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Hôpital Régional de Garoua : le service social, une bouée de sauvetage face à la précarité

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L’hôpital régional de Garoua fait face quotidiennement à la précarité qui frappe une partie importante de la population de la région du Nord.  Face à cette situation, le service social ouvert au sein de l’infrastructure hospitalière joue un rôle important, agissant ainsi une bouée de sauvetage pour les patients les plus vulnérables.  Mais malgré son engagement, le service se heurte à des difficultés structurelles qui limitent son action.

Le service social de l’hôpital régional de Garoua a pour mission première d’apporter une assistance sociale aux patients démunis.  Il s’adresse principalement aux indigents, aux patients abandonnés et à ceux se trouvant dans un état de nécessité médicale.  Ces patients, souvent issus des milieux les plus défavorisés, se retrouvent confrontés à des obstacles insurmontables pour accéder aux soins. Ils se résument à l’incapacité à payer les frais médicaux, les examens, les médicaments, voire même l’hébergement.  L’absence de soutien familial aggrave encore leur situation, les laissant livrés à eux-mêmes dans un moment de fragilité extrême. Le fonctionnement du service est basé sur un système de saisine.  Lorsque les médecins ou les infirmiers identifient un patient incapable de financer son traitement, ils saisissent le service social.  Une enquête sociale est alors menée. Les travailleurs sociaux se déplacent sur le terrain, s’investissant dans des enquêtes minutieuses auprès de la famille du patient, des voisins et des autorités locales pour vérifier la situation socio-économique du patient et de son entourage.  Ils s’assurent de la réalité de l’indigence ou de l’abandon.  Après validation de l’enquête, le service social plaide auprès de la Direction de l’hôpital pour une prise en charge partielle ou totale des frais médicaux.  Dans la majorité des cas, la Direction répond favorablement à ces demandes, témoignant ainsi de sa sensibilité et de son engagement envers la population.

Une forte sollicitation et des ressources limitées

L’efficacité du service social de l’hôpital régional de Garoua est indéniable. Cependant, la demande est considérablement importante.  Les services les plus sollicités sont ceux de la médecine générale, de la chirurgie A et B, et des soins intensifs, reflétant la gravité des cas rencontrés.  Le service social intervient également dans des situations d’urgence, offrant une aide immédiate pour des examens vitaux ou des traitements urgents.  Cette forte sollicitation a un impact direct sur le budget alloué à la prise en charge des patients, souvent insuffisant face à l’ampleur des besoins.  Les ressources financières limitées contraignent le service à faire des choix difficiles, à prioriser les cas les plus urgents.

Des défis à relever pour un meilleur accompagnement

Le service social de l’hôpital régional de Garoua est confronté à plusieurs difficultés.  L’absence d’un site de loisirs pour les patients hospitalisés est un manque criant.  Un tel espace permettrait aux patients, notamment les enfants et les personnes âgées, de s’évader un instant de la dure réalité de l’hôpital, contribuant à leur bien-être physique et moral.  La pénurie de médicaments, directement liée aux problèmes financiers, est une autre difficulté majeure.  Le service social, malgré ses efforts, est incapable de garantir un accès régulier et complet aux médicaments nécessaires pour tous les patients en situation de précarité.  Ce manque d’accès aux soins qui dure bientôt 3 ans engendre un allongement de la durée d’hospitalisation et peut même avoir des conséquences fatales. Au-delà de ces contraintes, le service social manque cruellement de personnel formé et de ressources matérielles.  L’augmentation du nombre de travailleurs sociaux, dotés de compétences spécifiques en matière d’évaluation sociale et de négociation avec les partenaires, permettrait d’améliorer la qualité et l’efficacité de l’aide apportée aux patient.

Le service social auprès de l’hôpital régional de Garoua joue un rôle vital pour la population de la région Nord.  Il assure une fonction sociale essentielle, permettant aux patients les plus vulnérables d’accéder aux soins médicaux.  Cependant, face à la gravité de la situation et l’ampleur des besoins, un soutien accru de la part des autorités, des organisations non gouvernementales et de la société civile est indispensable.  Des actions concrètes, telles que l’augmentation des budgets alloués au service social, la construction d’un site de loisirs pour les patients, et la formation de nouveaux travailleurs sociaux, sont nécessaires pour améliorer les conditions de prise en charge des patients les plus vulnérables.  Le destin de ces patients, souvent oubliés dans le système de santé, dépend directement de la solidarité nationale.

Marcus DARE

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Réaction

« Le malade doit acheter tous ses médicaments et c’est le gros problème que nous avons ici. »

Mme Habsatou Haïyali, Cheffe service de l’action social auprès de l’Hôpital régional de Garoua.

Nous prenons en charge les malades indigents, nécessiteux et les malades abandonnés. Pour les malades indigents, la plupart sont internés dans les services et souvent ce sont les médecins et les infirmiers qui nous envoient les malades et nous descendons pour constater s’ils sont vraiment indigents ou pas. Nous menons souvent l’enquête sociale. Ensuite, nous faisons le plaidoyer auprès de la Direction de l’hôpital pour la prise en charge du malade. Je le disais aussi que nous prenons en charge les malades abandonnés que les sapeurs-pompiers amènent et laissent dans les services, cela concerne aussi les nourrissons abandonnés. Les services les plus sollicités comprennent la médecine générale, la chirurgie A et B, les soins intensifs, la maternité et plus incroyable que cela puisse paraître même les patients du standing. Pour ce dernier cas, vous avez par exemple un patient qui a prévu passer 5 jours au standing et les soins ont pris plus de 5 jours et du coup, il sollicite le service social. La majorité des cas, ce sont les services de l’hôpital qui nous appellent pour des malades qui ont fait 4,5,6 jours sans avoir pris de médicaments ou encore sans avoir fait ses examens. Le Directeur de l’hôpital nous confie que les prises en charge sont énormes à travers le service social et cela impacte sur le budget et surtout que le service social ouvert est le seul dans toute la région du Nord. Le service social n’a pas de budget, les dépenses sont couvertes par l’hôpital régional de Garoua. Notre principale mission est la prise en charge des personnes indigentes, la liaison entre la famille et la personne indigente et le site de loisirs pour les malades et actuellement, on en dispose pas. Nous avons des difficultés financières. Par exemple ici, on prenait en charge tout ce qui est médicament mais maintenant ce n’est plus le cas. Il n’y a plus cette ligne. Le malade doit acheter tous ses médicaments et c’est le gros problème que nous avons ici. Les collectivités locales, la société civile et autres groupements venaient avec des appuis financiers qui permettaient d’acheter les médicaments mais depuis plusieurs années, nous n’avons rien.

Propos recueillis par Marcus Dare

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📰 Dernière parution : Echos santé n°1388 du vendredi 17 avril 2026

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