C’est la lourde alerte lancée par le Gouverneur de la région du Sud, Félix Nguélé Nguélé, alors que le territoire vit l’un de ses plus grands rassemblements sportifs et festifs de l’année.
Une épidémie de Mpox frappe la Région du Sud. C’est la lourde alerte lancée par le Gouverneur, Félix Nguélé Nguélé, alors que le territoire s’apprête à vivre l’un de ses plus grands rassemblements sportifs et festifs de l’année. Depuis le 1er juillet 2026, cette zoonose virale autrefois cantonnée aux zones forestières reculées d’Afrique centrale s’est invitée au cœur de trois districts de santé clés de la région, à savoir Kribi, Nieté et Ebolowa. Le bilan dressé par les autorités sanitaires fait état de onze cas confirmés en laboratoire, auxquels s’ajoutent soixante-dix-neuf cas contacts directs et pas moins de deux cent quarante-deux contacts indirects placés sous surveillance. Cette percée épidémiologique intervient dans un contexte particulièrement délicat, marqué par l’accueil de la phase finale des Jeux universitaires, prévus du 5 au 9 août 2026, un événement d’envergure nationale qui mobilise des milliers de jeunes et d’athlètes venus de tout le pays.
Historiquement connu sous le nom de variole du singe avant d’être rebaptisé Mpox par l’Organisation mondiale de la santé pour refléter plus fidèlement sa réalité biologique, ce virus à ADN double brin appartient à la famille des Poxviridés et au genre Orthopoxvirus. Isolé pour la première fois en 1958 dans une colonie de singes à Copenhague, il trouve pourtant son véritable réservoir animal au sein de la faune sauvage, notamment chez les rongeurs tels que les écureuils de forêt ou les rats de Gambie. La transmission à l’être humain se produit lors de contacts directs avec des animaux infectés, ou par le biais d’une manipulation de carcasses de gibier. Néanmoins, c’est bien la dynamique interhumaine qui alimente la flambée actuelle. Le virus se propage principalement par contact direct avec les lésions cutanées, les muqueuses de personnes infectées ou par l’intermédiaire de matériaux contaminés comme la literie et les surfaces, la transmission par gouttelettes respiratoires restant également étudiée.
Sur le plan clinique, la maladie se manifeste après une période d’incubation moyenne de douze jours par un syndrome fébrile associant fièvre, frissons, courbatures et céphalées intenses. Vient ensuite la phase éruptive, redoutée pour ses lésions cutanées caractéristiques qui évoluent de petites taches en vésicules, pustules puis croûtes, touchant l’ensemble du corps, y compris la paume des mains et la plante des pieds, le tout s’accompagnant d’un gonflement des ganglions lymphatiques. Si les formes cliniques guérissent généralement spontanément en deux à quatre semaines, le virus peut occasionner des complications sévères, telles que des surinfections cutanées, des septicémies, des encéphalites ou des atteintes cornéennes. Le taux de létalité, historiquement plus marqué en Afrique avec les souches du clade 1, varie fortement selon l’âge et l’état immunitaire des patients, frappant avec le plus de sévérité les jeunes enfants dénutris et les personnes immunodéprimées, notamment celles vivant avec le VIH.
Face à l’urgence de la situation sanitaire dans la Région du Sud et à l’approche de l’effervescence des Jeux universitaires, le Gouverneur appelle à la mobilisation générale et au civisme des populations. La prévention reste la meilleure arme pour briser la chaîne de transmission. Les autorités sanitaires recommandent l’application stricte de mesures d’hygiène fondamentales, au premier rang desquelles figure le lavage systématique des mains à l’eau et au savon. Il est impératif d’éviter tout contact direct avec des personnes présentant des signes évocateurs de la maladie, de proscrire toute manipulation de carcasses d’animaux sauvages, et de veiller à une cuisson rigoureuse de tous les aliments, en particulier la viande de brousse. Le diagnostic de l’infection repose sur une confirmation par PCR en temps réel, un plateau technique que les équipes médicales locales s’attachent à déployer efficacement.
Pour apaiser l’inquiétude grandissante des citoyens, l’administration régionale tient à apporter des garanties fermes quant à la capacité de réaction des structures sanitaires. Les équipes médicales sont pleinement mobilisées sur le terrain pour identifier, isoler et suivre les cas suspects ainsi que leurs contacts. Surtout, le Gouverneur rappelle avec insistance que la prise en charge clinique des patients atteints de Mpox est entièrement gratuite dans l’ensemble des centres de traitement agréés de la région. Dans cette course contre la montre pour circonscrire l’épidémie avant la fin des compétitions universitaires, la vigilance de chaque habitant demeure le rempart le plus sûr pour protéger la santé publique et préserver la quiétude des communautés.














