Dans une démarche scientifique rigoureuse, le Dr. Nnamdi DUM-BUO, chercheur socio-anthropologue à l’UNICEF et au Centre de Recherche sur les Maladies Infectieuses, a soumis ses travaux sur la gestion de la COVID-19 au Cameroun à un panel d’experts. Cette analyse approfondie a mis en lumière les lacunes de la transition vaccinale Post-Pandémique et souligné l’impératif de réformer les politiques de santé, insistant particulièrement sur la clarté des directives et l’engagement essentiel des populations pour une couverture vaccinale efficace. Cet événement d’envergure a rassemblé un impressionnant panel de parties prenantes, incluant les enseignants chercheurs, des experts du Centre Pasteur du Cameroun, des représentants du Programme Élargi de Vaccination (PEV) et des figures influentes de la société civile.
Dans une démarche d’humilité scientifique et de recul épistémologique, le Dr. Nnamdi DUM-BUO, chercheur socio-anthropologue, consultant à l’UNICEF et membre du Centre de Recherche sur les Maladies Infectieuses, a présenté les résultats de ses travaux. Cet exercice, comparable à un jury de soutenance, s’est déroulé devant un panel d’éminents chercheurs et experts, parmi lesquels le Professeur Emilienne EPPEE et le Dr. Simo du Centre Pasteur du Cameroun. Cette session d’analyse et de critique constructive a permis au Dr. DUM-BUO d’affiner son travail et de recueillir de précieuses recommandations pour intégrer les insuffisances et garantir une robustesse accrue à ses conclusions.
Dès sa prise de parole, le Dr. Nnamdi DUM-BUO a méticuleusement dévoilé un “panorama exhaustif” de la dynamique complexe de la vaccination anti-COVID-19 au Cameroun après le pic de la pandémie. « Aujourd’hui, c’est un événement de partage des données, une étude qu’on a menée avec l’UNICEF… », a-t-il précisé, soulignant la portée internationale de cette recherche menée entre juin et décembre 2024.
L’étude a mis en lumière une transition significative des politiques : « Quand, en phase pandémique, il y avait le plan de déploiement du vaccin COVID-19… mais en phase post-pandémique, la politique a changé… on a quitté du plan de déploiement du vaccin à un plan d’intégration ». Cependant, malgré cette évolution, les cibles prioritaires sont restées identiques (personnel de santé, personnes âgées de 50 ans et plus, personnes avec comorbidités), bien que la vaccination ait été étendue aux individus de six ans et plus.
Le Dr. DUM-BUO n’a pas éludé les lacunes persistantes. Il a rapporté une « faible perception par rapport au vaccin, une faible adhésion au vaccin », ainsi que des “réticences constantes.” Un défi majeur identifié fut le manque de stock de vaccins. « Pendant la période de l’étude, il n’y avait pas de vaccin… quand les personnes se présentaient dans les formations sanitaires, il n’y avait pas de vaccin. Donc, du coup, c’était un challenge ».
Vers des politiques claires et une communication efficace
Le débat qui a suivi la présentation a permis un examen rigoureux des résultats. Les participants ont concentré leur attention sur la méthodologie d’échantillonnage et les comptes rendus verbatim, qui ont « offert des aperçus critiques sur les expériences vécues et les perceptions ».
Une préoccupation majeure a émergé : le manque d’interventions communautaires dans le cadre de l’étude. Un consensus s’est dégagé sur la nécessité d’intégrer davantage les perspectives des communautés dans les recherches futures pour « saisir pleinement l’impact sociétal des politiques vaccinales ». De plus, l’adéquation de la communication entourant la vaccination a été fortement questionnée, de nombreux acteurs s’accordant à dire que les stratégies actuelles étaient « souvent inadéquates ou mal diffusées, entravant ainsi une adoption optimale du vaccin et la compréhension du public ».
Ces observations ont mené à une série de recommandations constructives. Pour le Dr. Nnamdi DUM-BUO, il est impératif de « renforcer la communication afin de toucher toutes les personnes et les amener à reconstruire et bâtir la confiance au service de santé, au gouvernement et aussi dans le vaccin. Le vaccin ne vient pas pour tuer, ça vient pour protéger ».
Sur le plan politique, l’étude insiste sur la clarté des politiques. « Il faudrait qu’on finalise les politiques. Les politiques doivent être claires, compréhensives, comme ça, ceux qui sont au niveau opérationnel peuvent s’approprier de cette politique et les implémenter. » L’intégration de la vaccination anti-COVID-19 dans les services de routine doit être maintenue, ce qui implique de “mettre en place des procédures, de mettre en place des systèmes qui sont capables de traquer des cas de COVID présentement et aussi de renforcer la chaîne d’approvisionnement.” Enfin, le renforcement des capacités du personnel de santé est crucial pour généraliser les compétences acquises durant la pandémie.
L’engagement communautaire : le cœur de la réussite sanitaire
Bien que l’étude se soit concentrée sur l’analyse politique, elle souligne l’importance capitale de l’engagement communautaire. « Tout succès concernant le vaccin commence par l’engagement communautaire et par la confiance des populations », a affirmé le Dr. Nnamdi DUM-BUO. Cet engagement, qui diffère de la simple participation passive, est un « processus actif qui commence dès le début », c’est-à-dire dès la conception des plans d’intervention. Il implique l’invitation et la sollicitation des avis des membres de la communauté et des parties prenantes. « Quand tout le monde donne sa contribution, ça fait en sorte que les gens puissent s’imprégner de cette intervention. Ils peuvent prendre ça comme si c’était leur propre projet ».
Cependant, un véritable engagement communautaire a un coût. « Mobiliser les gens, les rassembler, leur poser des questions, ça demande beaucoup de fonds. Mais tout cela doit être budgétisé », a conclu le Dr. DUM-BUO, soulignant que cet investissement est la « clé de toute intervention concernant les vaccins. »
En somme, cette réunion de dissémination a été une plateforme dynamique de « réflexion critique et de stratégie collaborative ». Les discussions et les recommandations qui en ont découlé reflètent « l’approche proactive du Cameroun pour tirer les leçons de l’expérience de la pandémie ». En analysant les politiques passées, le Cameroun vise à fortifier son infrastructure de santé publique et à améliorer sa préparation aux futures crises sanitaires, garantissant des politiques de santé plus « équitables, efficaces et centrées sur la communauté ». L’esprit de collaboration démontré par toutes les parties impliquées augure d’une trajectoire prometteuse pour le discours et l’action en santé publique dans le pays.
Elvis Serge NSAA














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