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Hausse du prix des médicaments en Tunisie : Des députés redoutent un impact désastreux pour le budget des malades

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Dans un communiqué rendu public mardi 4 août 2026, les parlementaires ont signalé leur inquiétude face à la hausse tarifaire de certains produits pharmaceutiques. Un état de lieu qui menace directement les budgets des ménages déjà vulnérables aux mala

Le secteur de la santé en Tunisie connait une forte turbulence. L’origine de la colère parlementaire réside dans le sentiment que le pouvoir public cherche à colmater des brèches structurelles sur le dos des ménages. La chaîne du médicament souffre d’un mal profond : la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) et les établissements hospitaliers publics accumulent des impayés colossaux envers les fournisseurs de matériel médical et les prestataires de soins. Pour éviter la rupture sèche d’approvisionnement, la Pharmacie Centrale a fait le choix de revoir ses grilles tarifaires.

Pour les députés signataires, cette stratégie s’apparente à une fuite en avant. Les dysfonctionnements cumulés de gestion et les carences du financement public se traduisent par une hausse mécanique du reste à charge direct pour les assujettis. Les parlementaires dénoncent une logique où le malade sert de variable d’ajustement pour renflouer les caisses sociales. Ils rappellent fermement que le médicament ne saurait constituer un produit ajustable ou une dépense optionnelle, mais demeure un droit humain indissociable de la dignité et de la sécurité nationale. Une véritable réforme nécessiterait d’assainir la gouvernance, d’assurer la transparence sur les critères d’établissement des prix et de restructurer le modèle économique de la PCT plutôt que d’imposer des arbitrages financiers expéditifs.

Pouvoir d’achat aux risques d’abandons de soins

Cette dérive tarifaire entraine avec elle, des répercussions immédiates dans le

quotidien des familles modestes et des personnes atteintes de pathologies chroniques. En effet, les traitements de longue durée exigent une continuité absolue. Or, la hausse des dépenses directes contraint les citoyens à financer une part de leurs soins qui dépasse désormais largement les plafonds préconisés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

De plus, l’alourdissement de cette facture pousse de plus en plus de ménages vers un arbitrage dramatique : choisir entre se nourrir et se soigner. Pour éviter donc l’endettement ou la précarisation extrême, de nombreux patients risquent d’interrompre, de fragmenter ou même d’abandonner définitivement leurs protocoles médicaux. Ce report de soins constitue une bombe à retardement sanitaire et sociale qui détruit le pouvoir d’achat des foyers et rompt la solidarité nationale inscrite dans le pacte républicain.

Vers une saturation accrue de l’hôpital public

Au-delà du drame individuel, ce transfert de charge menace également de paralyser l’ensemble de l’appareil de santé. Confrontés à l’impossibilité de payer leurs médicaments dans le secteur privé, les citoyens n’auront d’autre choix que de se rabattre massivement sur les structures publiques. Or, les hôpitaux publics traversent eux-mêmes une crise sans précédent, caractérisée par un manque chronique d’équipements, de budgets et de stock de produits de base.

L’engorgement annoncé du secteur hospitalier menace de saturer des services au bord de la rupture. Face à ce péril, les représentants du peuple réclament l’élaboration d’une politique nationale souveraine du médicament. Celle-ci devrait s’appuyer sur la concertation avec les professionnels de santé, le soutien ferme à l’industrie pharmaceutique locale et la sanctuarisation de mécanismes de protection ciblés pour les catégories vulnérables. L’assainissement des comptes publics ne peut se faire au détriment de la vie des malades.

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Audray Ndengue

Journaliste

Ndengue Audray, journaliste dans le groupe Échos santé, Brevet de Technicien Supérieur en sciences et techniques de l'information et de la communication à l'Institut Universitaire Siantou. Écris et parle parfaitement le français

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