Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • A LA UNE
  • Médecine traditionnelle : La loi met fin à l’ère de la clandestinité
A LA UNE

Médecine traditionnelle : La loi met fin à l’ère de la clandestinité

Email : 786

Au Cameroun, où environ 80 % de la population a recours à la médecine traditionnelle, une nouvelle loi marque un tournant majeur. La Loi N°2024/018 du 23 décembre 2024 encadre désormais la profession de tradipraticien, apportant un cadre juridique à un secteur longtemps laissé dans l’ombre et souvent entaché de pratiques douteuses.

La situation d’Aicha M., qui vend des remèdes traditionnels à Yaoundé sans pouvoir justifier de la légalité ou de l’innocuité de ses produits, est loin d’être isolée. De nombreux praticiens évoluent dans la clandestinité, proposant des remèdes dont la qualité et la sécurité sont incertaines. C’est précisément pour remédier à ces manquements que la nouvelle loi a été adoptée.

Le Dr Temfack Vopé Ronyl, Secrétaire Permanent du Réseau des Parlementaires pour la Promotion de la Santé et de la Valorisation de la médecine traditionnelle (REPPROSAN), a précisé que la loi reconnaît désormais cinq catégories de tradipraticiens : les accoucheurs traditionnels, les rebouteux, les tradi-ancestralistes, les radiesthésistes et les herboristes. Pour être reconnus, ces professionnels devront être membres d’une association et obtenir une autorisation d’exercice.

La loi de 2024 est un cadre complet qui clarifie les règles du jeu. Elle définit les droits et devoirs des tradipraticiens, tout en instaurant une instance de régulation et de développement du secteur. Plus important encore, elle prévoit des sanctions pour les contrevenants.

Selon le Dr Temfack Vopé Ronyl, l’exercice de la médecine traditionnelle sans autorisation préalable peut entraîner, par exemple, la confiscation des médicaments et des équipements. Cette mesure vise à assainir le secteur et à protéger la population des pratiques illégales.

A lire aussi: Région du Nord : Les éleveurs de bovins face aux défis sanitaires de la saison des pluies

Projets et collaborations pour un avenir plus sûr

Pour accompagner la mise en œuvre de cette loi, le REPPROSAN, en partenariat avec le ministère de la Santé publique (MINSANTÉ), l’OMS et la GIZ, a lancé deux projets majeurs en juin dernier. Le premier est une campagne de sensibilisation pour faire connaître le nouveau cadre juridique. Le second est une étude diagnostique sur les pratiques et les dangers de la médecine traditionnelle.

De plus, une initiative de géolocalisation et de cartographie des acteurs a été lancée pour mieux identifier et encadrer les tradipraticiens. Des formations sont également prévues pour renforcer leurs capacités. Ces actions visent à garantir que les médicaments traditionnels soient sûrs, de qualité et efficaces.

La nouvelle loi et les initiatives qui l’accompagnent marquent un pas décisif vers la professionnalisation de la médecine traditionnelle au Cameroun. Elles répondent à la fois au besoin de la population pour ces soins, mais aussi à l’impératif de sécurité sanitaire.

Junior NTEPPE KASSI

 

Réaction 

« Les tradipraticiens doivent se conformer à la Loi »

Cheick Modibbo Aliou, président de l’Association pour la promotion de la médecine traditionnelle au Cameroun (ASPROMETRACAM).

L’excès de pharmacopée n’est pas un problème.   Mais nous souhaitons que de bons produits y soient vendus aux consommateurs. C’est pourquoi, dans le cadre des activités menées par notre association, nous luttons aussi contre le charlatanisme, à travers des sensibilisations. Les tradipraticiens doivent se conformer à la Loi. Ils doivent également savoir qu’on n’expose pas des médicaments au bord de la route parce que les rayons solaires détruisent au maximum la puissance des médicaments, ça décompose même. Ça rend ça parfois fermenté et ça perd sa valeur. Oui, en termes de qualité des médicaments, vous savez, il y a deux plans là-bas. Le premier plan au niveau de la qualité des médicaments. Il y a les médicaments qui sont purement traditionnels, c’est-à-dire qu’en allant les enlever, les planter dans la brousse, il y a un système d’aller-retour. Et il y a des médicaments qui sont en base médicinale, c’est-à-dire qu’on sait qu’on fait la feuille de manguier, on boit, ça soigne. Là ça ne dérange pas.

Propos recueillis par Junior NTEPPE KASSI 

 

Comments are closed

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos santé n°1394 du mardi 5 mai 2026

×