Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • A LA UNE
  • Éducation nutritionnelle en milieu scolaire : Le MINESEC et l’ONG RSD Institute unissent leurs forces contre la malnutrition
A LA UNE

Éducation nutritionnelle en milieu scolaire : Le MINESEC et l’ONG RSD Institute unissent leurs forces contre la malnutrition

Email : 434

Le 19 août 2025, la ministre des Enseignements secondaires, la professeure Pauline Nalova Lyonga et l’ONG RSD Institute ont officialisé le renouvellement de leur partenariat autour du projet “Sun App”.

Ce programme novateur repose sur trois piliers complémentaires : la transformation complète des cantines scolaires, l’intégration systématique de l’éducation nutritionnelle dans les programmes d’enseignement, et le déploiement d’outils technologiques innovants pour accompagner ce changement.

Déjà déployée dans 15 établissements pilotes, cette initiative transforme déjà concrètement les cantines scolaires et intègre dès à présent l’éducation nutritionnelle dans le parcours pédagogique des élèves.

La ville de Yaoundé a vibré au rythme de la rentrée pédagogique solennelle de l’année scolaire 2025-2026, une cérémonie d’une grande importance qui a réuni les acteurs clés de l’éducation. Présidée par la ministre des Enseignements secondaires, la Pre Pauline Nalova Lyonga, cet événement s’est déroulé sous le thème évocateur de « Sécurité, santé et apprentissages à l’ère de l’intelligence artificielle ». Par conséquent, les discussions et les présentations ont été riches en perspectives et en innovations pour l’avenir de l’éducation camerounaise. Si plusieurs thématiques étaient à l’ordre du jour, une présentation a particulièrement captivé l’attention de l’auditoire. En effet, c’est le professeur Eugène Sobngwi qui a livré un exposé magistral sur « l’éducation à la santé et au bien-être ». Il s’agit de la malnutrition, la suralimentation (avec le risque d’obésité) et les carences en micronutriments. Dès lors, il a clairement démontré que ces problématiques, loin d’être isolées, sont étroitement liées et impactent directement la capacité d’apprentissage et le bien-être des élèves.  Il a ainsi souligné l’impératif d’intégrer l’éducation à la santé et la nutrition comme un pilier essentiel du cursus scolaire. De plus, il a présenté des solutions concrètes, telles que la mise en place de cantines scolaires équilibrées et l’intégration de cours de nutrition dans les programmes.

Ce sombre tableau est partagé par le Dr Madeleine Shewa, directrice de l’orientation de la vie à l’assistance scolaire (DOVAS) au MINESEC. En effet, selon elle, « il augure de jours meilleurs pour le projet ‘Sun App’, accepté par le Minesec en raison de son impact direct sur la santé des adolescents ». Elle a déploré la “dérive inquiétante” en matière d’alimentation dans les établissements scolaires, soulignant que les vendeuses ne sont pas toujours formées et que la qualité des repas est souvent médiocre, avec le risque que certains aliments deviennent des vecteurs de drogues. Par conséquent, le renouvellement de cette convention représente une reconnaissance du travail accompli et un appel à l’action.

Une stratégie méthodique et un impact déjà visible

Face à ce défi, le projet “Sun App” ne s’est pas lancé à l’aveuglette. Il repose sur une approche méthodique et scientifique détaillée par le Dr Brice Saha, chef de projets de l’ONG RSD Institute. Tout d’abord, une enquête a été menée pour identifier les comportements alimentaires à risque des adolescents. Ensuite, une étude environnementale a permis de recenser les fruits et légumes locaux, afin que les recommandations soient adaptées au contexte. Ce travail préparatoire a abouti à une “co-construction” du programme d’éducation nutritionnelle avec les acteurs du système éducatif.

Les premiers résultats sont déjà prometteurs. Le professeur Sobngwi a confirmé que 242 000 élèves, 379 enseignants et infirmiers, ainsi que 523 vendeurs ont déjà été formés. De plus, une enquête récente, le Global School Health Survey (GSHS), révèle que l’intervention est efficace : si seulement deux des 24 établissements ciblés proposaient des légumes et trois des fruits avant l’intervention, ils le font désormais tous. Cette transformation de l’environnement scolaire s’accompagne d’une augmentation significative des connaissances nutritionnelles chez les élèves.

La technologie au service du bien-être : un projet d’envergure nationale

Le partenariat entre le MINESEC et RSD Institute s’appuie également sur l’innovation technologique. Dans le cadre de la rentrée axée sur l’intelligence artificielle, le projet a développé l’application Kamer Koutis”. Cet outil ingénieux, conçu par un étudiant en IA, permet à n’importe quel élève de prendre en photo un aliment pour obtenir instantanément des informations sur sa composition nutritionnelle et des conseils personnalisés, rendant l’éducation ludique et accessible à tous.

Pour le Dr Brice Saha, l’ambition ultime est de “déployer ce programme d’éducation nutritionnelle à l’échelle nationale”. Il a souligné que le renouvellement de la convention est “une reconnaissance du travail accompli par le RSD Institute et de son efficacité sur le terrain”, et un appel à “redoubler d’efforts et à agir sur les acteurs clés du système éducatif pour provoquer un changement de mentalité durable”.

Un appel à la collaboration pour un avenir plus sain

La réussite du projet repose sur une collaboration étroite. Le Pr Sobngwi a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération interministérielle pour instaurer le livret médical scolaire, car seulement 31 % des élèves bénéficient actuellement d’un bilan médical. “Un contrôle à 100 % est notre objectif”, a-t-il déclaré.

Ainsi, la convention renouvelée n’est pas seulement un document administratif. Elle symbolise un engagement fort et durable du gouvernement camerounais à faire de la santé scolaire une priorité nationale. C’est en unissant les efforts des experts, des enseignants, des parents et des élèves que le Cameroun pourra relever le défi du “triple fardeau” et construire une génération plus saine, capable d’atteindre les objectifs de la Stratégie nationale de développement 2030 (SND30). Aussi, la ministre Pauline Nalova Lyonga a insisté sur l’importance de former les jeunes esprits à la pensée critique face aux nouvelles technologies, afin qu’ils puissent les utiliser de manière constructive et responsable. C’est pourquoi elle a appelé à une collaboration entre les ministères, le secteur privé et la société civile pour garantir une transition réussie vers cette nouvelle ère numérique. En conclusion, cette rentrée pédagogique a posé les jalons d’une année scolaire 2025-2026 axée sur le bien-être des élèves et l’intégration judicieuse des nouvelles technologies pour un apprentissage plus efficace et sécurisé.

Junior NTEPPE KASSI

 A lire aussi: Moustique : l’animal le plus meurtrier au monde

« Pr Eugène Sobngwi alerte sur le triple fardeau nutritionnel en milieu scolaire et lance un appel à l’action multisectorielle ».  

Pr Eugène Sobngwi

Lors de la rentrée pédagogique solennelle 2025-2026 ce 19 août 2025 à Yaoundé, le Pr Eugène Sobngwi, endocrinologue et directeur de l’Organisation des soins au ministère de la Santé publique, a dressé un constat alarmant : le Cameroun fait face à un “triple fardeau” nutritionnel sans précédent. Entre retard de croissance, carences en micronutriments et surpoids, la santé des adolescents camerounais est gravement menacée. Pour y faire face, le spécialiste propose une approche innovante combinant éducation par les pairs, outils pédagogiques adaptés et solutions technologiques, afin de transformer durablement les habitudes alimentaires dès le plus jeune âge et sauver toute une génération.

C’est un honneur pour moi de prendre la parole aujourd’hui, à l’occasion de cette rentrée académique et pédagogique, pour discuter de l’éducation nutritionnelle et de la santé dans notre environnement scolaire. Nous sommes confrontés à une situation unique que l’on appelle le double, voire le triple, fardeau des maladies. Nos pays ont, historiquement, lutté contre les maladies infectieuses et la malnutrition due à une alimentation insuffisante, comme le paludisme et les infections respiratoires, qui sont les principales causes d’absentéisme. Cependant, avec la transition nutritionnelle, un phénomène que l’on a pu qualifier de « coca-colonisation » pour décrire notre adoption de régimes alimentaires occidentaux souvent riches et déséquilibrés, nous assistons à une augmentation rapide des maladies non transmissibles telles que le diabète, l’hypertension, le cancer et les maladies cardiovasculaires.

De plus, selon les analyses de la Banque mondiale, notre pays a un profil sanitaire singulier où un tiers des problèmes de santé sont liés aux maladies infectieuses, un tiers aux MNT, et le dernier tiers à d’autres facteurs, y compris la violence. Par conséquent, il est indispensable de s’engager résolument dans la prévention, car nos systèmes de santé actuels ne sont pas en mesure de prendre en charge un tel afflux de maladies chroniques.

L’adolescence : une fenêtre d’opportunité pour la prévention

Si nous ne pouvons pas soigner tous les cas de diabète et d’hypertension, nous devons au moins les prévenir. Il est essentiel de noter que les cinq principales MNT partagent cinq facteurs de risque communs : le tabac, l’alcool, l’inactivité physique, une alimentation inappropriée et la pollution. En agissant sur ces cinq leviers, un pays peut garantir une prévention efficace.

Or, la situation dans nos établissements scolaires est préoccupante : un adolescent sur quatre souffre d’un retard de croissance (insuffisance en macronutriments), un sur trois est anémique (insuffisance en micronutriments), tandis que, malheureusement, un sur sept souffre déjà de surpoids ou d’obésité. Nous faisons donc face au triple fardeau de la malnutrition : insuffisance en macro- et micronutriments, et surpoids.

C’est pourquoi il est crucial d’agir, et d’agir tôt. L’adolescence est une période de grande plasticité comportementale où les jeunes peuvent durablement adopter de saines habitudes. En ciblant cette population, nous pouvons prévenir l’émergence des MNT et préserver le potentiel productif de notre nation.

Le projet de l’ONG RSD Institute : une approche multisectorielle. Cette co-construction a impliqué les élèves eux-mêmes, qui ont créé deux super-héros pour diffuser des messages clés.

Dans ce contexte, l’ONG RSD Institute, avec le soutien de la World Diabetes Foundation et en partenariat avec les ministères de la Santé et des Enseignements, a lancé une initiative audacieuse. Le projet vise à éduquer les élèves, qui à leur tour influenceront leurs parents, leurs enseignants, et même les vendeurs d’aliments au sein des établissements.

Tout d’abord, cette initiative a été construite sur les fondations de la grande initiative « Clean School, Safe School » lancée par Madame la Ministre en 2018. Ainsi, quatre documents de référence ont été produits en français et en anglais : un atlas des aliments camerounais, un guide nutritionnel, un guide de l’animateur et un manuel de formation pour les vendeurs de cantine. De plus, cette co-construction a impliqué les élèves eux-mêmes, qui ont créé deux super-héros pour diffuser des messages clés : ces quatre messages sont des piliers de l’éducation nutritionnelle et de la promotion de la santé. Ils sont le cœur de la campagne de sensibilisation des super-héros et, pour les présenter de manière fluide et connectée, nous pouvons les intégrer dans un texte qui met en évidence leur lien logique.

Il enseigne l’importance de manger peu gras, peu sucré, et peu salé. Ensuite, pour compléter cette approche, ils insistent sur la consommation quotidienne de végétaux, rappelant qu’il faut absolument consommer des légumes et des fruits bien lavés chaque jour

Pour promouvoir des habitudes de vie saines auprès des jeunes, les super-héros du projet ont été conçus pour transmettre quatre messages fondamentaux. Tout d’abord, le premier pilier de leur mission est la modération alimentaire : ils enseignent l’importance de manger peu gras, peu sucré, et peu salé. Ensuite, pour compléter cette approche, ils insistent sur la consommation quotidienne de végétaux, rappelant qu’il faut absolument consommer des légumes et des fruits bien lavés chaque jour.

Par ailleurs, une bonne alimentation ne suffit pas. L’hydratation est tout aussi cruciale. C’est pourquoi leur troisième message met l’accent sur l’importance de choisir la boisson la plus saine, insistant sur le fait que l’eau potable est leur boisson préférée. Enfin, et pour garantir un équilibre parfait, les super-héros encouragent l’action et le mouvement. Ils nous rappellent l’importance de rester actif en déclarant : “Je pratique une activité physique. En somme, ces quatre messages constituent une véritable feuille de route pour une vie saine. Ils montrent comment l’alimentation, l’hydratation et l’exercice sont intimement liés et essentiels pour bâtir une génération en bonne santé, prête à affronter les défis de demain.

51 % des enfants ont connu la sensation de faim au cours des 30 derniers jours, 36 % seulement prennent un petit-déjeuner, alors que 16 % sont en surpoids ou obèses.

Les résultats de la première phase sont encourageants : 242 000 élèves, 379 enseignants et infirmiers, ainsi que 523 vendeurs ont été formés, y compris ceux du ministère des Enseignements secondaires. Un travail conjoint a également été initié avec huit mairies pour étendre la sensibilisation aux communautés et aux femmes enceintes. Une enquête récente, le Global School Health Survey (GSHS), révèle des données alarmantes qui confirment l’urgence d’agir : 51 % des enfants ont connu la sensation de faim au cours des 30 derniers jours, 36 % seulement prennent un petit-déjeuner, alors que 16 % sont en surpoids ou obèses. Par ailleurs, 34 % ne se lavent pas les mains avant de manger, et près de 30 % ne pratiquent aucune activité physique pour se rendre à l’école. Malheureusement, l’enquête met aussi en lumière un défaut dans la santé scolaire, avec seulement 31 % des élèves bénéficiant d’un bilan médical. Il est donc primordial de renforcer la collaboration entre les ministères de la Santé et des Enseignements pour instaurer le livret médical scolaire, car un contrôle à 100 % est notre objectif.

Les écoles ciblées ont vu le niveau de connaissances nutritionnelles de leurs élèves augmenter significativement.

Les résultats du projet démontrent que l’intervention est efficace : les écoles ciblées ont vu le niveau de connaissances nutritionnelles de leurs élèves augmenter significativement. De même, alors que seulement deux établissements sur les 24 ciblés proposaient des légumes et trois des fruits dans leurs cantines avant l’intervention, ils le font désormais tous. Nous remercions encore une fois Madame la Ministre de nous offrir cette tribune. En effet, agir à ce niveau est crucial pour l’économie nationale et la productivité à long terme de notre population, en particulier si nous voulons atteindre les objectifs de la Stratégie nationale de développement (SND30). Le défi est de taille, surtout lorsque 75 % des établissements privés ne proposent pas d’activités physiques visibles. Pour assurer la pérennité de ces initiatives, nous avons profité de l’élan de la pandémie de COVID-19, qui avait imposé des règles d’hygiène strictes. Cependant, nous devons prévenir tout risque de régression. C’est dans cette optique que nous saluons la nouvelle politique sanitaire signée par Madame la Ministre, exigeant que les vendeurs de cantine soient non seulement en possession d’un certificat médical, mais également qu’ils aient suivi une formation sur l’alimentation saine et équilibrée, désormais disponible en ligne.

Enfin, nous intégrons l’innovation technologique à notre approche. Dans le cadre de cette rentrée axée sur l’intelligence artificielle, nous avons le plaisir de vous présenter Kamer Koutis. Développée par un étudiant en intelligence artificielle de l’École polytechnique de Yaoundé et de l’université de Toulouse, cette application permet de prendre en photo un aliment pour obtenir sa composition nutritionnelle et un conseil personnalisé, même pour ceux qui ne sont pas lettrés.

Propos recueillis par Junior NTEPPE KASSI

Comments are closed

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos santé n°1388 du vendredi 17 avril 2026

×