C’est le bilan au terme d’une campagne gratuite de dépistage de deux jours organisée par cette formation hospitalière. Un moment bien couru par les populations.
Avec un dispositif d’accueil assez structuré, 695 personnes, des hommes et des femmes. Des jeunes et des moins jeunes ont répondu présents à l’appel pour se faire dépister gratuitement.
Il est à noter que les statistiques fournies par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indiquent que l’Hépatite virale cause environ 1,3 million de décès par an. Soit près de 3 500 décès par jour en moyenne. Et cela est principalement dû aux complications chroniques comme la cirrhose et le cancer du foie. Et « c’est la 2ᵉ maladie la plus meurtrière au monde au même niveau que la tuberculose », nous révèle-t-on.
Près d’un Camerounais sur 10 est porteur du virus B
Dans son classement, l’organisme onusien parle du taux de prévalence Cameroun, qui est alors estimée entre 8 % et 10 % au sein de la population générale. Un peu pour dire que près d’un Camerounais sur 10 est porteur du virus B.
Pour ce qui est de l’Hépatite C, le taux de prévalence moyenne au Cameroun, « oscille entre 1 % et 2 % dans la population générale, mais peut atteindre 5 % à 7 % chez les personnes âgées de plus de 55 ans », selon l’Oms.
Et c’est certainement dans ses rapports alarmants que l’administration de l’Hôpital Général de Douala a choisi d’aller au-delà même de la célébration de la Journée mondiale des hépatites, commémorée le 28 juillet 2026.
Le mal est réel et donc il faut agir. Encore que c’est une maladie silencieuse : « le problème avec les hépatites, c’est que ça ne fait pas de bruit. Les problèmes surviennent 10, 15, 20 ans après. Donc vous faites une hépatite maintenant, supposons que la maman porte le virus, elle transmet le virus à son enfant qui va grandir bien. Il n’y a aucun problème parce que c’est ça le gros problème des hépatites virales, c’est qu’il n’y a pas de manifestation. Tout va bien apparemment. Et à 20 ans comme ça la vie de l’enfant est finie parce qu’on a diagnostiqué un cancer du foie, parce que ce sont des maladies silencieuses qui évoluent dans le temps et sur le long terme », explique longuement le Dr Agnès Malongue, gastroentérologue et par ailleurs chef de l’unité de gastro entérologie.de l’Hôpital Général de Douala
695 patients testés
Au terme donc de la campagne, le vendredi 31 juillet 2026. On a enregistré et testé 695 patients. Pour être plus précis, pour l’Hépatite B.695 personnes ont été testées avec 38 déclarées positives, dont 08 cas connus parmi les patients, 02 sous traitements et 04 non suivis.
Pour l’Hépatite C, 695 personnes testées avec 15 déclarées positives, dont 02 cas connus parmi les patients, mais pas suivis et 04 non suivis.
Vih/Sida, 50 patients testée, 00 cas positif.
Chez les patients, on a noté une certaine satisfaction pour ceux qui ont « passé » leurs examens : « quand je venais ici j’avais bien peur.je ressentais certains signes avec ce que les voisins disaient de cette maladie. J’ai eu l’information à partir d’une amie qui l’a partagée dans notre groupe WhatsApp. Et comme c’était écrit gratuit, j’ai voulu profiter pour avoir le cœur net. J’habite le petit Baobab à Bonabéri, j’ai traversé le pont pour venir ici à Bédi. Et là j’ai le cœur net. Je ne porte aucune Hépatite. Ni B, ni C. J’ai également fait le test du Sida et là aussi tout est bon. Je rentre comblée de joie. Et les gens ci étaient bien organisés. Pas de bousculade, pas de plainte. Chacun passait à son tour », va déclarer dame M.T. la quarantaine révolue, commerçante au petit marché de Bonabéri.
Pour maman Odile, la cinquantaine entamée « Je vais devoir me mettre sous traitement contre l’Hépatite C. mais les médecins m’ont rassuré qu’en trois je vais guérir. Donc je ne suis pas du tout inquiète. Je vais juste aller dire à mon compagnon avec qui je vis depuis plusieurs années de faire rapidement son test aussi. Mais en attendant nous allons faire des rapports sexuels protégés. Je vais lui donner les résultats des tests que je viens de faire. On peut cacher la maladie, mais on ne cache pas la mort. Je vais lui dire toute la vérité. Je crois qu’il comprendra. Il a tout intérêt à comprendre pour éviter la chaine de contamination. On ne sait jamais », va nous dire cette autre dame habitant le quartier Nkomba à Bonabéri
Junior B, est le plus jeune. A 24 ans, il est venu se faire dépister : « Jai’ appris que c’est une maladie de sang, et que c’est aussi transmissible de mère à l’enfant et sexuellement transmissible. Et comme c’est gratuit, j’ai donc décidé de venir sans prévenir mes parents. Je n’ai eu aucune peur. Mais je voulais avoir le cœur net aussi. Et suivre les conseils des médecins pour une hygiène de vie plus correcte. J’ai passé mes tests. Je ne suis porteur d’aucun mal parmi les deux. Que ce soit l’Hépatite B ou C. et maintenant je vais le dire à mes parents une fois à la maison », nous explique l’étudiant habitant la Cité des palmiers à Douala.
On guérit de l’hépatite C
Revenant sur la maladie et sa prise en charge l’on a entendu les médecins dire que, « quand vous faites une hépatite aiguë, vous devenez jaune, vous avez mal au niveau du ventre, dans la partie droite, mais ça concerne moins de 10% des personnes. La grosse majorité, c’est une transmission principalement par le sang, ça se transmet comme le Vih. C’est-à-dire que tout ce qui est matériel contaminé, les aiguilles, les seringues, le sang par les banques de sang, mais ça devient de plus en plus rare parce que dans les banques de sang, on contrôle le virus. C’est une transmission mère enfant que ce soit pour l’hépatite B ou C. Transmission sexuelle aussi. Et puis la transmission par la sueur mais ça c’est vraiment exceptionnel, ça c’est l’hépatite B. », nous a-t-on expliqués.
Aussi, « c’est une maladie qui évolue à bas bruit, pendant des années et des années parce que pour qu’elle donne des conséquences, il faut au moins 15 à 20 ans d’évolution. Ça veut dire que vous êtes bien jusqu’à un jour, on vous diagnostique quelque chose. Et pour les hépatites virales, on dit que quand vous avez des symptômes, c’est que vous êtes à un stade très avancé de la maladie » nous fait comprendre les médecins.
Pour ce qui est de la prise en charge, il nous a été dit clairement qu’on peut guérir complètement de l’Hépatite C : « On guérit de l’hépatite C. En trois mois, il y a un traitement qui guérit presque 98% des malades hépatites C », nous a-t-on rassurés.
Pour l’Hépatite B, « c’est un autre problème parce que le virus de l’Hépatite B, est un peu insidieux, c’est à dire que le virus va intégrer le DNA des cellules hépatiques et il s’endort là-dedans. Maintenant, aller le dénicher, c’est un gros problème parce que pour le dénicher, c’est difficile », explique claire le Dr Agnès Malonguè.
Après donc ces deux jours, le Dr Malongue, annonce ce qui va être mis sur pied pour le suivi de malades testés positifs : « La suite, c’est que les malades qui sont dépistés négatifs, on leur conseille de se faire vacciner. Ceux qui sont positifs, ils sont vus en premières consultations gratuites, on va assurer une prise en charge », va rassurer le chef de l’Unité de Gastro entérologie de l’Hôpital Général de Douala. C’est d’ailleurs ce service qui a porté ledit projet de consultation gratuite.
Alphonse Jènè















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