Cette nouvelle organisation vise à fédérer les étudiants et jeunes professionnels (moins de cinq ans d’expérience) infirmiers et sages-femmes pour défendre leurs intérêts, garantir une insertion professionnelle optimale et positionner le Cameroun comme un acteur majeur de la santé mondiale.
Dans un contexte mondial marqué par une pénurie critique de personnel soignant et une réflexion urgente sur la formation, une nouvelle voix émerge avec force au Cameroun. Portée par l’énergie et l’ambition d’une génération connectée, la Students and Early Career Nurses and Midwives Cameroon (SEC-NMC) vient officiellement de planter son drapeau. Reconnue par les autorités préfectorales depuis novembre 2025, cette association se donne pour mission de fédérer, représenter et hisser les étudiants infirmiers, les étudiants sages-femmes et les jeunes professionnels de moins de cinq ans d’expérience. « Notre objectif est clair : défendre les intérêts académiques, professionnels et socio-économiques de nos membres et assurer une insertion professionnelle optimale, tant au niveau national qu’international », explique Toko Deugoue Russel Kingsley, le secrétaire général de l’organisation.
La création du SEC-NMC n’est pas un acte isolé, mais une réponse structurée à une conjoncture complexe. D’une part, le Cameroun, comme beaucoup de pays, fait face à des besoins sanitaires croissants. D’autre part, la mobilité internationale des professionnels de la santé, régie par des codes éthiques stricts comme le Code de pratique mondial de l’OMS ou le Code ICEMEN, ouvre à la fois des opportunités et des exigences de régulation. C’est dans cet entre-deux que le SEC-NMC positionne son action. « Nous entendons tirer profit de l’avantage démographique des jeunes professionnels camerounais pour répondre aux pénuries mondiales, dans le strict respect des mécanismes éthiques et équitables », peut-on lire dans le communiqué officiel de l’association. Cette vision place d’emblée l’organisation à l’intersection des enjeux locaux et globaux.
L’ambition du SEC-NMC se concrétise par une feuille de route 2025-2026 articulée autour de deux piliers majeurs : la structuration interne et la valorisation publique. Dès décembre 2025, l’organisation lance une vaste opération de suivi national et d’installation des unions d’étudiants dans 50 à 100 institutions de formation. « L’objectif est de superviser, accompagner et valider l’élection et l’installation de ces unions pour assurer des processus transparents et démocratiques », détaille Ndasi Noubissi Maxel, le président national.
Pour garantir une gouvernance solide et uniforme, chaque union recevra une Constitution officielle harmonisée rédigée par le SEC-NMC. Ce document-cadre définira les mandats, les postes, les responsabilités et les mécanismes de transition, visant à standardiser l’excellence et le professionnalisme du leadership étudiant à travers le pays. Le point d’orgue de cette année d’activité sera sans conteste l’organisation des premiers Nurselympics nationaux, prévus du 5 au 12 mai 2026 à Douala. Bien plus qu’une simple compétition, l’événement se veut une célébration globale des métiers du soin. « Il s’agit de célébrer la compétence, le talent, l’excellence et la fierté professionnelle », insiste le secrétaire général Toko Deugoue Russel Kingsley. Conçu comme une véritable olympiade des sciences infirmières et obstétricales, le tournoi réunira étudiants, jeunes professionnels, institutions et partenaires autour d’épreuves cliniques, académiques, sportives et de distinctions de personnalité.
Les Nurselympics : un catalyseur de fierté et de visibilité
Avec pas moins de 40 distinctions prévues, les Nurselympics ambitionnent de couvrir tous les aspects de la profession. Des prix cliniques (Meilleur Champion en Compétences Cliniques) aux prix académiques (Meilleur Débatteur), en passant par des catégories innovantes comme le prix du « Meilleur Créateur de contenu santé en ligne » ou de l’« Ambassadeur Santé & Climat », l’événement vise à mettre en lumière la diversité des talents et des engagements. Une Foire des métiers & des carrières permettra également aux institutions de formation de présenter leurs programmes et de recruter, créant ainsi un pont direct avec le marché de l’emploi.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de plaidoyer portée par le SEC-NMC. En effet, l’association annonce vouloir militer activement pour l’adoption contextualisée du nouveau Curriculum de formation basé sur les compétences publiées par l’OMS Afrique en novembre 2025. « Promouvoir la diplomatie sanitaire et la force d’influence du Cameroun dans le domaine de la santé mondiale est au cœur de notre mission », rappelle le président Ndasi Noubissi Maxel. Cette double approche, entre réforme structurelle et valorisation festive, dessine les contours d’un activisme professionnel nouveau genre.
Un pari sur l’avenir pour le système de santé camerounais
En se positionnant comme un interlocuteur structuré pour les jeunes soignants, le SEC-NMC lance un appel à la collaboration aux autorités publiques, aux ministères de la Santé publique et de l’Enseignement supérieur, ainsi qu’à l’ensemble des partenaires du secteur. Son succès dépendra de sa capacité à fédérer, à proposer des solutions concrètes et à incarner le renouveau d’une profession cruciale. Si les Nurselympics de mai 2026 réussissent leur pari, ils pourraient bien devenir le symbole d’une nouvelle ère : celle où les infirmiers et sages-femmes camerounais, formés aux standards internationaux et fiers de leur vocation, deviennent des acteurs incontournables, tant pour la santé de leur nation que pour répondre aux grands équilibres sanitaires mondiaux. Le SEC-NMC, par son audace et sa vision, s’est donné les moyens d’en être le fer de lance.
E.S.N















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