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Clap de fin des journées portes ouvertes à l’hôpital de district de Biyemassi : Plus de 1 200 personnes dépistées contre les hépatites B et C

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Lancées le 27 juillet 2026, les journées portes ouvertes consacrées au dépistage des hépatites virales B et C et aux consultations en gastro-entérologie ont pris fin le 31 juillet à l’Hôpital de district de Biyemassi. Au total, 1 214 personnes ont été dépistées et 296 ont bénéficié d’une consultation, bien au-delà des prévisions initiales de l’établissement.

À l’Hôpital de district de Biyemassi, les journées portes ouvertes consacrées aux hépatites virales B et C se sont achevées sur une forte mobilisation. Pendant cinq jours, les populations ont afflué vers la formation sanitaire pour connaître leur statut sérologique, bénéficier de conseils médicaux et, pour certains patients, consulter un spécialiste en gastro-entérologie. Une mobilisation qui a largement dépassé les prévisions établies au départ par l’établissement.

L’hôpital avait initialement prévu de dépister environ 500 personnes et de recevoir entre 100 et 150 patients dans le cadre des consultations gratuites. Au terme de la campagne, ces objectifs ont été largement dépassés. Au total, 1 214 personnes ont effectué un dépistage des hépatites B et C, tandis que 296 ont été reçues en consultation. Pour le Dr Minyem Fils Emmanuel, directeur de l’Hôpital de district de Biyemassi, cet engouement constitue un signal important. Il traduit, selon lui, le besoin des populations d’accéder à ce type d’initiative et de disposer d’informations sur leur état de santé.

Des résultats qui appellent à renforcer le dépistage

Parmi les personnes dépistées, 86 ont obtenu un résultat positif à l’hépatite B, soit 7,05 %. Pour l’hépatite C, 46 personnes ont été testées positives, correspondant à 3,77 % des personnes dépistées. Ces données, obtenues dans le cadre de cette campagne, ne sauraient être assimilées à une étude de prévalence représentative de

l’ensemble de la population. Elles constituent toutefois un indicateur qui appelle à renforcer le dépistage et la sensibilisation.

Pour le Dr Ombolo Fernand, hépato-gastro-entérologue à l’Hôpital de district de Biyemassi, l’intérêt de la campagne réside également dans sa capacité à toucher les communautés. Chaque personne reçue au cours de ces journées peut à son tour transmettre les informations acquises à sa famille et à son entourage. Une dynamique qui permettrait d’élargir progressivement la sensibilisation au-delà des murs de l’hôpital.

Des consultations au-delà des hépatites

La campagne n’a pas uniquement porté sur le dépistage. Les personnes reçues ont également été mises en contact avec les professionnels de santé afin de faire part de leurs préoccupations. Les consultations ont notamment permis de retrouver plusieurs cas de douleurs épigastriques, de maladies hémorroïdaires et de troubles fonctionnels.

Des situations plus complexes ont également été prises en charge. Certains patients ont dû être hospitalisés, tandis que d’autres ont été orientés vers des formations sanitaires de référence, faute de places disponibles ou en raison de la nécessité d’une prise en charge plus spécialisée.

Un suivi prévu pour les personnes positives

Pour les personnes testées positives aux hépatites B ou C, le parcours de soins se poursuit au-delà de la campagne. Elles sont rappelées afin de bénéficier d’une consultation approfondie avec un hépato-gastro-entérologue. Après cette évaluation, les patients éligibles au traitement sont orientés vers les centres de traitement agréés.

L’hôpital encourage également les personnes positives à faire dépister leur entourage afin de favoriser la détection précoce d’éventuels autres cas.

Du côté des personnes testées négatives, l’accent est mis sur la prévention, notamment contre l’hépatite B. L’établissement envisage ainsi de saisir sa hiérarchie pour plaider en faveur d’un accès à la vaccination à coût réduit, voire gratuitement, pour les personnes dépistées dans le cadre de cette campagne.

Une affluence qui met les équipes à l’épreuve

Une telle mobilisation n’a cependant pas été sans difficultés. Avec une moyenne de plus de 200 personnes accueillies chaque jour, les équipes ont dû faire face à un flux bien supérieur aux prévisions. Le laboratoire, notamment, devait assurer

simultanément les dépistages et ses activités habituelles au profit des autres patients de l’hôpital.

Des renforts en personnel ont donc été mobilisés et l’établissement a dû procéder à un réapprovisionnement en tests pour répondre à la demande.

Pour le Dr Ombolo Fernand, la difficulté était également humaine. Recevoir plusieurs centaines de personnes chaque jour pendant cinq jours a exigé des équipes de rester disponibles, courtoises et attentives malgré la fatigue physique et morale. Sur le plan logistique toutefois, les dispositions prises en amont ont permis de maintenir le fonctionnement de la campagne.

Une mobilisation appelée à se poursuivre

Cette forte participation vient conforter la volonté de l’Hôpital de district de Biyemassi de poursuivre ses actions de sensibilisation et de dépistage. Une campagne de cette ampleur ne pouvant être organisée plusieurs fois par an en raison des moyens nécessaires, l’établissement envisage de maintenir des actions sectorielles et de consacrer, lors de prochaines journées portes ouvertes, des moyens importants à d’autres spécialités médicales.

À travers cette initiative, l’Hôpital de district de Biyemassi entend ainsi contribuer aux efforts nationaux de lutte contre les hépatites virales. Pour les professionnels de santé, l’enjeu reste de favoriser le dépistage précoce, de vacciner les personnes qui peuvent l’être et d’assurer l’accès au traitement pour les patients qui en ont besoin.

Car derrière les chiffres de cette campagne, c’est surtout la nécessité de permettre à chacun de connaître son statut et d’agir à temps qui se dessine.

Interview : « Au regard de notre échantillon, les chiffres du dépistage restent élevés et doivent nous interpeller sur la nécessité d’intensifier la sensibilisation et le dépistage. »

Dr Minyem Fils Emmanuel, Directeur de l’Hôpital de District de Biyemassi

Quel bilan faites-vous au terme de cette campagne de dépistage des hépatites virales B et C et des journées portes ouvertes en gastro-entérologie ?

La campagne de dépistage des hépatites virales B et C, couplée aux journées portes ouvertes de consultations en gastro-entérologie, s’est tenue du 27 au 31 juillet à l’Hôpital de District de Biyemassi. Le bilan est très satisfaisant, puisque nous avons largement dépassé les objectifs que nous nous étions fixés.

Nous avions prévu de dépister environ 500 personnes pour les hépatites B et C et de recevoir entre 100 et 150 personnes pour les consultations gratuites. Au final, 1 214 personnes ont été dépistées pour les hépatites B et C et 296 personnes ont bénéficié d’une consultation en gastro-entérologie.

Cet engouement nous a agréablement surpris. Il montre surtout que les populations ont besoin de ce type d’initiative et qu’elles sont disposées à connaître leur statut lorsqu’on leur facilite l’accès au dépistage et aux soins.

Quels résultats avez-vous obtenus concernant les personnes dépistées positives ?

Pour l’hépatite B, 86 personnes ont été testées positives, soit environ 7,05 % des

personnes dépistées. Pour l’hépatite C, 46 personnes ont été testées positives, soit environ 3,77 %.

Ces chiffres doivent toutefois être interprétés avec prudence, car il ne s’agit pas d’une étude de prévalence représentative de l’ensemble de la population. Ils constituent néanmoins un signal important qui doit nous interpeller sur la nécessité d’intensifier le dépistage et la sensibilisation.

Que se passe-t-il maintenant pour les personnes testées positives ?

Toutes les personnes testées positives sont rappelées pour une consultation approfondie avec un hépato-gastroentérologue. À l’issue de cette évaluation, celles qui sont éligibles au traitement sont orientées vers les centres de traitement agréés afin qu’elles puissent bénéficier d’une prise en charge adaptée.

Les coûts actuels de traitement sont relativement accessibles par rapport à ce qu’ils étaient auparavant. Nous encourageons également les personnes positives à faire dépister leur entourage afin d’identifier d’éventuels autres cas et de prévenir la transmission.

Quelles ont été les principales difficultés rencontrées pendant la campagne ?

La principale difficulté a été liée à l’affluence. Nous avions prévu en moyenne une centaine de personnes par jour, alors que nous avons reçu environ 220 patients par jour. La gestion des flux était donc un véritable défi. Nous avons dû renforcer les effectifs pour éviter que les patients n’attendent trop longtemps et maintenir un circuit fluide.

Nous avons également dû gérer le fonctionnement habituel du laboratoire, qui devait continuer à prendre en charge les autres patients de l’hôpital tout en assurant les tests de dépistage des hépatites. Nous avons donc fait appel à du personnel qui était au repos pour venir renforcer les équipes.

Une autre difficulté concernait les personnes qui ne revenaient pas récupérer leurs résultats après le dépistage. Certains patients terminaient leur test et devaient revenir dans la soirée ou le lendemain, mais ne le faisaient pas. Or, certains résultats étaient positifs et nécessitaient une prise en charge. Nous avons donc dû les contacter pour qu’ils reviennent récupérer leurs résultats et soient orientés pour la suite.

Vous aviez prévu de dépister 500 personnes, mais vous en avez finalement dépisté plus de 1 200. Comment avez-vous géré cette situation ?

Nous avons dû nous réapprovisionner en tests dans l’urgence, et ces coûts supplémentaires ont été supportés par l’hôpital. Nous avons néanmoins fait le choix

de poursuivre la campagne et de tester toutes les personnes qui se présentaient, parce que nous sommes dans une démarche de santé publique.

Nous ne voulions surtout pas interrompre la campagne alors que la population avait répondu massivement à notre appel. Cette expérience nous montre toutefois qu’à l’avenir, ce type d’initiative devra être mieux dimensionné en fonction de la demande potentielle.

Et pour les personnes dont le test est négatif, quelle est la suite ?

Nous encourageons les personnes testées négatives à se rapprocher des centres de vaccination agréés pour bénéficier de la vaccination contre l’hépatite B. Le vaccin administré dans les hôpitaux dans le cadre du Programme élargi de vaccination cible actuellement certaines catégories de personnes. Les personnes dépistées dans le cadre de cette campagne étant pour la plupart hors de cette cible, nous les orientons notamment vers les centres de vaccination habilités.

Nous envisageons également de faire un plaidoyer auprès de notre hiérarchie afin que ces personnes puissent bénéficier de la vaccination à coût réduit, voire gratuitement. C’est une démarche que nous souhaitons engager rapidement.

Avez-vous déjà organisé ce type de campagne auparavant ?

L’Hôpital de District de Biyemassi organise régulièrement des campagnes, notamment à l’occasion des Journées mondiales de santé. Mais cette année, nous avons particulièrement amélioré notre communication et notre préparation. L’hôpital était également mieux préparé à accueillir un nombre important de personnes.

Cela explique en partie pourquoi la campagne de 2026 a connu un tel succès, bien au-delà de nos prévisions.

Envisagez-vous de renouveler une campagne de cette ampleur ?

Une campagne de cette dimension représente un coût important. Il ne s’agit pas uniquement des tests, mais également des consommables de laboratoire, des prélèvements, du personnel, de la communication et de toute la logistique nécessaire.

Il serait donc difficile d’organiser deux campagnes de cette ampleur chaque année. En revanche, nous allons continuer à organiser des campagnes sectorielles. Pour les prochaines journées portes ouvertes, nous pourrions choisir une autre spécialité et mobiliser des moyens similaires, voire supérieurs, afin de répondre aux besoins de la population.

Quel message souhaitez-vous adresser aux populations ?

Le premier message est simple : il faut venir se faire dépister. On ne le dira jamais assez : les hépatites virales évoluent souvent silencieusement. Les premiers signes peuvent être discrets et facilement attribués à d’autres maladies. Pendant ce temps, la maladie peut continuer à évoluer et endommager progressivement le foie.

Lorsque les symptômes deviennent importants et que la maladie est découverte tardivement, les possibilités de récupération peuvent être limitées et la prise en charge devient beaucoup plus coûteuse. Il faut alors traiter non seulement l’hépatite, mais également les complications et les atteintes d’autres organes.

Le dépistage précoce permet donc de connaître son statut, d’être pris en charge rapidement lorsqu’on est positif et, lorsqu’on est négatif, de prendre les mesures de prévention nécessaires, notamment la vaccination contre l’hépatite B.

Quel plaidoyer souhaitez-vous adresser au Ministère de la Santé Publique ?

Au regard de l’engouement observé et des résultats obtenus, nous pensons qu’il serait important de multiplier les campagnes de dépistage de masse. Les chiffres obtenus pendant cette campagne montrent qu’il existe un réel besoin au sein de la population.

Il faut permettre aux populations de connaître leur statut, vacciner les personnes qui sont négatives et assurer la prise en charge de celles qui sont positives. C’est ainsi que nous pourrons véritablement progresser dans la lutte contre les hépatites virales

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Zanga Ornéla, journaliste dans le groupe Echos Santé, Licence professionnelle en sciences et techniques de l’information et de la communication à l’ESSTIC. Écris et parle parfaitement le français et l’anglais.

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