Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
ENVIRONNEMENT

Maroua : Les caniveaux obstrués ravivent la menace des inondations

Email : 7

Alors que les grandes pluies s’installent progressivement dans la région de l’Extrême-Nord, de nombreux caniveaux de la ville de Maroua demeurent obstrués par des déchets ménagers, des sachets plastiques et des dépôts de sable. Cette situation fait planer le risque d’inondations dans plusieurs quartiers. Si les habitants dénoncent l’incivisme de certains citoyens, la Communauté urbaine de Maroua assure avoir engagé, depuis le mois de juillet, une vaste opération de curage des ouvrages d’assainissement avec l’appui de Hysacam.

Les premières grandes pluies de la saison remettent sur le devant de la scène une problématique récurrente à Maroua : l’obstruction des caniveaux. Dans plusieurs quartiers de la capitale régionale de l’Extrême-Nord, les ouvrages destinés à évacuer les eaux de pluie sont envahis par des ordures ménagères, des bouteilles en plastique, des sachets, des gravats et des amas de sable. Résultat : l’écoulement des eaux est fortement ralenti, faisant craindre des inondations si les précipitations se poursuivent avec la même intensité.

À Domayo, les habitants observent la montée des eaux avec inquiétude. Après chaque forte pluie, certaines rues deviennent difficilement praticables et les eaux stagnent parfois pendant plusieurs heures. « Nous vivons dans la peur dès que le ciel s’assombrit. Si les caniveaux étaient bien dégagés, l’eau s’écoulerait normalement. Aujourd’hui, nous craignons pour nos maisons », confie Moussa, commerçant rencontré sur place.

Le constat est identique au quartier Pitoaré. Aïssatou, mère de famille, déplore le comportement de certains riverains qui transforment les caniveaux en dépotoirs. « Beaucoup de personnes jettent leurs ordures directement dans les caniveaux. Quand il pleut, ces déchets bloquent le passage de l’eau et ce sont tous les habitants qui en subissent les conséquences. Nous devons d’abord changer nos habitudes », affirme-t-elle.

Amadou Baba, conducteur de mototaxi, évoque les difficultés rencontrées après les pluies. « Certaines routes deviennent impraticables parce que les eaux ne s’évacuent plus. Cela ralentit la circulation, augmente les risques d’accidents et détériore davantage les chaussées », explique-t-il.

Dans d’autres quartiers tels que Kakataré, Lopéré, Pont-Vert ou Kongola-Djiddéo, les inquiétudes sont les mêmes. Les populations redoutent que les fortes pluies annoncées dans les prochaines semaines provoquent des inondations similaires à celles observées lors des précédentes saisons hivernales, avec leur lot de dégâts matériels et de perturbations de la circulation.

Au-delà des inondations, l’obstruction des caniveaux constitue également une menace pour la santé publique. Les eaux stagnantes favorisent la prolifération des moustiques, principaux vecteurs du paludisme, tandis que l’insalubrité augmente les risques de maladies diarrhéiques, particulièrement chez les enfants.

Interrogé sur cette situation, un cadre de la Communauté urbaine de Maroua, qui a souhaité garder l’anonymat, se veut rassurant. Il indique que la mairie a engagé, depuis le mois de juillet, une importante opération de curage des caniveaux grâce à l’appui de Hysacam. Selon lui, les équipes interviennent progressivement dans plusieurs quartiers afin de restaurer la capacité d’évacuation des eaux pluviales avant le pic de la saison des pluies.

Notre interlocuteur reconnaît toutefois que les efforts de la municipalité sont régulièrement compromis par les comportements de certains habitants. « Nous nettoyons les caniveaux, mais quelques jours plus tard, ils sont à nouveau remplis de déchets. Tant que les populations continueront à utiliser ces ouvrages comme des dépotoirs, les opérations de curage n’auront qu’un effet temporaire », regrette-t-il.

Le responsable lance ainsi un appel au sens civique des populations. Il invite chaque citoyen à utiliser les bacs à ordures installés dans la ville et à s’abstenir de déverser des déchets dans les caniveaux. Pour lui, la prévention des inondations repose autant sur les investissements de la municipalité que sur l’adoption de

comportements responsables par les habitants.

img

Samuel Adjewa

Journaliste communicateur

Samuel Adjewa est journaliste-communicateur basé à l’Extrême-Nord du Cameroun. Il est correspondant régional du groupe Échos Santé dans cette partie du pays. Il est actuellement en Master 2 en communication des organisations à l’Université de Maroua. Il a collaboré avec plusieurs médias et ONG nationales et internationales, notamment dans la production de contenus radio et documentaires. Son travail s’intéresse particulièrement aux questions de santé, de développement local et de communication institutionnelle.

Leave a Reply

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos Sante n°1457 du jeudi 6 aout 2026

×