À Limbe, le MINEPDED et l’association AJESH mobilisent acteurs publics, scientifiques et communautés pour protéger les mangroves.
« Quand la mer monte, les racines des mangroves retiennent la terre. Quand la terre tremble, ce sont les hommes qui doivent retenir l’espoir. » C’est sur cette note empreinte de gravité et de résilience que s’est ouverte, le lundi 20 juillet 2026, une rencontre d’une importance capitale dans la salle des délibérations du Conseil municipal de Limbe I. Pendant deux jours, les acteurs de la protection civile, de l’environnement et du développement local ont croisé leurs regards et leurs expertises pour répondre à une urgence silencieuse mais menaçante : la vulnérabilité croissante des écosystèmes mangroves face aux aléas naturels et aux dérives climatiques.
Placé sous la houlette du Professeur BRING, Directeur de la Conservation et de la Gestion durable des Ressources naturelles au MINEPDED, cet atelier multi-acteurs a réuni autour d’une même table les maires des communes de Limbe I, II, III et Tiko, les délégués régionaux des ministères sectoriels, les représentants de l’Observatoire National sur les Changements Climatiques (ONACC), les autorités traditionnelles, la société civile et l’association AJESH, porteuse du projet. Une diversité d’acteurs qui témoigne de la complexité des défis à relever : concilier protection des populations, préservation des écosystèmes et développement économique local.
L’objectif affiché était clair : renforcer la coordination et l’engagement de toutes les parties prenantes dans la consolidation du système d’alerte précoce pour la réduction des risques de catastrophes, tout en luttant contre la prolifération des plastiques rigides dans les zones de mangroves. Car ces forêts immergées, véritables poumons verts du littoral, sont aujourd’hui étouffées sous les déchets et fragilisées par les caprices d’un climat devenu imprévisible.
Les échanges, intenses et constructifs, ont permis de franchir plusieurs paliers décisifs. D’abord, la clarification des rôles et responsabilités de chaque acteur dans la chaîne de gestion des risques : qui fait quoi, quand, et avec quels moyens ? Ensuite, un diagnostic sans complaisance des lacunes, des défis et des opportunités pour renforcer la résilience des communautés riveraines. Les participants ont également formulé des recommandations pratiques et convenu de mesures collaboratives pour améliorer les systèmes d’alerte et la préparation aux catastrophes. Enfin, des pistes concrètes ont été identifiées pour approfondir les partenariats et promouvoir des approches fondées sur les écosystèmes, reconnues comme les plus durables et les plus efficaces.
À l’issue de ces deux journées, chaque acteur repart avec une vision plus claire des risques qui pèsent sur les mangroves et les communautés qui en dépendent. Et pour cause : ces écosystèmes fournissent des services essentiels à l’équilibre de toute la région. Ils protègent les côtes contre l’érosion et les submersions marines, abritent une biodiversité exceptionnelle, séquestrent d’importantes quantités de carbone et soutiennent les pêcheries artisanales, source de revenus pour des milliers de familles.
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du programme ToPP – Together for People and Planet, financé par l’Agence suédoise de coopération internationale Sida, à travers le WWF, et mis en œuvre par AJESH. Un partenariat qui démontre que la protection de l’environnement et le bien-être des populations avancent main dans la main, lorsqu’on ose conjuguer savoirs locaux, expertise scientifique et volonté politique.
Alors que les menaces climatiques s’intensifient et que les océans montent, la région du Sud-Ouest, par cette initiative, envoie un signal fort : la résilience ne s’improvise pas, elle se construit, ensemble, jour après jour, racine après racine.












