Avec 14,6 millions d’enfants, soit 49 % de sa population, le Cameroun fait face à une urgence silencieuse. À l’occasion de la Journée de l’Enfant africain, l’UNICEF dresse un état des lieux aussi instructif qu’inquiétant.
Avec plus de 14,6 millions d’enfants représentant presque la moitié de la population du pays, dont 17% ont moins de 5 ans, le Cameroun investit dans le bien-être de sa jeunesse. Les efforts déployés par le gouvernement, les autorités nationales et locales portent leurs fruits. La mortalité maternelle a chuté de 50%, un véritable exploit qui témoigne de l’engagement en faveur de la santé des mères et des enfants.
Les initiatives telles que la mobilisation pour l’enregistrement des naissances et le rattrapage des élèves du primaire sont des pas significatifs vers un avenir meilleur. Le récent Forum national sur la santé communautaire a également mis en lumière l’importance des agents de santé communautaires (ASCP) dans l’amélioration des soins de santé.
Cependant, alors que des efforts de vaccination se poursuivent pour compenser les retards causés par la pandémie de COVID-19, notamment avec l’introduction d’un vaccin contre le paludisme, l’UNICEF tire la sonnette d’alarme. Les investissements dans l’éducation, bien que croissants, restent encore insuffisants. Un soutien accru est impératif, surtout dans les zones de crise comme l’Extrême Nord et les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Sans quoi, c’est l’avenir du Cameroun qui vacille.
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Le rapport souligne également l’urgence d’agir pour les 1 000 premiers jours de vie, période déterminante où les enfants affrontent des défis de survie majeurs. En 2025, l’UNICEF prévoit d’apporter une aide humanitaire à plus d’un million d’enfants, mais 9 régions sur 10 nécessitent un investissement soutenu pour garantir un avenir sain et prometteur à la jeunesse camerounaise.
Malgré les avancées, le chemin reste semé d’embûches. Les Objectifs de Développement Durable (ODD) semblent encore hors de portée pour 2030 sans un engagement renforcé. Les inégalités territoriales explosent, creusant un fossé entre les enfants des zones urbaines et ceux vivant dans les régions enclavées ou en conflit. Les enfants du Cameroun méritent un avenir radieux, mais cela nécessite une mobilisation collective et des investissements constants.
Dans ce contexte, l’UNICEF appelle le gouvernement, les partenaires internationaux, la société civile et le secteur privé à passer à la vitesse supérieure. L’organisation plaide pour : des budgets plus robustes pour la santé infantile ; une priorité à la très petite enfance dans les politiques publiques ; une solidarité nationale et internationale, en particulier en cette période où l’ONU a réduit drastiquement son aide humanitaire (de 44 à 29 milliards de dollars).
Mireille Siapje














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