Dans les établissements pénitentiaires de la région du Nord, la menace des hépatites B et C se fait de plus en plus préoccupante. L’absence d’un dispositif de prise en charge clairement établi entraine la vulnérabilité des détenus face à ces maladies.
Les hépatites virales continuent de constituer une importante menace pour la santé publique au Cameroun. Parmi elles, les hépatites B et C sont particulièrement redoutées en raison de leurs conséquences sur l’organisme et de leur capacité à évoluer silencieusement vers des complications graves. Dans la région du Nord, la situation est d’autant plus préoccupante que la prévalence des hépatites serait estimée à environ 18 %. Un taux élevé qui appelle à une réponse urgente et
adaptée, notamment auprès des populations les plus exposées.
Au rang de ces populations vulnérables, les personnes détenues occupent une place particulière. La promiscuité, les conditions de vie difficiles, l’accès limité aux soins et la circulation de certaines pratiques à risque constituent autant de facteurs susceptibles de favoriser la propagation des infections. Dans les prisons de la région du Nord, la menace est bien réelle. Une récente campagne de sensibilisation et de dépistage consacrée au VIH aurait permis de mettre en évidence plusieurs cas de détenus également positifs aux hépatites.
Ces résultats viennent rappeler une réalité souvent peu visible ; derrière les murs des prisons, les maladies infectieuses continuent de progresser, alors que les possibilités de dépistage et de prise en charge demeurent limitées. Pour les personnes détenues, l’accès aux soins dépend largement des moyens disponibles dans les établissements pénitentiaires. Or, dans le cas des hépatites, les dispositifs semblent encore insuffisants.
Le manque d’intrants de dépistage constitue l’un des principaux obstacles à la lutte contre les hépatites en milieu carcéral. Selon des sources, les établissements pénitentiaires ne disposeraient pas toujours des moyens nécessaires pour tester un grand nombre de détenus. Une situation qui réduit considérablement les possibilités d’identifier les personnes infectées et de les orienter vers une prise en charge. Pourtant, le dépistage est la porte voie de la prévention. Les hépatites virales peuvent évoluer pendant plusieurs années sans présenter de symptômes apparents. Une personne infectée peut donc ignorer son statut et continuer à transmettre le virus. En prison, où les détenus vivent dans un environnement de forte proximité, cette absence de diagnostic peut accentuer les risques
Une fois le diagnostic posé, une autre difficulté se présente, celle de la prise en charge. Contrairement au VIH, dont le traitement bénéficie de mécanismes de soutien et d’une prise en charge encadrée, les personnes vivant avec une hépatite ne bénéficient pas d’un dispositif aussi clairement établi dans les prisons.
La situation est également préoccupante en raison des liens entre le VIH et les hépatites virales. Les personnes vivant avec le VIH peuvent être davantage exposées à certaines infections, notamment l’hépatite B et l’hépatite C. À l’inverse, la présence d’une hépatite peut également compliquer la prise en charge d’une personne vivant avec le VIH. Cette réalité plaide en faveur d’une approche intégrée. Dans les prisons, les campagnes de dépistage du VIH devraient idéalement être accompagnées d’un dépistage des hépatites. Une stratégie qui permettrait de toucher simultanément une population à risque et d’éviter que certaines infections ne soient ignorées













