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Garoua : La coiffure à vil prix au péril de la santé

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Les salons de coiffure se multiplient à un rythme accéléré. Si cette activité constitue une source de revenus pour de nombreux jeunes, l’absence de contrôle sur les règles d’hygiène, notamment la stérilisation du matériel, fait peser des risques réels sur la santé des clients.

Dans la ville de Garoua, il suffit de parcourir quelques rues pour constater l’essor spectaculaire des salons de coiffure. Des quartiers populaires aux grandes artères, ces espaces s’ouvrent presque à chaque coin de rue. Cette activité, devenue une véritable opportunité d’auto-emploi pour de nombreux jeunes, attire une clientèle variée grâce à des tarifs accessibles. Les prix oscillent généralement entre 300 et 1 500 f, selon le confort des lieux et la qualité des prestations proposées.

Derrière cette croissance se cache toutefois une réalité préoccupante. Dans de nombreux salons de coiffure pour hommes, le décor est souvent identique, un grand miroir fixé au mur, une chaise roulante, une tondeuse et quelques accessoires. Si l’installation paraît suffisante pour exercer le métier, les conditions d’hygiène laissent souvent à désirer. Le principal sujet d’inquiétude concerne la désinfection du matériel de coiffure. Dans la majorité des salons visités, la tondeuse passe d’un client à un autre sans être correctement stérilisée. Un simple dépoussiérage ou un coup de chiffon tient parfois lieu de nettoyage. Peu de coiffeurs disposent d’un véritable stérilisateur ou utilisent des produits adaptés pour désinfecter leurs équipements entre deux clients.

Pourtant, les spécialistes rappellent que les tondeuses, lames, rasoirs et autres accessoires peuvent devenir des vecteurs de transmission de certaines infections lorsqu’ils ne sont pas convenablement désinfectés. Les bactéries, les champignons responsables de certaines affections du cuir chevelu et d’autres agents infectieux peuvent être transmis par du matériel contaminé, en particulier lorsque la peau présente de petites lésions, parfois invisibles à l’œil nu.

Malgré ces risques, le prix demeure le premier critère de choix pour de nombreux clients. « Je me coiffe à 300 f chez le coiffeur du quartier. Je vais là-bas parce que le prix est à mon niveau », confie Francis Bara, rencontré dans un salon de la ville. Comme lui, beaucoup privilégient les salons moins chers sans toujours s’interroger sur les conditions d’hygiène. D’autres gardent pourtant un souvenir douloureux d’une mauvaise expérience. « Je me suis coiffé une fois dans un salon, j’ai attrapé une infection. Pour la traiter, il a fallu que je rencontre un médecin. Le retour de mes cheveux à la normale a duré plus d’un an », témoigne Aminou Bachirou.

Contrairement à une idée répandue, il n’est pas toujours nécessaire qu’une coupure survienne pour favoriser une contamination. Un simple contact avec une peau fragilisée ou présentant de minuscules éraflures peut suffire à transmettre certains germes. D’où l’importance d’une désinfection systématique du matériel après chaque utilisation.

Cette situation met également en lumière les limites du dispositif de contrôle. Dans les faits, peu de vérifications sont effectuées sur les pratiques d’hygiène dans les salons de coiffure. Les services compétents interviennent principalement sur la salubrité des locaux et la gestion des déchets. En revanche, les équipements utilisés sur les clients, les méthodes de désinfection ou la disponibilité d’un stérilisateur font rarement l’objet d’inspections régulières. L’absence de normes appliquées de manière effective favorise ainsi le développement de pratiques qui exposent les usagers à des risques évitables. Beaucoup de salons fonctionnent avec un équipement minimal, sans formation spécifique sur les mesures de prévention des infections.

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Marcus DARE

Journaliste Reporter d'Images

Marcus DARE, Journaliste Reporter d'Images, exerçant dans la ville de Garoua dans le Nord Cameroun. Passionné des questions de santé, il mène des recherches et réalise des interview avec les professionnels du secteur afin d'éclairer les populations sur l'éducation à la santé. En plus d'être journaliste, Marcus DARE est juriste.

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