Une intervention neurochirurgicale peu courante a été réalisée ce lundi 27 juillet 2026 à l’Hôpital général de Garoua. Une enfant de 9 ans souffrant d’une tumeur de la ligne médiane a bénéficié d’une dérivation ventriculopéritonéale pour soulager une hydrocéphalie obstructive.
Dans l’un des blocs opératoires de l’Hôpital Général de Garoua (HGG), l’atmosphère était particulièrement relaxe ce lundi 27 juillet 2026. Pendant près de 2 heures, une équipe médicale s’est mobilisée autour d’une patiente âgée de 9 ans. À la manœuvre, le Dr Ghomsi Christelle, neurochirurgienne et neuro-oncologue. Face à elle, une enfant souffrant d’une tumeur de la ligne médiane, une pathologie diagnostiquée au sein de l’institution sanitaire.
L’intervention, peu courante dans le quotidien de nombreux patients, était devenue nécessaire au regard de l’évolution de l’état de santé de l’enfant. La tumeur provoquait notamment des troubles de la marche. La jeune patiente présentait également des signes d’hypertension intracrânienne, avec des vomissements abondants. Des symptômes qui renseignaient d’une complication importante liée à la présence de la tumeur.
Selon les explications de la spécialiste, la tumeur faisait obstacle à la circulation normale du liquide céphalo-rachidien, également appelé liquide cérébrospinal. Ce liquide, produit et circulant normalement dans les espaces du cerveau et de la moelle épinière, joue un rôle essentiel dans la protection et le fonctionnement du système nerveux. Lorsque son passage est bloqué, il s’accumule progressivement dans les cavités du cerveau. C’est cette situation qui avait entraîné chez la jeune patiente une hydrocéphalie obstructive. La pression augmentant à l’intérieur du crâne, l’enfant développait progressivement des signes d’hypertension intracrânienne. Les troubles de la marche et les vomissements répétés figuraient parmi les manifestations de cette complication.
Pour répondre à cette urgence, l’équipe médicale a réalisé une dérivation ventriculopéritonéale. Cette technique consiste à mettre en place un dispositif permettant de détourner le liquide qui s’accumule dans les ventricules cérébraux vers la cavité abdominale. Le liquide, qui ne pouvait plus circuler normalement en raison de l’obstruction provoquée par la tumeur, est ainsi conduit vers l’abdomen où il peut être résorbé par l’organisme. Au terme de cette opération, l’équipe dirigée par le Dr Ghomsi Christelle a réussi à mettre en place la dérivation ventriculopéritonéale.
Réaction
« La tumeur faisait obstruction au passage du liquide du cerveau spinal, entraînant donc une hydrocéphalie obstructive. »

Nous avons reçu une patiente de 9 ans qui nous a été référé par notre oncologue de la place, le docteur Abba Zainab, pour une tumeur de la ligne médiane. Plus précisément, un type Diffuse midline glioma, qui sont des tumeurs qui se viennent le plus souvent dans l’âge de l’enfant en question. Et le problème avec cette tumeur, c’est que, non seulement cliniquement l’enfant a été un peu précaire, c’est-à-dire qu’elle avait des troubles de la marche, elle avait des signes d’hypertension intracrânienne, mais on a secondairement une aggravation de ces signes avec des vomissements continus, incoercibles, qui aggravaient, en fait le tableau clinique de l’enfant. Pourquoi ? Parce que la tumeur, en fait, faisait obstruction au passage du liquide du cerveau spinal, entraînant donc une hydrocéphalie obstructive.
Donc là, ce qu’on vient de faire à l’enfant, c’est une dérivation ventriculo-péritonéale, c’est-à-dire, comme il y a une obstruction dans la tête, on a fait un shunt, en court-circuitant l’eau pour qu’elle puisse plutôt se vider au niveau de l’abdomen. C’est ça, une dérivation ventriculo-péritonéale, tout simplement.
Il faut savoir que les tumeurs de ce type, ce sont des tumeurs qui ne sont pas opérables, c’est-à-dire dans le monde entier, il n’y a pas de chirurgie qui est faite. On peut souvent être amené à faire une biopsie, mais sous forme stéréotaxique, c’est-à-dire une forme de navigation qu’on fait pour enlever la tumeur, juste pour avoir le type histologique, mais souvent, ce n’est pas nécessaire, parce que dans ce cas, on peut voir clairement que la tumeur englobe pratiquement tout le tronc, ainsi que les pédoncules cérébelleux, et elle engaine également l’artère basilaire. Donc, fort probablement, on pense que c’est ça. L’idée par la suite, c’est qu’elle puisse au moins avoir une amélioration clinique, pour pouvoir poursuivre la radio, voir la chimiothérapie s’il y en a. Pour l’instant, la patiente est encore en train d’être réveillée, mais elle est déjà en situation spontanée, donc on espère qu’elle va se réveiller sans encombre, c’est-à-dire sans aucune particularité.















