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VIH-SIDA au Cameroun : 2,6 % de prévalence et 93 % de suppression virale

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La 38 Journée mondiale de lutte contre le Sida a mis en lumière les résultats encourageants de la lutte contre le VIH dans le pays : l’incidence est passée de 0,24 % à 0,15 % dans la population âgée de 15 à 49 ans, et la prévalence globale a diminué de 3,4 % à 2,6 % ;

Ces chiffres, issus de l’enquête CAMPHIA réalisée entre septembre 2024 et janvier 2025, ont été présentés lors d’une cérémonie solennelle tenue le lundi 1ᵉʳ décembre 2025 à Yaoundé, présidée par le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie.

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA, les résultats de l’enquête CAMPHIA 2024-2025 (Cameroon Population-based HIV Impact Assessment) ont été dévoilés, apportant des chiffres encourageants sur la riposte nationale au VIH au Cameroun. Cependant, les défis, notamment la vulnérabilité persistante des femmes et les difficultés de financement, exigent une transformation durable de la réponse, comme l’a souligné le directeur pays ONUSIDA. 

Chiffres clés de l’enquête CAMPHIA 2024-2025

Le Dr. Joseph Fokam, Secrétaire permanent du Comité national de lutte contre le sida, a présenté la synthèse des résultats de cette enquête nationale, menée de septembre 2024 à janvier 2025 auprès des populations âgées de 15 ans et plus. L’enquête a révélé une incidence annuelle du VIH (chez les personnes âgées de 15 à 49 ans) de 0,15 %, marquant une baisse significative de 9 points par rapport à la précédente enquête (0,24 %), ce qui confirme l’efficacité des programmes de prévention combinée sur le terrain. De même, la prévalence nationale du VIH dans la même tranche d’âge est désormais de 2,6 %, en baisse par rapport aux enquêtes antérieures (3,4 % en 2017 et 2,7 % en 2018), démontrant une diminution graduelle de l’épidémie au Cameroun. Ces chiffres confirment qu’environ 503 000 adultes de 15 ans et plus vivent avec le VIH dans le pays. La vulnérabilité des femmes reste une préoccupation majeure : l’incidence (0,24 % chez les femmes contre 0,06 % chez les hommes) et la prévalence sont constamment deux à quatre fois plus élevées chez les femmes que chez les hommes, soulignant que les femmes sont quatre fois plus à risque d’infection et la nécessité de cibler davantage les interventions vers elles et les adolescentes.

Concernant l’efficacité du traitement, les données de la suppression virale sont très encourageantes, montrant un bond spectaculaire de l’impact du programme national. La suppression virale programmatique (chez les personnes sous traitement antirétroviral) atteint 93 %, tandis que la suppression virale populationnelle (chez toutes les personnes vivant avec le VIH) est passée de 45 % dans la dernière enquête à 72 % dans CAMPHIA 2024-2025, soit un gain de plus de 35 points. Toutefois, des disparités par âge sont notées, avec un taux de suppression autour de 95 % chez les personnes âgées (plus matures et responsables) contre seulement 50 % chez les enfants, ce qui interpelle sur l’aide à l’observance chez les adolescents et les jeunes. Sur le plan géographique, la région du Nord-Ouest se distingue en ayant déjà atteint un taux de suppression de près de 90 % en population, dépassant l’objectif de 86 % fixé par l’ONUSIDA, ce qui en fait un modèle d’expérience à répliquer dans les autres régions.

Appréciations et appel à la transformation par l’ONUSIDA

Le directeur pays ONUSIDA, Taoufik Bakkali, a salué l’engagement du Cameroun et de personnalités comme Son Excellence, Mme Chantal Biya, Première Dame et ambassadrice spéciale de l’ONU-SIDA. Il a reconnu que le pays est « bien en avance » sur sa dynamique d’atteinte des objectifs 95-95-95 et l’élimination du SIDA d’ici 2030, malgré un contexte global où les progrès sont inégaux. M. Bakkali a rappelé qu’au niveau mondial, 40,8 millions de personnes vivaient avec le VIH fin 2024, avec 1,3 million de nouvelles infections et 630 000 décès liés au SIDA, des chiffres en baisse significative depuis 2010.

L’allocution de l’ONUSIDA a mis en lumière la crise sans précédent marquée par des réductions accrues de l’assistance internationale en 2025, avec une baisse de financement pour le VIH estimée entre 30 % et 40 % par l’OCDE par rapport à 2023. Cette situation a entraîné des perturbations dans les services et l’effondrement total de certains systèmes communautaires, un pilier du succès de la riposte. Le thème de la Journée mondiale, « Surmonter les perturbations, transformer la réponse au SIDA », appelle ainsi à l’urgence d’assurer la durabilité de la réponse au Cameroun.

Pour l’avenir, la transformation nécessaire vise la durabilité programmatique (accès continu aux services de prévention et de traitement) et la durabilité financière (mobilisation des ressources domestiques et recherche d’efficience). M. Bakkali a encouragé le Cameroun, déjà engagé dans l’intégration des programmes (VIH, tuberculose, paludisme), à finaliser sa feuille de route de durabilité pour planifier l’avenir de manière précise. Il a enfin souligné l’importance de la mutualisation des actions, notamment avec la lutte contre les violences basées sur le genre, pour réduire les inégalités dont sont victimes les femmes et les jeunes, et qui sont des facteurs de vulnérabilité au VIH.

En conclusion, les partenaires exhortent le gouvernement, les communautés et les bailleurs à s’unir pour protéger les acquis et tenir la promesse d’un contrôle de l’épidémie à l’horizon 2030.

Junior NTEPPE KASSI

 A lire aussi: Violences faites aux femmes et VIH : le cercle vicieux qui mine la santé publique au Cameroun

Réaction

« Notre travail acharné commun portera, j’en suis convaincu, des fruits encore plus importants que par le passé. »

Dr Manaouda Malachie, Ministre de la Santé publique.

Il faut que cela soit clair dans l’esprit de tout le monde : le sida n’est pas terminé et le chemin qui mène à sa fin est encore entaché de nombreux obstacles que nous devons, ensemble, combattre. Dans cette optique, la prévention et la prise en charge de la maladie avancée permettront de réduire davantage la mortalité due au VIH/Sida.

Ce nouveau paquet d’offres de services vient s’ajouter au paquet de la couverture santé universelle, qui garantit déjà la gratuité des services et des aides grâce aux efforts du Gouvernement de la République, selon la vision éclairée du Chef de l’État, S.E. Paul Biya. En effet, trois constats s’imposent.

Premièrement, nous sommes convaincus que l’objectif d’élimination du VIH passe impérativement par l’acceptation, le respect et le soin pour tous.

L’implication de toutes les personnes vivant avec le VIH, ainsi que celles exposées aux risques d’infection et affectées par le VIH, notamment les personnes les plus exclues et marginalisées, est indispensable : elles doivent faire entendre leur voix et nous devons les écouter.

Nous devons donc établir la confiance en luttant contre la stigmatisation, la désinformation et la discrimination. Ce sont là trois fléaux graves sur la route de l’élimination du VIH/sida. Nous reconnaissons que nous avons déjà parcouru une partie du chemin, mais nous devons poursuivre résolument nos efforts.

C’est pourquoi toutes les administrations ici présentes, et celles qui ne le sont pas, doivent participer à cette lutte.

Deuxièmement, nous sommes convaincus que nous devons nous adapter aux inégalités en accordant la priorité aux services destinés aux populations les plus vulnérables, notamment les adolescents et les jeunes femmes, afin que nul ne soit laissé de côté, ou du moins que cet aspect soit mieux pris en compte dans notre démarche.

Troisièmement enfin, nous savons qu’il est essentiel pour nous de renforcer le suivi postnatal, d’améliorer le ciblage des interventions, de sécuriser les enfants, d’optimiser l’accès à la charge virale, mais aussi d’harmoniser nos mécanismes de remontée et d’utilisation des données.

Pour sa part, le Gouvernement reste déterminé à poursuivre ses engagements et ses investissements en matière de prévention, de prise en charge et de soins pour l’ensemble de ses citoyens, dans le respect des droits de l’Homme et du droit à la santé. Notre défi, à présent, est de concevoir de nouvelles approches transformatrices nécessaires pour atténuer les risques et nous aider à atteindre nos objectifs, compte tenu du contexte. La planification de la pérennisation de nos acquis de la riposte au-delà de 2030 reste donc un impératif.

Par ailleurs, la collaboration, la mise en œuvre et l’évaluation de notre feuille de route appellent à la participation active de tous les acteurs y compris les communautés, la société civile, les personnes vivant avec le VIH ainsi que les populations clés et vulnérables.

Notre appel s’adresse à nos partenaires qui ont déjà démontré leur bonne volonté, ainsi qu’à ceux qui nous rejoignent en raison de la qualité de nos politiques. Oui, la volonté politique est au plus haut niveau, comme en témoigne l’engagement de Son Excellence Paul Biya, Président de la République, dans cette lutte. Cette volonté existe bel et bien. Nous avons confiance dans l’utilisation efficace et transparente des ressources qui nous sont allouées et qui vont directement aux bénéficiaires, sans interférences. C’est pourquoi nous veillons à ce que toutes les décisions prises au bénéfice de nos populations soient respectées à tous les niveaux de la pyramide sanitaire.

Ainsi, la perspective d’un nouvel apport bilatéral avec le gouvernement américain et le prochain cycle de subventions du Fonds mondial nécessiteront la contribution du Gouvernement camerounais. Cette transformation exige un double travail interministériel pour une adaptation rapide dans le budget de l’État. Je crois d’ailleurs que les dispositions sont déjà prises à cet effet.

Mes sincères remerciements à tous ceux qui s’investissent sans relâche pour cette cause, notamment la Première Dame du Cameroun, Madame Chantal Biya, le système des Nations Unies, la coopération multilatérale, la société civile et les ONG. Notre travail acharné commun portera, j’en suis convaincu, des fruits encore plus importants que par le passé.

Propos recueillis par Mireille Siapje

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