Réduire le sel sans sacrifier le goût, c’est possible. Des herbes aromatiques aux épices permettent de ne pas ressentir l’absence du sel.
Pour le consommateur camerounais, couper le sel revient souvent à couper le goût. Des beignets du matin aux plats de résistance du soir, nous avons habitué nos papilles à des saveurs très fortes, rendant l’absence de sel impensable dans notre cuisine de tous les jours. À force d’en associer plusieurs au cours d’une même journée, on peut dépasser les quantités recommandées sans même s’en rendre compte.
5 grammes par jour, un repère à garder en tête
L’Organisation mondiale de la Santé recommande aux adultes de consommer moins de 5 grammes de sel par jour, toutes sources confondues. Cela correspond à environ une cuillère à café rase. Il ne s’agit donc pas uniquement du sel ajouté pendant la préparation des repas, mais également de celui déjà contenu dans les aliments consommés. La cardiologue Audrey MONKAM, dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube « Docteurs MONKAM », rappelle toutefois qu’il n’est pas question de supprimer complètement le sel de l’alimentation. Elle évoque un maximum de 6 grammes de sel par jour pour ses patients, tout en insistant sur les méfaits d’une consommation excessive : « L’excès de sel est nuisible », explique-t-elle, avant de rappeler que les personnes ayant des problèmes cardiaques peuvent continuer à avoir une alimentation savoureuse en contrôlant les quantités ». Le message est donc davantage celui de la modération que de l’interdiction. Le sel a sa place dans l’alimentation, mais en quantité limitée.
Le sel se cache dans les aliments du quotidien
Le problème est que le consommateur ne maîtrise pas toujours la quantité de sel qu’il absorbe. Bouillons cubes, viandes fumées ou transformées, pain, biscuits, chips,
snacks, arachides grillées et certaines sauces peuvent en apporter. Le cardiologue RAFIA, dans une intervention diffusée sur la chaîne YouTube EsaeTV, attire notamment l’attention sur les aliments qui paraissent peu salés mais qui peuvent contribuer à augmenter les apports journaliers. Il cite notamment les biscottes, certains snacks et les viandes congelées. « C’est ça le piège », explique-t-il en substance : on peut consommer un aliment salé à un moment de la journée, puis en reprendre un autre quelques heures plus tard, sans réaliser que les quantités s’additionnent. Le sel agit également comme un exhausteur de goût. Plus le palais est habitué à des repas salés, plus les préparations peu salées peuvent sembler fades. Pour le cardiologue RAFIA, l’un des meilleurs moyens de réduire progressivement cette habitude est donc de s’habituer à manger moins salé. Un autre réflexe à abandonner est la salière posée en permanence sur la table. Selon lui, sa présence favorise le geste automatique consistant à rajouter du sel avant même d’avoir goûté le plat.
Donner du goût autrement
Réduire le sel ne signifie pas renoncer au plaisir de manger. La cardiologue Audrey MONKAM conseille de miser sur les épices et les aromates qui permettent de relever les plats autrement. Ail, oignon, poivre, gingembre, persil, basilic, laurier ou encore citron peuvent être utilisés pour donner davantage de caractère aux préparations. La réduction du sel peut également se faire progressivement afin de laisser au palais le temps de s’adapter. La cardiologue recommande par ailleurs de privilégier les fruits et légumes et d’intégrer davantage de poisson dans l’alimentation, notamment pour son apport en oméga-3. Elle conseille également une alimentation riche en fibres et une consommation modérée de certaines viandes. Quelques gestes simples peuvent ainsi faire la différence : goûter avant de saler, réduire progressivement les bouillons cubes, cuisiner davantage à la maison et lire les étiquettes des produits transformés. L’objectif n’est donc pas de bannir le sel, mais d’éviter l’accumulation. Car entre le sel ajouté dans la marmite, celui de la salière et celui déjà présent dans les aliments transformés, les apports peuvent rapidement dépasser ce dont l’organisme a besoin.
Le sel n’est pas l’ennemi lorsqu’il est consommé avec modération. Le danger se trouve surtout dans les excès et dans ces nombreuses sources « cachées » qui s’additionnent au fil de la journée. Apprendre à les identifier et à relever autrement les plats permet de réduire progressivement sa consommation, tout en conservant le plaisir de manger.
Marie Chantale FAIDA










