C’est ce qui ressort d’une nouvelle étude de la Banque mondiale et de l’Unicef publié ce mois de septembre 2025.
La Banque mondiale et le Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef) sont toujours inquiets du niveau de pauvreté chez les jeunes. Dans un rapport paru ce mois de septembre 2025, ces deux organisations relèvent qu’en 2024, quelque 412 millions d’enfants âgés de 17 ans ou moins vivaient dans des ménages disposant de moins de 3 Dollars par jour, le seuil d’extrême pauvreté appliqué aux pays à faible revenu.
Le nombre d’enfants pauvres de cette tranche d’âge reste tout de même en baisse par rapport en 2014. Il y a 10 ans, l’Unicef avait recensé environ 507 millions d’enfants dans cette situation. Pour cette agence des nations unies, il s’agit donc d’une baisse réelle de l’extrême pauvreté infantile mais qui est plus lente que pour l’ensemble de la population. « Représentant plus de la moitié des personnes vivant dans l’extrême pauvreté, alors qu’ils ne constituent que 30 % de la population mondiale, les enfants restent la catégorie la plus touchée, surtout en Afrique subsaharienne et dans les pays en situation de fragilité et de conflit où se concentre davantage la pauvreté infantile », constatent ces organisations.
Réaliser des investissements plus importants
Directeur mondial, département Pauvreté, Banque mondiale, Luis Felipe López-Calva déclare : « L’extrême pauvreté chez les enfants est de plus en plus enracinée dans les endroits où elle est plus difficile à éradiquer. La croissance économique est une condition nécessaire, mais pas suffisante pour rompre ce cycle ». De ce fait, il recommande de réaliser des investissements plus importants dans les infrastructures, le capital humain et les institutions pour donner à ces enfants une issue réelle pour sortir de la pauvreté.
D’après cette étude, la pauvreté infantile est de plus en plus concentrée en Afrique subsaharienne et dans les pays en situation de fragilité et de conflit aujourd’hui. Elle relève que l’Afrique subsaharienne accueille environ 23 % de la population mondiale d’enfants, par la même occasion, les trois quarts (plus de 312 millions) de tous les enfants vivant dans l’extrême pauvreté. « Le taux de pauvreté extrême chez les enfants dans la région en 2024 est d’environ 52 %, ce qui reste inchangé par rapport à 2014 », évoque l’étude.
La banque mondiale et l’Unicef estime également que l’Asie du Sud et l’Asie de l’Est et Pacifique ont enregistré d’importantes réductions du taux de pauvreté infantile au cours de la période 2014-2024. En Asie du Sud, l’extrême pauvreté a été réduite de plus de moitié au cours de la dernière décennie, avec l’Inde enregistrant la plus forte réduction du nombre d’enfants extrêmement pauvres dans la région.
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La priorité aux régions vulnérables
En revanche, l’extrême pauvreté infantile dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord aurait augmenté au cours de la même période. On estime que le taux d’extrême pauvreté infantile aurait presque doublé entre 2014 et 2024, passant de 7,2 % à 13,3 %.
« Mettre fin à la pauvreté des enfants est un choix de politique publique. Nous devons agir de toute urgence pour garantir à tous les enfants le même accès aux services essentiels, notamment à l’éducation, la nutrition, aux soins médicaux et à la protection sociale, afin de bâtir un avenir sans pauvreté », a déclaré George Laryea-Adjei Directeur des programmes, Unicef.
Pour ce dernier, il est essentiel de lutter contre les inégalités structurelles, renforcer la protection sociale et donner la priorité aux régions vulnérables comme l’Afrique subsaharienne pour combattre la pauvreté infantile et garantir à chaque enfant la possibilité de s’épanouir. L’élimination de la pauvreté des enfants nécessite un engagement collectif et durable de la part des parties prenantes mondiales et nationales.
Ghislaine Deudjui














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