Crises sanitaires et climatiques, Les petits États insulaires conviennent d’un plan d’action

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La déclaration de Bridgetown de 2023 est l’un des principaux résultats de la Conférence ministérielle des petits États insulaires en développement sur les maladies non transmissibles et la santé mentale, tenue du 14 au 16 juin et organisée conjointement par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et le gouvernement de la Barbade.

Selon l’Oms, la Déclaration de Bridgetown de 2023 sur les maladies non transmissibles (MNT) et la santé mentale vise à combattre certaines maladies qui comptent parmi les plus meurtrières et auxquelles les petits États insulaires en développement (PEID) sont particulièrement exposés. Les petits États insulaires en développement sont touchés de manière disproportionnée par les maladies non transmissibles elles-mêmes à l’origine de 74 % des décès dans le monde, du fait de leur dépendance à l’égard des aliments importés, des influences commerciales et de la crise climatique. Selon le nouveau rapport de l’OMS, il y a huit PEID parmi les 15 pays où le risque de décéder prématurément d’une maladie cardiovasculaire, du cancer, du diabète ou d’une maladie respiratoire chronique est supérieur à 30 %. Les 10 pays affichant les taux d’obésité les plus élevés au monde sont tous des PEID du Pacifique. Notons que dans ces petits états, plus de 45 % des adultes sont obèses.

Les estimations de l’Oms montrent que 15,2 % de la population des Caraïbes et 11,2 % de la population du Pacifique présentent des troubles mentaux. Les personnes qui en sont atteintes risquent davantage de décéder prématurément, notamment par suicide ou des suites de problèmes de santé physique non traités. La stigmatisation, les pénuries de personnel spécialisé et les répercussions des changements climatiques alimentent les difficultés dans les PEID, et il faut y répondre immédiatement. La Déclaration de Bridgetown de 2023 présente une série de mesures audacieuses pour agir sur l’ensemble des problèmes sociaux, environnementaux, économiques et commerciaux qui alimentent les MNT et les problèmes de santé mentale. Élaborée dans le cadre d’un processus inclusif conduit par et pour les PEID, la Déclaration souligne que les MNT et les problèmes de santé mentale ne peuvent être traités correctement sans répondre à la crise climatique. « Si l’on veut engager une action audacieuse pour le climat, la santé et le bien-être, il faut remettre sur pied et réorganiser le financement mondial de sorte à débloquer des investissements chiffrés en milliards, tout en limitant le poids du remboursement de la dette pour les pays en développement », a déclaré Son Excellence Mia Amor Mottley, Première Ministre de la Barbade. « Il est également essentiel de financer l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de leurs effets dans les pays les plus vulnérables, en tenant compte des maladies non transmissibles et de la santé mentale » a-t-elle ajouté.

« Les défis qu’affrontent les PEID sont interdépendants et prennent des formes multiples. Les changements climatiques, la dégradation de l’environnement, les inégalités sociales et économiques et les déterminants commerciaux de la santé aggravent la charge des maladies non transmissibles et des problèmes de santé mentale », a déclaré le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. « Même s’ils disposent de ressources limitées, et malgré leurs contraintes géographiques, ces pays ont démontré une résilience remarquable face à l’adversité. Ensemble, nous devons tracer une voie fondée sur l’équité, la résilience et la durabilité. Nous devons renforcer les systèmes de santé, améliorer les mesures de prévention et de détection précoce, et donner la priorité à l’intégration des maladies non transmissibles et des services de santé mentale dans les soins de santé primaires ». Le Directeur général s’est également engagé à ce que l’OMS œuvre à mobiliser des ressources financières pour contribuer à mettre en place, dans les PEID, des établissements de soins de santé qui soient résilients face aux changements climatiques et écologiquement durables. L’OMS continuera également de plaider en faveur du financement des pertes et des préjudices dans le cadre des investissements engagés pour l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de leurs effets dans les pays à faible revenu.

Col de l’utérus

La liste des meilleurs choix a été actualisée en mai, à la dernière Assemblée mondiale de la Santé, et inclut désormais la prévention secondaire de la fièvre rhumatismale, la prise en charge aiguë et à long terme de l’asthme et de la bronchopneumopathie chronique obstructive ainsi que plusieurs interventions relatives aux cancers du col de l’utérus, du sein, du côlon rectum et du foie, au cancer de l’enfant, et au traitement complet du cancer chez les personnes vivant avec le VIH. « Les PEID des Amériques restent très vulnérables aux MNT. Cette Conférence ministérielle arrive à un moment clé et sera essentielle pour aider les PEID à faire mieux entendre leur voix et comprendre leurs besoins, en plaçant les MNT et la santé mentale en tête de nos priorités » a déclaré le Dr Jarbas Barbosa, Directeur de l’OPS et Directeur régional de l’OMS pour les Amériques. « Pour poursuivre sur cette lancée, nous devons agir maintenant. L’OPS est prête à soutenir une mise en œuvre accélérée des interventions dans notre Région, y compris l’intégration des soins dans les services de santé primaires et la mise à profit d’innovations telles que les outils de santé numériques ».

Albert BOMBA et OMS

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