Du 28 au 31 juillet 2026 à Kribi, des volontaires pairs éducateurs et des responsables ont suivi une formation pour préparer la sensibilisation et le dépistage volontaire du VIH, la tuberculose et de l’hépatite B en prélude aux Finales nationales des jeux universitaires (FINAJU) 2026, à Ebolowa.
Alors que les projecteurs étaient braqués sur les performances sportives, un autre combat, plus discret mais tout aussi crucial, s’est préparé dans l’ombre des stades : celui de la santé publique. Dans une salle de Kribi baignée par les embruns marins, une cinquantaine de jeunes volontaires ont troqué leurs baskets contre des carnets de notes, leurs maillots contre des manuels de prévention. Du 28 au 31 juillet 2026, ils ne s’entraînaient pas pour une médaille, mais pour sauver des vies. Ces pairs éducateurs, véritables soldats de la santé communautaire, se sont formés intensivement afin de transformer les Finales Nationales des Jeux Universitaires 2026 en une vitrine de la responsabilité citoyenne face aux grandes endémies qui frappent encore durement le Cameroun.
Pendant quatre jours, ces ambassadeurs de la prévention ont plongé au cœur des connaissances scientifiques et des techniques d’animation. Au programme, une mise à niveau complète sur les infections sexuellement transmissibles, le VIH/Sida, la tuberculose, le paludisme et l’hépatite B, mais également un apprentissage pointu des méthodes de communication pour le changement de comportement. La formation, organisée en prélude à la grande messe du sport universitaire prévue du 5 au 9 août 2026 à l’Université d’Ébolowa, ne s’est pas limitée à un simple transfert de savoirs. Elle a intégré des modules sur le leadership, le volontariat et l’animation de groupes, afin de faire de ces jeunes des acteurs de terrain capables de capter l’attention de leurs pairs. Une attention particulière a également été accordée aux outils numériques de collecte de données, car mesurer l’impact des actions de sensibilisation est désormais indispensable pour ajuster les stratégies et garantir l’efficacité des interventions.
Cette initiative intervient dans un contexte sanitaire national préoccupant. Malgré les progrès indéniables réalisés, le Cameroun reste confronté à un lourd fardeau épidémiologique. Les chiffres officiels de 2025 parlent d’eux-mêmes : 2 943 754 cas de paludisme ont été enregistrés, avec 1 261 décès, dont 909 chez les enfants de moins de cinq ans. La tuberculose, avec une incidence de 132 cas pour 100 000 habitants, continue de sévir silencieusement, tandis que le VIH/Sida maintient une prévalence stable comprise entre 2,6 % et 2,7 % chez les 15-49 ans, générant près de 21 000 nouvelles infections chaque année. La persistance de ces maladies est d’autant plus préoccupante qu’elle est alimentée par des défis structurels majeurs, comme l’insuffisance des financements durables, la stigmatisation qui entoure encore le VIH ou les effets dévastateurs des crises humanitaires sur l’accès aux soins dans certaines régions.
Pour y remédier, des partenariats solides se sont mis en place. Les financements conjugués du Fonds mondial et de l’Initiative Expertise France ont déjà permis des avancées significatives, notamment le déploiement du vaccin antipaludique dans 42 districts de santé, la gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans, le renforcement du dépistage du VIH et l’amélioration du diagnostic de la tuberculose. Mais ces efforts nécessitent d’être relayés sur le terrain par des acteurs proches des populations. C’est précisément le rôle que joueront ces pairs éducateurs à Ébolowa. Face aux 2 000 athlètes venus des 22 établissements d’enseignement supérieur public et privé du pays, ils déploieront leurs compétences nouvellement acquises pour promouvoir le dépistage volontaire, briser les tabous et encourager des comportements responsables, transformant ainsi ces Jeux universitaires en un véritable laboratoire de prévention participative.
















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