Combinant du pyréthrinoïde et du chlorfénapyr, des actifs spécialement conçu pour éliminer les moustiques devenus résistants aux insecticides traditionnels, le piège se referme sur les vecteurs mutants. Objectif est clair : réduire près de 50 %, l’incidence des cas de paludisme dans les zones à forte résistance.
Face à l’urgence d’une maladie qui continue de ravager le continent, le Nigeria franchit une étape historique dans son combat contre le paludisme. Le pays vient de démarrer officiellement la fabrication sur son propre sol, des moustiquaires imprégnées d’insecticide à double principe actif.
Annoncée jeudi 10 septembre 2026 et portée par la mise en service du site industriel Health Textiles Nigeria FZE, une filiale à 100 % du groupe Vestergaard, cette grande première nationale s’inscrit dans le cadre d’un partenariat stratégique scellé avec la Presidential Initiative for Unlocking the Healthcare Value Chain (PVAC). En produisant localement le « PermaNet Dual », une technologie pré-qualifiée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la première puissance démographique du continent se dote enfin d’un outil de pointe à la hauteur de son défi sanitaire.
Un contexte sanitaire alarmant L’impact de cette initiative industrielle est d’abord d’ordre médical et sanitaire. Le Nigeria concentre à lui seul environ un quart des cas mondiaux de paludisme, dans un contexte global où l’OMS dénombre des centaines de millions de malades. La grande menace résidait jusqu’alors dans la résistance croissante des moustiques aux insecticides traditionnels.
Grâce à cette nouvelle génération de moustiquaires combinant un pyréthrinoïde et du chlorfénapyr, le piège se referme sur les vecteurs mutants. Les études conjointes de l’OMS et d’Unitaid révèlent d’ailleurs que le déploiement de ces équipements de pointe permet de réduire de près de 50 % l’incidence des cas de paludisme dans les zones à forte résistance. C’est un espoir concret pour faire chuter drastiquement la mortalité nationale.Sur le plan économique et industriel, cette usine s’affirme comme un pilier fondamental de la souveraineté sanitaire.
Conçue pour atteindre à terme une capacité de production géante de 10 millions de moustiquaires par an, l’infrastructure permettra au Nigeria de couvrir un tiers de ses besoins nationaux, réduisant d’autant sa dépendance structurelle vis-à-vis des importations étrangères. Ce projet stimule de surcroît l’emploi local avec la création programmée de plus de 600 postes qualifiés, dont près de 80 agents déjà formés aux standards internationaux de fabrication, de contrôle qualité et de conformité.
Ce transfert de compétences technologiques de haut niveau positionne désormais le Nigeria comme le futur hub industriel de lutte antivectorielle pour toute l’Afrique de l’Ouest.Enfin, l’impact logistique et humanitaire s’avère tout aussi déterminant. En rapprochant le site de production des communautés les plus exposées au risque, l’initiative supprime le recours systématique aux transports maritimes longs et incertains.
Le ministre coordinateur de la Santé, le Dr Muhammad Ali Pate, tout comme les responsables de la PVAC, saluent un modèle d’agilité. Les ONG et les autorités de santé publique disposent désormais d’un circuit d’approvisionnement court pour orchestrer des campagnes de distribution de masse rapides et réactives.
Cette proximité garantit une protection efficace et immédiate des populations vulnérables, tout en optimisant l’usage des financements dédiés à l’éradication du paludisme.















