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Malnutrition, déplacements, inondations : Le Cameroun face à une urgence humanitaire complexe

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éAu Cameroun, les crises humanitaires s’enchaînent, frappant de plein fouet les populations les plus vulnérables. Entre malnutrition infantile, déplacements forcés dus aux violences armées et conséquences dramatiques des inondations, les familles peinent à survivre. Mais grâce à l’intervention des partenaires humanitaires, des milliers d’enfants et d’adultes ont pu recevoir une assistance vitale qui change leur quotidien.

Dans les régions du Grand Nord, la malnutrition reste une urgence silencieuse, notamment chez les enfants. En 2024, plus de 85 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère (MAS) ont été pris en charge, avec un taux de guérison impressionnant de 87 %.

Parmi eux, Delyte, un jeune garçon arrivé dans un état critique au Centre de santé de la Cameroon Baptist Convention à Bamenda. Trop faible pour se tenir debout, il a été soigné avec du Plumpy’Nut, un aliment thérapeutique prêt à l’emploi, qui a sauvé sa vie. « Aujourd’hui, il tient debout et je vois beaucoup de changements. Je suis très heureuse », témoigne sa mère, Evodia.

À l’autre bout du pays, dans l’Extrême-Nord, Njemon Gotto, mère célibataire, a vu son enfant s’affaiblir à cause de la faim et de maladies. Soutenue par Première Urgence Internationale, elle a reçu une aide financière, des conseils en nutrition et en hygiène, ainsi qu’un suivi médical pour son enfant. « Après huit jours d’hospitalisation, mon enfant allait beaucoup mieux. »

En plus des enfants, les femmes enceintes et allaitantes bénéficient également d’un accompagnement : plus de 5 800 d’entre elles ont été soutenues en 2024. Ce travail d’intégration de la prise en charge nutritionnelle dans les services de santé est essentiel, en particulier dans les zones touchées par les inondations et les conflits.

Déplacés internes : reconstruire une dignité perdue

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest restent marquées par la crise socio-politique qui dure depuis plusieurs années. Les violences ont contraint des milliers de personnes à fuir leurs foyers, souvent sans ressources, sans abri et sans moyens de subsistance.

C’est le cas de Grace Ebot, autrefois employée dans une plantation, qui a vu sa vie basculer lorsqu’elle a été attaquée et gravement blessée. Réfugiée à Buea, sans emploi, elle a pu bénéficier d’une formation et d’un appui financier pour lancer son activité artisanale. Aujourd’hui, elle fabrique du savon, des détergents et de l’huile de coco, ce qui lui permet de subvenir aux besoins de ses enfants.

Même espoir retrouvé pour Kusumi Umi, veuve et mère de six enfants, qui a pu lancer une petite activité commerciale grâce au soutien humanitaire. Ces histoires montrent l’impact positif des interventions : redonner autonomie et dignité aux personnes déplacées.

Mais les besoins restent énormes. Plus de 334 000 personnes restent déplacées et près d’un demi-million sont rentrées dans des communautés qui peinent à faire face à la pression croissante sur les services de base.

Inondations dans l’Extrême-Nord : une crise dans la crise

Dans l’Extrême-Nord, les inondations de 2024 ont touché plus de 450 000 personnes, aggravant une situation déjà fragile marquée par les conflits et le changement climatique. Les habitations, les écoles, les centres de santé et les cultures ont été submergés.

Tisime Jack, père de famille, a tout perdu lorsque les eaux ont envahi sa maison. Réinstallé dans un site pour déplacés internes grâce à l’aide humanitaire, il a pu recevoir de la nourriture, des couvertures et un abri provisoire. « Nous avons reçu l’aide nécessaire. Mes enfants sont à l’école et nous mangeons à notre faim », confie-t-il.

Depuis mars 2025, certaines familles commencent à retourner chez elles, mais beaucoup restent sans solution, piégées entre la nécessité de rentrer et les risques de nouvelles inondations.

Un besoin urgent de financement et de solutions durables

Face à ces multiples crises — nutritionnelles, humanitaires et climatiques —, l’action des partenaires humanitaires a été essentielle pour sauver des vies et redonner espoir. Toutefois, le manque de financements freine considérablement l’ampleur de la réponse. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour renforcer la résilience des communautés, améliorer les conditions de vie des personnes déplacées et prévenir les impacts futurs des catastrophes.

Les témoignages d’Evodia, Njemon, Grace, Kusumi et Tisime illustrent avec force que des interventions ciblées et rapides peuvent transformer des vies, même dans les situations les plus critiques. Une solidarité accrue est indispensable pour ne laisser personne de côté.

Mireille Siapje

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📰 Dernière parution : Echos santé n°1388 du vendredi 17 avril 2026

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