Le service de cardiologie de l’Hôpital régional de Ngaoundéré avec l’appui de la Société Camerounaise de Cardiologie mène depuis quelques jours, une campagne de sensibilisation et de dépistage gratuit de cette maladie considérée comme une tueuse silencieuse.
Considérée par le personnel médical comme une tueuse silencieuse, l’hypertension artérielle est, selon le docteur Lionel Tsambang, cardiologue, à l’origine de 75% des accidents vasculaires cérébraux. À en croire ce dernier, au Cameroun, 1 adulte sur 3 ignore qu’il est hypertendu. Ce qui justifie l’organisation de cette campagne qui va s’étendre jusqu’au 31 mai. Dans la ville de Ngaoundéré, 2 sites fixes ont été identifié, l’Hôpital régional de Ngaoundéré et l’Hôpital du secteur militaire numéro 5 de Ngaoundéré. « Le Cameroun, comme la plupart des pays dans le monde, voit une augmentation de l’hypertension artérielle. Il y a maintenant une transition épidémiologique en Afrique avec l’augmentation nette des maladies non transmissibles. Et l’un des facteurs de risque majeur des maladies non transmissibles, c’est l’hypertension artérielle, qui est la première pourvoyeuse. Au Cameroun, environ. 75% des AVC sont liés à l’hypertension artérielle. Donc, le Cameroun a une incidence de 37% des adultes âgés de 30 à 79 ans qui sont hypertendus », explique le cardiologue en service à l’Hôpital régional de Ngaoundéré. Et d’ajouter, « Nous organisons cette campagne de dépistage de l’hypertension et de sensibilisation premièrement ayant comme objectif de pouvoir rechercher dans la population des personnes qui sont hypertendues et qui l’ignorent. Deuxièmement, de faire connaître aux gens les facteurs de risque de l’hypertension artérielle pour permettre de lutter contre cette maladie et d’éviter ces complications ». Pour se rendre à l’évidence de la présence de la maladie en communauté, le médecin précise que 17 000 décès au Cameroun sont liés à l’hypertension artérielle.
Dans la région de l’Adamaoua, l’absence de cardiologue en nombre suffisant et des données font penser que cette maladie sévit. La prise de conscience sur les facteurs de risques à travers la sensibilisation pourrait être un début de solutions à cette maladie. « Nous pensons qu’il faut étendre la campagne au-delà de la seule ville de Ngaoundéré pour permettre aux populations de l’arrière-région d’en bénéficier également », souhaite Christine Barya Ndao, déléguée régionale de la communication de l’Adamaoua. À la station régionale de la Cameroon RadioTelevision (Crtv) où l’équipe s’est rendue, Kelvin Mbounda Young et une trentaine de personnels se sont prêtés à l’exercice de prise des paramètres. « Au nom du directeur général de la Crtv, j’adresse nos sincères remerciements au directeur de l’Hôpital régional, aux docteurs, aux cardiologues et tous les collaborateurs qui l’ont accompagné pour s’assurer que cette campagne de dépistage se passe normalement. Et si vous avez vu, il y a vraiment un engouement au sein de la station régionale Crtv Adamaoua », se réjouit le chef de la station, sans lancer un appel au dépistage. « Il est vraiment important pour tout individu, surtout nous autres qui travaillons chaque jour, certains sont des sédentaires, qui restent sur place, qui ne bougent pas, de connaître sa tension ».
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La campagne ainsi lancée ira jusqu’au 31 mai et permettra de toucher le maximum de personnes dans la ville de Ngaoundéré et ses environs. La multiplication des cardiologues dans les formations sanitaires serait aussi un début de solution. Pour l’heure, la région compte moins de 5 cardiologues pour une population estimée à près de 2 millions. Si Ngaoundéré peut se targuer d’avoir 2 cardiologues, d’autres n’en ont aucun.
Par Jean Besane Mangam
















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