Comptes de santé 2018-2019 : Les dépenses courantes représentent 72%

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Il s’agit entre autres des résultats des comptes de la santé sur l’année 2018-2019, présentés au cours d’une réunion présidée par le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, hier, 29 mars 2023 à Yaoundé.

Ces présentations sont la deuxième du genre après ceux de 2011 et 2012. Les Comptes de la santé (CS) sont un outil qui décrit à l’échelle nationale et sur une période donnée, l’ensemble des activités de ce secteur qui concourent directement à la production des biens et services assurant la fonction de santé. Ces derniers fournissent, pour une période, le montant des dépenses de soins et de biens médicaux, ainsi que leur répartition entre différentes catégories de soins. Par ailleurs, ils permettent de sonner la ventilation de leur financement notamment assurance-maladie, Etat, organismes complémentaires et les ménages. Pour ce qui concerne les comptes de santé de la période 2018-2019 financés par l’Organisation mondiale de la santé, le Fonds des Nations unies pour l’enfance, et la GIZ, des efforts sont encore à fournir.
Concrètement, les paiements directs demeurent à un niveau encore très élevé, c’est à dire à 72% des dépenses courantes de santé. Selon Dr Phanuel Habimana, Représentant de l’OMS au Cameroun, ce résultat peut constituer un frein à l’accès aux soins des populations les plus défavorisées et donc une source d’iniquité en santé. « Il faut dire ici que l’expérience tirée des autres pays permet de recommander plutôt une prépondérance du financement public dans les dépenses de santé afin de favoriser une progression plus aisée vers la CSU. Il faut savoir que l’OMS considère que quand le taux de dépense des ménages est au-delà de 25%, les ménages s’appauvrissent. Ils ont des difficultés à accéder aux services de santé et ça crée une espèce d’iniquité dans l’accès de ces services. », a-t-il expliqué.

L’Etat finance moins sur la santé
Par ailleurs, les comptes de santé 2018-2019 montrent que la dépense totale de santé est restée stagnante, autour de 4% du Produit intérieur brut comme en 2012. L’Etat qui était ainsi le 2ème contributeur après les ménages en 2012 est troisième en 2019. « Ceci indique que des efforts restent encore à faire afin d’accroitre la part du financement public dans le financement de la santé. On a même aujourd’hui les données de 2023 qui sont attendues en dehors de l’étude que nous avons, parce que nous avons un budget national de L’État. Cette part de la contribution du budget national à la santé est passée de 5,2% en 2012 à 4,3% en 2019 et est aujourd’hui dans le budget de 2023 à 3,6%. Tout ceci est en contradiction avec les ambitions du Cameroun pour s’orienter vers la Couverture sanitaire universelle », indique le représentant de l’OMS. Aussi, en 2019, 53% des dépenses des ménages en santé se sont faites pour l’achat de médicaments mis à part des formations sanitaires. Ce qui invite à porter une attention particulière sur le circuit d’approvisionnement en produits pharmaceutiques afin de rendre disponible dans les formations sanitaires l’ensemble des médicaments essentiels utiles aux soins des patients.
Sources publiques
En effet, la présentation des résultats des comptes 2018-2019 se tient dans un contexte marqué par les préparatifs du démarrage de la Phase 1 de la Couverture santé universelle au Cameroun. Dans un tel contexte, les décideurs, pour pouvoir évaluer le financement de leurs systèmes surtout en matière d’équité et de solidarité, ont besoin d’informations nationales fiables sur les sources et l’utilisation des fonds destinés à la santé afin d’améliorer leurs performances en adoptant des politiques pertinentes basées sur des données factuelles. Les comptes de données décrivent ainsi la provenance et l’utilisation des ressources dans le système de santé et servent à informer les décideurs politiques sur les stratégies de financement adéquat en se basant sur les sources publiques du gouvernement.
Divine KANANYET

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