Le Ministre de la Santé Publique, le Dr Manaouda Malachie intervient personnellement pour accélérer le paiement des salaires.
Le spectre d’une paralysie des services de santé dans les plus grandes formations hospitalières de la capitale a été éloigné in extremis. Le ministre de la Santé publique (MINSANTE) a en effet réagi avec célérité au préavis de grève déposé par le Syndicat National des Personnels des Établissements et Entreprises du Secteur Santé du Cameroun (CAP/SANTE). L’objet principal de cette menace syndicale portait, comme souvent, sur les retards récurrents dans le paiement des salaires des personnels du Centre Hospitalier et Universitaire de Yaoundé (CHUY), de l’Hôpital Général de Yaoundé (HGY) et de l’Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé (HGOPY).
Face à l’imminence d’un mouvement d’humeur, le Ministère, par la voix du Secrétaire Général, Pr. NJOCK Louis Richard, agissant par délégation du Ministre, a immédiatement accusé réception de la correspondance du syndicat, datée du 12 juin 2025. Cette rapidité de réaction, officialisée par une lettre datée du 09 octobre 2025, témoigne de la prise de conscience gouvernementale quant à la gravité de la situation et de ses potentielles répercussions sur la continuité des soins.
De prime abord, la démarche du syndicat, mené par son Président, visait à contraindre l’administration à respecter ses engagements financiers. Or, les conséquences d’une grève dans des établissements de Première Catégorie, qui sont les piliers du système de référence national, seraient désastreuses pour les populations. Par conséquent, la réponse du Ministre ne s’est pas limitée à un simple accusé de réception, mais a pris la forme d’une action concrète et immédiatement applicable.
Action immédiate sur la trésorerie
En effet, la lettre ministérielle révèle une intervention directe sur la chaîne de décaissement des fonds. Le Ministre a expressément saisi, par un « courrier séparé de ce jour », Madame le Payeur Spécialisé auprès du Ministère de la Santé Publique. L’objectif primordial de cette saisine est de « prendre toutes les dispositions nécessaires pour la célérité des mouvements de fonds qui garantirait le respect des délais règlementaires de paiement des salaires dans les Hôpitaux de 1ère Catégorie de Yaoundé. »
Ainsi, la pression exercée par le syndicat a eu un effet catalyseur. Cependant, il convient de noter que ce type d’intervention, bien que salutaire, souligne une fois de plus la fragilité structurelle des processus de paiement. Autrement dit, il faut une menace de grève pour garantir l’application des règles. Néanmoins, pour l’heure, cette intervention est perçue comme un geste de bonne volonté et une reconnaissance tacite de la légitimité des revendications salariales.
Suspension du préavis demandée
C’est la raison pour laquelle, fort de cette garantie d’action, le Ministère a formulé une demande explicite au Président du CAP/SANTE. « Aussi, je vous demande de bien vouloir surseoir à l’exécution du préavis de grève des personnels de santé desdites Formations Sanitaires. »
Cette requête marque un tournant. D’une part, le Ministre a pris des mesures concrètes pour adresser la cause du préavis. D’autre part, il renvoie la balle dans le camp syndical, espérant que la démonstration d’effort suffira à désactiver le mouvement social. Dans cette optique, l’administration mise sur la confiance et l’esprit de responsabilité du syndicat pour privilégier la continuité du service public.
Pour conclure, si la crise semble momentanément écartée, les regards sont désormais tournés vers le CAP/SANTE. Bien que le syndicat ait obtenu une garantie écrite d’accélération des paiements, il est impératif de surveiller la mise en œuvre effective de cette directive. Les retards de salaires ont des conséquences directes sur le moral, la productivité et même la survie économique des personnels de santé, qui sont par ailleurs en première ligne des défis sanitaires nationaux.
Enfin, le courrier a été adressé pour information et suivi aux Directeurs Généraux du CHUY, du HGY et de l’HGOPY, tandis que les copies d’archives ont été dûment enregistrées. Cette diffusion assure que les responsables hospitaliers sont désormais co-responsables du suivi de la célérité des paiements. De ce fait, le dialogue social, bien que tendu, semble avoir produit un résultat positif pour le bien-être des travailleurs et, implicitement, pour celui des patients camerounais. Le secteur de la santé retient son souffle, en attendant la concrétisation des promesses ministérielles.
E.S.N














Comments are closed