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Elevage porcin : la chaleur, un facteur redoutable pour la filière

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Dans la région du Nord , la filière porcine attire de plus en plus d’éleveurs en quête de rentabilité. Mais la chaleur accablante du climat soudano-sahélien, marquée par une longue saison sèche, constitue un véritable casse-tête pour ces acteurs. Entre pertes d’animaux et investissements coûteux pour l’adaptation, l’élevage porcin se heurte à un défi de taille.

Sous le ciel ardent du Nord , où le soleil règne en maître plus de huit mois sur douze, les porcs souffrent. Dans cette région à climat soudano-sahélien, la chaleur extrême s’impose comme un adversaire redoutable pour les éleveurs. Les températures, souvent supérieures à 40 °C en journée, transforment les enclos en véritables fours, rendant l’élevage porcin particulièrement éprouvant. Pourtant, la filière est en plein essor. De plus en plus de familles et de jeunes entrepreneurs s’y lancent, séduits par la forte demande et la hausse du taux de consommation de la viande de porc dans la région.

Mais derrière cet engouement, la réalité du terrain est tout autre. « Les porcs ne supportent pas la chaleur excessive. Lorsqu’il fait trop chaud, ils mangent moins, grandissent lentement et parfois meurent d’un coup de chaleur », confie Alphonse Dao, un éleveur de la périphérie de la ville. Le constat est le même dans les quatre départements de la région où les périodes de canicule provoquent de lourdes pertes dans les porcheries mal adaptées.

L’absence de pluies pendant une grande partie de l’année accentue le problème. Les points d’eau se raréfient, rendant difficile l’approvisionnement pour le nettoyage et l’abreuvement des bêtes. Certains éleveurs n’ayant pas de moyens de s’offrir un forage d’eau encore souscrire à un abonnement à la Camwater se voient contraints de parcourir plusieurs kilomètres pour trouver de l’eau, un effort quotidien qui alourdit les coûts de production. Le stress thermique affecte également la reproduction, entraînant une baisse de fertilité chez les truies et une fragilisation des porcelets.

Face à ces défis, les spécialistes recommandent une adaptation des pratiques. La construction de porcheries bien ventilées, avec des toitures isolées et des murs épais, s’avère indispensable. Il faut aussi prévoir des points d’eau à proximité pour permettre aux animaux de se rafraîchir et d’éviter la déshydratation. « L’élevage porcin dans le Nord demande beaucoup d’investissements. Ce n’est pas seulement nourrir les bêtes, il faut construire, aménager, entretenir et surtout anticiper sur la chaleur », explique Sillas, éleveur. Cette contrainte climatique pousse parfois les petits éleveurs à se contenter de méthodes rudimentaires, les porcs sont laissés en divagation dans les rues ou sous des abris de fortune. Une pratique à risque, aussi bien pour les animaux que pour la salubrité publique.

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Malgré ces difficultés, la filière porcine conserve un fort potentiel économique. La viande de porc est de plus en plus prisée sur les marchés urbains et ruraux. Les restaurants et les points de grillade en font un met incontournable, créant ainsi une demande constante. Les autorités locales encouragent d’ailleurs la structuration du secteur, à travers l’appui matériel aux éleveurs.

Marcus DARE

 

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