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Cameroun : Des enfants meurent encore de fièvre, de diarrhée et de faim en 2025 !

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Selon le dernier rapport de l’UNICEF, chaque jour, des enfants camerounais succombent à des maladies évitables. Pendant ce temps, le système de santé s’effondre sous le poids du silence.

Le rapport de l’UNICEF sur la situation des enfants au Cameroun révèle que, chaque année, 336 000 enfants meurent avant leur 5e anniversaire. En cause ? Des maladies que la médecine moderne sait prévenir, diagnostiquer et traiter. Paludisme, pneumonie, diarrhée, malnutrition. Quatre mots qui fauchent des vies. Et des statistiques qui tuent dans l’indifférence générale.

Une enfance en danger dès la naissance

Le rapport est formel : « Près de 80 enfants sur 1 000 meurent avant l’âge de 5 ans. » Et près de 28 sur 1 000 décèdent dès leur premier mois de vie. Dans un pays où seulement 69 % des naissances sont assistées par du personnel qualifié, accoucher est un risque mortel.

La situation des mères est tout aussi inquiétante : 406 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes. L’accès aux soins prénatals et postnatals reste un luxe, surtout dans les zones rurales.

Une alimentation qui tue plutôt qu’elle ne nourrit

58,1 % des enfants de moins de 4 ans vivent dans la privation. Seuls 39 % bénéficient de l’allaitement exclusif jusqu’à six mois, et à peine 20 % ont une alimentation diversifiée entre 6 et 23 mois. Indique l’UNICEF

Résultat : près de 29 % des enfants de moins de 5 ans souffrent de retard de croissance, et 1,6 % de malnutrition aiguë sévère. Des enfants qui, faute de nourriture ou à cause d’un simple épisode de fièvre ou de diarrhée, basculent vers la mort.

A lire aussi: Collecte des poches de sang : Le Nord sur la bonne voie

Vaccins en panne, enfants en danger

L’UNICEF alerte : 139 586 enfants camerounais sont considérés comme « zéro dose » en 2024, c’est-à-dire jamais vaccinés. Loin du taux de couverture de 89 % atteint en 2013, la vaccination en 2025 peine à dépasser 84,5 % pour le DTC3.

Et pourtant, le pays a lancé en grande pompe l’introduction du vaccin antipaludique. Les résultats sont encourageants : 69,4 % des enfants ciblés ont reçu la première dose, mais seuls 53,8 % sont allés jusqu’à la troisième.

Dans des régions comme l’Extrême-Nord, seuls 24 % des enfants de 12 à 24 mois sont complètement vaccinés. Des bombes sanitaires à retardement.

L’eau et l’hygiène : le chaînon manquant

Le rapport révèle que seulement 18 % des ménages ruraux disposent de systèmes d’assainissement améliorés. Près de la moitié des enfants manquent d’eau potable, de toilettes décentes, ou vivent entourés de déchets.

Et lorsque l’hygiène est absente, la maladie frappe. Pneumonies, diarrhées, infections respiratoires et cutanées s’ajoutent aux défis quotidiens. Les soins n’arrivent pas, les enfants s’affaiblissent.

Les 1 000 premiers jours décisifs et délaissés

L’UNICEF rappelle un principe vital : les 1 000 premiers jours de vie, de la grossesse jusqu’à 2 ans, sont cruciaux pour le développement physique, cognitif et émotionnel de l’enfant. Mais aujourd’hui au Cameroun, malnutrition, infections et manque de soins affectent durablement le cerveau des enfants, avec des conséquences irréversibles : troubles cognitifs, échecs scolaires, pauvreté à vie.

Une santé publique à bout de souffle

Le rapport est sans appel : le budget de la santé représente à peine 4,1 % du budget national, très loin des 15 % promis dans les engagements d’Abuja. Et pourtant, un enfant né aujourd’hui au Cameroun sera 59 % moins productif à l’âge adulte s’il ne bénéficie pas d’un système de santé fonctionnel.

Pour l’UNICEF, il est encore temps. Mais il faut un sursaut politique, des financements d’urgence, et une volonté ferme d’investir dans la santé des enfants, leur nutrition, leur accès à l’eau, à la vaccination et à une naissance déclarée.

Car 1 enfant sur 3 n’a pas d’acte de naissance. Et sans identité, pas de droits. Pas d’école. Pas de soins. Pas d’avenir.

Mireille Siapje

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