Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • A LA UNE
  • Vaccination infantile : À Eyumojock, la santé des enfants entravée par l’insécurité et l’isolement
A LA UNE

Vaccination infantile : À Eyumojock, la santé des enfants entravée par l’insécurité et l’isolement

Email : 292

Dans le district de santé d’Eyumojock, situé dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, des milliers d’enfants n’ont encore reçu aucune dose de vaccin. Selon des informations publiées sur le site de Gavi, l’Alliance du Vaccin, cette zone difficile d’accès cumule obstacles logistiques et insécurité persistante, compromettant gravement la couverture vaccinale.

Dans la région escarpée et enclavée d’Eyumojock, au sud-ouest du Cameroun, vacciner les enfants est un défi quotidien. Ce district de santé figure parmi ceux qui enregistrent le plus grand nombre d’enfants « zéro dose », c’est-à-dire n’ayant reçu aucun vaccin, selon Gavi, l’Alliance du Vaccin.

« Ce district de santé compte l’un des plus grands nombres d’enfants zéro dose du pays », confirme Ghangha Jamin Ghangha, expert en santé publique auprès de l’ONG Rural Doctors, engagée dans les zones reculées du pays. Depuis plusieurs années, il collabore avec le district pour inverser cette tendance, malgré de nombreux défis.

Le relief accidenté — entre collines, rivières et routes impraticables en saison des pluies — freine la distribution des vaccins. « Améliorer les infrastructures est indispensable pour faire progresser la couverture vaccinale », insiste Ghangha.

La crise sociopolitique dans les régions anglophones, débutée en 2016, aggrave la situation. Le district d’Eyumojock est classé « zone rouge » par les autorités sécuritaires depuis huit ans. Fusillades, villes mortes, couvre-feux et déplacements massifs perturbent les campagnes de vaccination. En 2024, sur un objectif de 1 358 enfants à vacciner, seuls 415 ont reçu les doses nécessaires.

À cela s’ajoute une hésitation vaccinale alimentée par une désinformation croissante, notamment depuis la pandémie de COVID-19. La méfiance envers les services publics, nourrie par le conflit, reste forte.

« Beaucoup de mères manquent les rendez-vous de vaccination à cause de l’insécurité. Et une fois que la situation s’apaise, elles ne reviennent pas toujours », déplore Ghangha.

Dans la zone d’Ekok, à la frontière avec le Nigeria, la cheffe du centre de santé, Odette Manyi Tabot, évoque les difficultés liées à la mobilité des populations : « Les familles traversent souvent la frontière, rendant le suivi vaccinal très complexe. Les mauvaises routes et les risques sécuritaires découragent aussi les déplacements vers les centres de santé. »

 A lire aussi: Couverture Santé Universelle phase1 : Plus de 3,9 millions d’enrôlés, bilan salué par le Minsanté à Douala

Le district n’est pas à l’abri d’épidémies. En 2023, une flambée de rougeole a été enregistrée. Le médecin-chef du district, Dr Mokube Nabereya Itoe, craint de nouvelles épidémies de maladies évitables comme la polio ou la fièvre jaune, en raison de la faible couverture vaccinale.

Face à cette situation, les autorités sanitaires locales, en collaboration avec Rural Doctors et des partenaires, ont misé sur l’implication communautaire. « Nous avons organisé des campagnes porte-à-porte, impliqué les leaders locaux, les associations de femmes et les figures religieuses pour sensibiliser et encourager les mères à vacciner leurs enfants », explique Ghangha.

Des efforts qui commencent à porter leurs fruits : « De plus en plus de mères fréquentent les rares unités mère-enfant encore fonctionnelles, un signe encourageant par rapport aux années précédentes », note-t-il.

Selon les projections, la population d’Eyumojock devrait atteindre environ 62 500 habitants en 2025. Pour répondre aux besoins de cette population croissante, l’urgence est à la coordination entre réponse sécuritaire, action humanitaire et développement sanitaire.

Mireille Siapje

 

Comments are closed

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos santé n°1388 du vendredi 17 avril 2026

×