La région de l’Adamaoua connait une intense activité minière. Ces activités s’accompagnent des conséquences sur la santé des populations due à la contamination des cours d’eau aux métaux lourds.
Partout dans la région de l’Adamaoua, les exploitations minières artisanales et sémi mécanisées naissent tous les jours. De la Vina au Mayo-Banyo en passant par le Faro et Déo, le Djerem et le Mbéré, les chantiers miniers qui voient les jours sont à l’origine de nombreux maux qui constituent des réelles menaces de santé pour les populations.
Parmi elles, la contamination des cours d’eau par les métaux lourds représente un danger majeur pour les populations riveraines, qui dépendent de ces ressources pour leur consommation, leurs activités agricoles et l’élevage. L’exploitation minière, lorsqu’elle mal encadrée, favorise le rejet de substances toxiques telles que le mercure, le plomb, le cadmium et l’arsenic dans les rivières et les nappes
phréatiques. Ces métaux, persistants dans l’environnement, s’accumulent dans les sédiments, les poissons et les cultures irriguées, avant de pénétrer dans la chaîne alimentaire. Cette pollution est souvent invisible, mais ses effets sur la santé humaine sont bien réels.
La contamination : sources des maladies
L’exposition prolongée à ces contaminants est associée à de nombreuses maladies. Le plomb peut provoquer des troubles neurologiques, une baisse des capacités cognitives chez les enfants et des problèmes cardiovasculaires chez les adultes. Le mercure affecte gravement le système nerveux, entraînant des troubles moteurs, des pertes de mémoire et des difficultés d’apprentissage. Le cadmium est reconnu pour ses effets toxiques sur les reins et les os, tandis que l’arsenic augmente le risque de plusieurs cancers, notamment ceux de la peau, du foie et des poumons.
À long terme, cette situation compromet le développement humain de la région. Les enfants exposés aux métaux lourds dès leur plus jeune âge risquent de connaître des retards de croissance, des difficultés scolaires et une diminution de leur potentiel intellectuel. Les adultes, quant à eux, voient leur capacité de travail réduite par les maladies chroniques, ce qui freine la productivité des ménages et accentue la pauvreté. Les dépenses de santé augmentent, tandis que les communautés perdent progressivement leur principale source d’eau potable et de revenus agricoles.
L’interpellation des conseillers régionaux de la région
Face à cette menace insidieuse, les conseillers régionaux, lors de la 19ème session ordinaire du Conseil Régional consacrée à l’examen et au vote des comptes de l’exercice 2025 tenue les 4 et 5 août 2026 ont attiré l’attention du gouverneur de la région sur la question. Selon les conseillers régionaux, la situation est d’autant préoccupante que dans la plupart localités où les mines sont exploitées, l’accès à l’eau potable est un véritable problème. Les quelques points d’eau qui existent sont contaminés aux métaux lourds, sources de graves problèmes de santé. Selon le Conseiller régional Tokty Yves, lors des échanges avec ses collègues de la région de l’Est, la situation est alarmante. Ce dernier craint que la situation dans l’Adamaoua ne dégénère.
Kildadi Taguiéké Boukar, gouverneur de la région de l’Adamaoua, rassure de ce que les dispositions seront prises avec les services techniques comme les délégations régionales des mines, de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable et celle de l’eau et de l’énergie. Présent dans la salle
des travaux du conseil, Moïse Zanguim, délégué régional de l’eau et de l’énergie de l’Adamaoua promet des descentes sur le terrain à l’effet d’évaluer la menace et de prendre les dispositions qui s’imposent afin de résoudre au plus vite ce problème de santé.
En attendant de trouver des solutions aux menaces issues des exploitations minières, les populations continuent de consommer ces eaux polluées au péril de leur santé.














