La supervision de 264 structures de santé du Nord-Ouest révèle 74 % de conformité globale mais 30 % d’approvisionnement illicite et un manque critique de réactifs (44,6 %). Face aux dérives, les autorités imposent des sanctions et un retour strict au circuit officiel du FRPSNO.
Le mardi 4 août 2026, la salle de conférence du Fonds régional de promotion de la santé du Nord-Ouest (FRPSNO) à Bamenda a abrité les travaux de la réunion de débriefing relative à la grande campagne de supervision intégrée des formations sanitaires de la région. Présidée par l’inspecteur général du bureau du gouverneur, aux côtés du délégué régional de la santé publique et de l’administrateur du FRPSNO, cette assise de haut niveau a réuni l’ensemble des médecins-chefs de district (MCD) ainsi que les superviseurs régionaux. Au-delà d’un bilan d’une remarquable couverture spatiale (264 établissements audités sur 265 répertoriés dans 21 districts sanitaires), les travaux ont mis en lumière d’importants succès de gouvernance mais aussi de graves défaillances logistiques et sécuritaires. Face à l’infiltration de circuits clandestins d’approvisionnement en médicaments et à la pénurie marquée de réactifs de laboratoire, les acteurs régionaux ont adopté des résolutions fermes et d’application immédiate pour assainir le secteur et garantir des soins sûrs, éthiques et accessibles à l’ensemble des populations.
Un diagnostic d’une ampleur inédite
Organisée quelques semaines après le déploiement sur le terrain d’équipes pluridisciplinaires d’inspecteurs et de superviseurs régionaux, la réunion de débriefing du 4 août 2026 visait trois objectifs majeurs : valider rigoureusement les données collectées sur le terrain, débattre sans complaisance des constats et recommandations, et consolider le rapport régional consolidé sur la qualité des services de santé dans la région du Nord-Ouest. Les résultats statistiques présentés en ouverture des travaux témoignent de la portée inédite de l’opération. Sur un total de 265 établissements de santé répertoriés à travers les 21 districts sanitaires de la région du Nord-Ouest, 264 formations sanitaires ont été auditées en profondeur, soit un taux de couverture exceptionnel de 99,6 %. Ce résultat démontre une capacité de mobilisation logistique et d’engagement institutionnel remarquable des services régionaux de la santé, dans un contexte géographique et opérationnel souvent exigeant. Les travaux, coprésidés par les plus hautes autorités
administratives et sanitaires de la région, notamment l’inspecteur général représentant le gouverneur, le délégué régional de la santé publique du Nord-Ouest et l’administrateur du FRPSNO, ont permis de passer au crible l’ensemble de la pyramide sanitaire, des hôpitaux de district jusqu’aux centres de santé intégrés ruraux.
Dynamique des indicateurs : succès de gouvernance et vulnérabilités structurelles
Au rang des motifs de satisfaction, l’évaluation met en exergue un niveau de gouvernance hospitalière et communautaire encourageant. En effet, 75,7 % des établissements de santé ont tenu au moins une réunion formelle de leur Comité de gestion sanitaire (COSA) au cours du semestre écoulé (pour une norme cible de 80,0 %), reflétant un bon ancrage communautaire et la transparence financière. Sur le plan normatif, la région affiche un taux de conformité global de 74,0 % vis-à-vis de la norme fixée à 85,0 %, ce qui illustre le dévouement du personnel tout en soulignant que 26 % des structures accusent des écarts dans la tenue des dossiers, la gestion des déchets ou l’hygiène. Concernant l’approvisionnement, bien que la disponibilité des médicaments traceurs atteigne 78,53 % (face à une cible de 90,0 %), la supervision a mis en lumière une anomalie grave : environ 30 % des établissements de santé se procuraient une partie de leurs intrants pharmaceutiques auprès de sources non autorisées, en violation directe de la réglementation et exposant les populations aux risques des médicaments falsifiés ou périmés. Des saisies conservatoires ont d’ailleurs été effectuées à Dumbo et Nkambe, où des stocks illicites ont été confisqués et mis sous scellés pour destruction. Enfin, la situation la plus critique concerne les examens biologiques : la disponibilité des réactifs et consommables de laboratoire s’effondre à 44,60 % (pour une norme de 85,0 %), ce qui compromet les diagnostics dans plus de la moitié des laboratoires régionaux et contraint les prescripteurs à des traitements probabilistes.
Les résolutions clés adoptées au terme des travaux
À l’issue de débats francs, constructifs et d’une session de questions-réponses sans concession, l’ensemble des décideurs, superviseurs et médecins-chefs de district ont validé un plan d’action d’urgence s’articulant autour de résolutions majeures d’application immédiate. Il est ainsi fait injonction formelle à tous les responsables d’établissements de santé publics, confessionnels et privés de se conformer strictement à la réglementation régissant leur organisation administrative, financière et technique, avec l’obligation absolue d’effectuer tous les achats de médicaments, consommables et réactifs exclusivement auprès du FRPSNO et des canaux agréés sous peine de sanctions disciplinaires et pénales. Un rappel à l’ordre impératif est également lancé concernant le respect rigoureux de la grille tarifaire officielle des
médicaments afin de proscrire toute spéculation. Par ailleurs, il est ordonné aux services de santé de district (SSD) d’intensifier la supervision formative, le contrôle et le coaching de proximité des centres de santé. Sur le plan logistique, un mandat est donné à l’administration du FRPSNO pour restructurer le système d’approvisionnement en réactifs et constituer des stocks de sécurité permanents pour combler le déficit critique. Enfin, l’assainissement sera poursuivi avec une vigilance renforcée et des contrôles inopinés dans les districts frontaliers et vulnérables tels que Dumbo et Nkambe.
Perspective et feuille de route régionale
La réunion du 4 août 2026 marque un tournant décisif pour la santé publique dans la région du Nord-Ouest. La mobilisation convergente du bureau du gouverneur, de la délégation régionale de la santé publique et du FRPSNO atteste d’une volonté politique ferme de placer l’usager et la sécurité des soins au cœur des priorités institutionnelles. En s’engageant collectivement à mettre en œuvre sans délai ces résolutions, les acteurs régionaux posent les jalons d’un système de santé résilient, éthique et performant, prêt à accompagner efficacement le déploiement de la Couverture Santé Universelle (CSU) au bénéfice de l’ensemble de la population de la région du Nord-Ouest.















