Actuellement, 26 % des adultes camerounais sont en surpoids et 15,1 % sont obèses.60% sont conscients des risques du sucre, 40% les ignorent. Une campagne nationale portée par RADA Global Health, plaide pour une taxe sur les boissons sucrées et aliments transformés face à la progression des maladies non transmissibles qui ont fait 235 000 Décès en 20216.
Devant la menace grandissante des maladies non transmissibles (MNT) au Cameroun, l’organisation RADA Global Health, appuyée par Advocacy Incubator, a lancé ce 14 avril une campagne nationale de plaidoyer en faveur de l’instauration d’une taxe sur les boissons sucrées et les aliments transformés malsains. Une mesure jugée importante pour protéger la santé publique et enrayer l’essor inquiétant des pathologies chroniques.
Les statistiques sont sans appel : en 2016, les MNT ont causé pas moins de 235 000 décès au Cameroun, soit une part importante de la mortalité globale. Selon les estimations, le risque pour une personne âgée de 30 à 70 ans de développer une MNT avoisine les 22 %. Autre signal préoccupant : l’augmentation continue du surpoids et de l’obésité dans la population. Actuellement, 26 % des adultes camerounais sont en surpoids et 15,1 % sont obèses. Chez les enfants de moins de 5 ans, la situation est tout aussi préoccupante : la prévalence du surpoids a doublé entre 1991 et 2018, atteignant désormais 11 %.
Pour RADA Global Health, la solution passe par une réforme fiscale et ciblée, visant à dissuader la consommation excessive de produits sucrés et transformés. Une démarche alignée sur les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). « Nous devons agir à la source. Cette taxe incitera à consommer mieux et à produire plus sain », explique Ferdinand Sonyuy, Directeur Général de RADA.
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Loin d’être une mesure punitive, cette taxation se veut avant tout préventive, en jouant un double rôle : protéger la santé des citoyens et réduire les coûts économiques liés aux soins des maladies chroniques. C’est du moins ce qu’indiquent ces acteurs de la société civile.
L’on nous apprend que, l’efficacité d’une telle politique a déjà été démontrée dans d’autres contextes. Au Mexique, par exemple, la mise en place d’une taxe sur les boissons sucrées a entraîné une baisse significative de leur consommation, tout en stimulant l’industrie à reformuler ses produits vers des alternatives plus saines.
Au Cameroun, une enquête KAB (Knowledge, Attitudes and Beliefs) a révélé que 60 % des Camerounais reconnaissent la nocivité des produits sucrés, mais que 40 % restent peu conscients de leurs effets néfastes à long terme. Une statistique qui souligne la nécessité voire, l’urgence de coupler la réforme fiscale à des campagnes d’éducation et de sensibilisation.
Les initiateurs de cette campagne appellent également à une mobilisation collective, soulignant le rôle central des médias dans la sensibilisation des populations et l’influence de l’opinion publique sur les décisions politiques. « Il s’agit d’un combat de santé publique qui nous concerne tous », rappelle RADA, encourageant chaque citoyen à se joindre à cet effort pour inciter les autorités à intégrer cette mesure dans la stratégie nationale de santé.
À travers cette taxe, le Cameroun pourrait peut-être non seulement freiner la progression des maladies non transmissibles, mais aussi protéger ses générations futures des effets dévastateurs d’une alimentation déséquilibrée. Le pays ne perd rien à essayer !
Mireille Siapje















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