Maux de tête, vertiges, fatigue : les pompistes inhalent chaque jour des vapeurs de carburant, sans réelle couverture sociale. Le témoignage de Moïse révèle un métier confronté à des risques sanitaires et à des mesures de prévention insuffisantes.
Sous le soleil, sous la pluie ou en pleine chaleur, les pompistes assurent un service indispensable au fonctionnement des stations-service. Derrière chaque véhicule approvisionné en carburant se trouve pourtant un travailleur exposé, durant de longues heures, aux vapeurs d’essence et de gasoil. Une réalité souvent banalisée, mais qui n’est pas sans conséquence sur la santé de ces professionnels.
Pour Moïse, pompiste depuis plusieurs années, les effets de cette exposition sont bien réels. Au fil des journées passées sur la piste, il dit ressentir différents malaises. « Inhaler les produits d’hydrocarbures toute la journée provoque des maux de tête, des vertiges, de la fatigue et d’autres symptômes. C’est pour cela qu’il est conseillé aux pompistes de boire régulièrement de l’eau pendant le service et de bien s’alimenter afin de mieux tenir toute la journée », confie-t-il.
Au-delà de ces manifestations immédiates, le pompiste estime que les risques sont plus importants qu’on ne l’imagine. « Les vapeurs de carburant sont nocives pour la santé. Nous sommes exposés en permanence et il existe aussi un risque d’incendie lié à notre environnement de travail », explique-t-il. Pour lui, cette double exposition, sanitaire et sécuritaire, devrait davantage retenir l’attention des employeurs comme des pouvoirs publics.
Face à ces risques, des règles de sécurité existent pourtant. Les stations-service disposent de manuels de procédures qui définissent les comportements à adopter afin de limiter les dangers liés à la manipulation des produits pétroliers. Mais sur le terrain, leur application reste souvent incomplète. « Les mesures de protection sont bel et bien mentionnées dans le manuel des procédures. Cependant, les mesures d’accompagnement ne suivent pas toujours », regrette Moïse. Un constat qui soulève la question de la disponibilité des équipements de protection, de la
sensibilisation du personnel et du suivi médical des employés.
L’autre préoccupation majeure demeure l’accès aux soins. Selon Moïse, les pompistes restent les grands oubliés de la protection sociale. « Le pompiste est le dernier de la chaîne dans une station-service. L’assurance maladie ne le concerne pratiquement pas. En cas de maladie ou d’accident, il est souvent laissé à lui-même. Et lorsqu’il n’est plus utile, il est remplacé par un nouveau pompiste », déplore-t-il.
Ce témoignage met en évidence les défis auxquels sont confrontés de nombreux pompistes. Si les procédures de sécurité constituent un premier rempart contre les risques professionnels, elles doivent être accompagnées d’une véritable politique de prévention, d’un suivi médical régulier et d’une couverture sociale adaptée. Car protéger la santé des pompistes, c’est aussi reconnaître la valeur de leur métier et leur garantir des conditions de travail plus sûres, plus dignes et respectueuses de leurs droits.
Lutricia Atol















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