Le Programme National de Lutte contre l’Onchocercose et la Filariose Lymphatique a lancé une vaste campagne de prise en charge des lymphœdèmes, qui débute ce mois d’avril, dans le cadre d’une stratégie nationale globale visant à éliminer la filariose lymphatique. Le lymphœdème, caractérisé par un gonflement des tissus causé par une accumulation de lymphe, constitue un problème de santé publique majeur dans la région du Nord, tout comme dans le reste du Cameroun. Cette pathologie, souvent débilitante et source de stigmatisation, est principalement causée par des infections parasitaires, notamment la filariose lymphatique.
Le lymphœdème survient lorsque le système lymphatique, responsable du drainage des liquides corporels, est endommagé ou obstrué. Au Cameroun, la principale cause du lymphœdème est la filariose lymphatique, une infection parasitaire transmise par des moustiques. Les parasites, une fois installés dans le corps, se multiplient et obstruent les vaisseaux lymphatiques, empêchant ainsi l’évacuation de la lymphe. Cette accumulation progressive de liquide dans les tissus provoque un gonflement, initialement léger puis de plus en plus important, pouvant engendrer des douleurs chroniques, des limitations fonctionnelles importantes et une augmentation du risque d’infections cutanées.
L’impact du lymphœdème va bien au-delà des aspects physiques. La maladie est souvent associée à une forte stigmatisation sociale, conduisant à l’isolement, à la marginalisation et à des difficultés d’intégration socio-économique. Les personnes atteintes de lymphœdème peuvent rencontrer des difficultés dans leurs activités quotidiennes, voire être exclues du marché du travail, entraînant des conséquences économiques et psychologiques dévastatrices pour elles-mêmes et leurs familles.
Une campagne de prise en charge à grande échelle
Face à l’ampleur du problème, le Ministère de la santé publique, à travers le Programme National de Lutte contre l’Onchocercose et la Filariose Lymphatique, a mis en œuvre une campagne de prise en charge des lymphœdèmes dans la région du Nord. Après une phase initiale consacrée à la prise en charge des hydrocèles, une autre manifestation de la filariose lymphatique, la campagne, lancée en février et se poursuivant jusqu’en avril, cible les patients souffrant de lymphœdèmes. Huit districts de santé sont concernés : Pitoa, Guider, Figuil, Bibemi, Poli, Rey Bouba, Tcholliré et Touboro. Cette approche géographique ciblée vise à atteindre un nombre significatif de personnes dans les zones les plus touchées.
La campagne repose sur une stratégie de formation et de dotation des centres de soins. Avant de commencer à traiter les patients, le Programme National de Lutte contre l’Onchocercose et la Filariose Lymphatique va former les médecins chirurgiens. Les formations seront dispensées en quatre poules géographiques distinctes, afin de garantir une couverture optimale des huit districts. Les chirurgiens de la première poule vont suivre leur formation à l’hôpital régional annexe de Guider. La deuxième poule sera formée à l’hôpital de district de Bibemi et à celui de Pitoa. Les troisième et quatrième poules vont quant à elles bénéficier de formations à Poli et Touboro, respectivement. Cette stratégie décentralisée vise à renforcer les capacités des professionnels de santé locaux et à améliorer l’accessibilité des soins aux populations.
Des kits de prise en charge pour une action durable
Une fois la phase de formation achevée, le Programme National de Lutte contre l’Onchocercose et la Filariose Lymphatique équipera les hôpitaux avec des kits complets pour la prise en charge du lymphœdème. Ces kits peuvent contenir le matériel médical nécessaire pour réaliser les examens, les soins et les interventions chirurgicales appropriées. Cette dotation vise à garantir la pérennité des actions de lutte contre le lymphœdème, en assurant une disponibilité constante des ressources nécessaires au traitement des patients.
Marcus DARE















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