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ENVIRONNEMENT

Limbé : Trois morts après des inondations et un effondrement

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De fortes pluies diluviennes ont frappé Limbé le 4 août, provoquant inondations et glissements de terrain. Le ministère de l’Habitat appelle à la responsabilité de tous face aux occupations anarchiques des zones à risque.

Depuis le 4 août 2026, la ville de Limbé, dans la région du Sud-Ouest, est frappée par de fortes pluies diluviennes à l’origine d’importantes inondations et de glissements de terrain. Le bilan provisoire fait état de trois morts et de plusieurs blessés, pris en charge dans les formations sanitaires, après l’effondrement de bâtiments résidentiels et la destruction d’infrastructures publiques.

Des drains submergés par le ruissellement

Dans un communiqué radio-presse, le ministère de l’Habitat et du Développement Urbain précise que ces pluies continues ont provoqué le débordement des cours d’eau et des canaux de drainage, entraînant des crues soudaines sur les principaux axes routiers et dans les zones basses de la ville. D’importants volumes de ruissellement ont charrié limon, roches, végétation et déchets dans les systèmes de drainage, réduisant considérablement leur capacité d’évacuation et aggravant les inondations.

Plusieurs habitations et lieux de service ont été touchés, perturbant les activités socio-économiques dans plusieurs quartiers de la ville. Des familles se retrouvent sans abri, ayant perdu une partie ou la totalité de leurs biens dans l’effondrement ou sous l’effet des eaux. La situation reste particulièrement préoccupante dans le quartier Mbende, l’un des plus affectés par le drame.

Mobilisation immédiate des brigades d’intervention

Face à l’urgence, la ministre prescrit aux autorités administratives et aux maires « la mobilisation des brigades d’intervention pour la libération des zones à risque de glissement de terrain, le curage d’urgence des drains obstrués, la sécurisation des emprises publiques impactées ».

Elle rappelle par ailleurs que « d’importants investissements sont consentis par le Gouvernement, sur Très Hautes Directives du Chef de l’État, S.E.M. Paul Biya, pour l’assainissement des villes ».

La ministre de l’Habitat, Célestine Ketcha Courtès, présente « ses condoléances les plus attristées aux familles des compatriotes décédées » et exprime sa solidarité aux personnes blessées, leur souhaitant « un prompt rétablissement ».

Des facteurs humains qui aggravent les risques

Le communiqué insiste toutefois sur les limites de l’action de l’État si les comportements humains persistent. La ministre est claire : « ces efforts de l’État n’auront qu’un impact limité si les facteurs humains (anthropiques) compromettent l’efficacité des infrastructures d’assainissement mises en place ». Elle pointe notamment « l’obstruction des collecteurs et des caniveaux par des dépôts sauvages de déchets solides, rendant ces infrastructures

de drainage inopérantes », ainsi que « l’occupation des zones inondables des cours d’eau, entravant l’écoulement des eaux pluviales ».

Un appel pressant au respect des règles d’urbanisme

La ministre appelle les maires « à faire respecter strictement les règles d’urbanisme », dont l’un des objectifs est de réduire les risques de catastrophes. Elle invite les autorités administratives « à leur apporter le concours nécessaire pour prévenir l’installation des populations sur les drains et les zones non aedificandi ».

Elle prescrit par ailleurs « des campagnes permanentes de curage des drains et autres ouvrages d’assainissement », en mobilisant « les Comités de quartiers, de marchés et les Organisations de la société civile ».

Un appel à la responsabilité civique

En attirant l’attention des populations « sur les données climatiques des mois à venir, qui montrent des niveaux élevés de risques d’inondations dans nos grandes métropoles », Célestine Ketcha Courtès lance « un appel solennel à la responsabilité civique de tous, afin de garantir la fonctionnalité des systèmes de drainage des villes ».

Ce drame confirme les alertes de l’Observatoire National sur les Changements Climatiques (ONACC), qui avait annoncé un risque très élevé d’événements climatiques extrêmes pour la période du 1er au 10 août 2026 dans la région du Sud-Ouest. Il illustre une fois de plus la fréquence croissante de ce type d’événements au Cameroun, et la nécessité de conjuguer investissements publics, respect des règles d’urbanisme et vigilance citoyenne pour limiter l’impact de ces catastrophes qui, chaque année, frappent les mêmes zones vulnérables.

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MIREILLE SIAPJE

Rédacteur en Chef

Journaliste multimédia, rédactrice en chef du groupe de presse Échos Santé. Spécialisée en santé publique, droits humains et environnement. S’exprime en français et en anglais. Lauréate du Prix Médiation Press Trophies 2014 et du Prix Michel Sidibé 2024.

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