En ces temps des vacances scolaires et universitaires, de nombreux enfants se lancent dans le commerce des denrées alimentaires prêtes à être consommées. Sauf que l’hygiène approximative de ces repas peut être source de maladies.
Avec l’épidémie de choléra dans la région de l’Extrême-Nord voisine et en République Centrafricaine, consommer des aliments mal conservés, laissés à l’air libre est un potentiel danger pour les consommateurs. Les personnes rencontrées dans la ville de Ngaoundéré disent faire plus confiance aux aliments chauds et bien conservés. « Je ne consomme pas généralement les aliments vendus par les enfants dans la rue. Surtout en ce moment où le choléra circule, je ne prends pas trop de risque », se méfie Awal, habitant de Ngaoundéré. Comme lui, beaucoup préfèrent aller dans des restaurants où les locaux sont bien tenus et les repas présentés sont loin de reproches.
Sources de maladies
Selon le personnel médical, les aliments non couverts, laissés à l’air libre et préparés dans des conditions d’hygiène approximative, sont des vecteurs connus de contaminations alimentaires. Bactéries (Salmonella, Escherichia coli), virus (hépatite A, rotavirus) et parasites peuvent se développer rapidement quand la chaîne du froid n’est pas respectée, quand l’eau utilisée pour la préparation est polluée, ou quand les mains et les surfaces ne sont pas propres. Chez les enfants, les personnes âgées et les sujets immunodéprimés, ces infections entraînent des déshydratations sévères et peuvent nécessiter une hospitalisation.
Dans le contexte actuel, où le choléra sévit dans les régions voisines, la consommation d’aliments exposés augmente le risque d’éclosion locale. Le Vibrio
cholerae se transmet principalement par l’eau et les aliments contaminés. Les plats vendus en plein air, servis sans couvercle et manipulés par plusieurs personnes sans lavage des mains, créent des conditions favorables à la contamination. Les symptômes de diarrhée aqueuse profuse, vomissements, crampes peuvent entraîner une déshydratation rapide et mettre la vie en danger si la réhydratation n’est pas immédiate.
Pour réduire ces risques, le corps médical recommande plusieurs mesures simples et efficaces : couvrir systématiquement les aliments avec des couvercles, utiliser de l’eau potable pour la cuisson et le lavage des ustensiles, conserver les préparations à une température sûre ou les consommer immédiatement après préparation, et imposer le lavage régulier des mains avec du savon pour les vendeurs et les clients. Il est aussi conseillé d’éviter les aliments laissés à découvert pendant plusieurs heures et les boissons non scellées. La vigilance des familles est essentielle. Les parents doivent sensibiliser leurs enfants vendeurs aux règles d’hygiène et privilégier les points de vente qui respectent ces pratiques.
En cette période sensible, la qualité des aliments ne relève pas seulement du confort : elle conditionne la santé publique. Adopter des gestes simples protège les consommateurs et freine la propagation de maladies potentiellement mortelles comme le choléra.













