Durant la campagne de dépistage gratuit des hépatites virales B et C, l’Hôpital de district de Biyem-Assi ne se limite pas à identifier les personnes infectées. Des examens complémentaires, un suivi médical et une orientation vers les traitements sont prévus afin d’éviter l’apparition des complications les plus graves.
Derrière les stands de dépistage installés à l’Hôpital de district de Biyem-Assi se dessine un véritable parcours de soins. L’objectif de la campagne ne consiste pas uniquement à informer la population ou à réaliser des tests rapides, mais surtout à identifier précocement les personnes porteuses des virus des hépatites B et C afin de les intégrer rapidement dans un circuit de prise en charge.
Pour le Dr Ombolo Fernand, médecin hépato-gastro-entérologue dans cette formation sanitaire, cette détection précoce est essentielle, les hépatites évoluant souvent de manière silencieuse. « Il est difficile de savoir au début qu’on est infecté ou pas, d’où l’intérêt d’un dépistage précoce pour pouvoir détecter à temps et de façon très rapide l’infection », explique-t-il.
Un parcours organisé après un test positif
À l’issue du dépistage, les personnes déclarées positives ne repartent pas sans accompagnement. Elles sont intégrées au protocole national de prise en charge des hépatites virales. Plusieurs examens biologiques et cliniques sont alors prescrits afin d’évaluer l’état du foie et de déterminer le traitement le plus adapté.
« Les patients sont pris en charge sur le protocole national de prise en charge des hépatites virales B et C », précise le spécialiste. Cette étape permet d’intervenir avant l’apparition de complications telles que la cirrhose ou le cancer du foie, dont la prise en charge est beaucoup plus complexe.
Les personnes dont le résultat est négatif bénéficient également d’un accompagnement. Elles reçoivent des conseils de prévention et sont orientées vers la vaccination contre l’hépatite B, présentée comme le moyen le plus efficace de se protéger contre cette infection.
Des traitements plus accessibles, mais encore des défis
Une fois le diagnostic confirmé, les malades sont orientés vers les centres de traitement agréés mis en place par les autorités sanitaires. Selon le Dr Ombolo Fernand, le traitement de l’hépatite B est aujourd’hui disponible à un coût d’environ 2 000 francs CFA par mois, une évolution qui améliore considérablement l’accès aux soins.
La situation demeure toutefois plus délicate pour les personnes atteintes d’hépatite C. Bien que les coûts aient fortement diminué par rapport aux années précédentes, le traitement reste estimé à près de 100 000 francs CFA par mois, sur une durée de trois à six mois.
Éviter les complications coûteuses
Pour l’équipe médicale, la campagne de dépistage constitue avant tout un moyen d’empêcher les patients d’arriver au stade des complications. Lorsque la maladie est découverte tardivement, la prise en charge devient plus lourde, notamment en raison des atteintes du foie et des autres organes.
« Le principal obstacle, c’est la prise en charge des complications », souligne le Dr Ombolo Fernand. À ce stade, les soins deviennent beaucoup plus coûteux et difficiles à supporter pour les familles.
En multipliant les dépistages et en orientant rapidement les personnes infectées vers les structures de traitement, l’Hôpital de district de Biyem-Assi espère ainsi réduire le poids humain et financier des hépatites virales, tout en renforçant la prévention auprès de la population.
















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