Douala 1er et 5e, tandis que certaines sont associées à des découvertes macabres, des morts suspectes, des assassinats, des noyades, des accidents de la voie publique ou encore des affaires de trafic d’ossements. Enfin, 36 corps hospitaliers non réclamés figurent sur la liste. Il s’agit notamment de bébés et de patients décédés dans différents services de l’hôpital. Sept corps proviennent des services internes, cinq de la Néonatalogie, cinq des Urgences A et deux du Bloc opératoire, les autres étant répartis dans différents services de l’établissement.
Quinze jours pour retrouver les familles
Face à cette situation, la Direction de Laquintinie invite toute personne reconnaissant un nom sur les listes à en informer les proches concernés. Les familles disposent d’un délai de 15 jours à compter de la publication du
communiqué pour se présenter et procéder au retrait de la dépouille, munies des pièces justificatives requises. À l’expiration de ce délai, l’administration indique qu’elle sera contrainte de procéder à une inhumation administrative, conformément à la réglementation en vigueur. L’établissement assure par ailleurs que toutes les dispositions seront prises afin que cette procédure, particulièrement sensible, soit menée dans le respect de la dignité humaine. Il appelle enfin à la collaboration des populations de Douala et des localités environnantes pour faciliter l’identification des corps et contribuer au désengorgement de la morgue.
Derrière ces 131 corps se cachent des familles qui ignorent tout du sort de leur proche. Cet affichage est la dernière chance de les identifier avant l’échéance. Pour l’Hôpital Laquintinie, l’enjeu est autant humanitaire que logistique : vider la morgue, mais surtout redonner un nom et une sépulture digne à ces oubliés.
Marie Chantale FAIDA















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