Centre national de transfusion sanguine; Vers la construction des locaux définitifs

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D’après le Président du Comité de gestion du Centre national de transfusion sanguine CNTS, il s’agit de la construction des locaux définitifs du Centre national de transfusion sanguine et du Centre interrégional qui animera la transfusion sanguine dans les régions du Centre, du Sud, Est et de l’Ouest.

 « L’action du Centre national de transfusion sanguine mérite d’être soutenue pour lui permettre de venir en aide aux milliers de femmes qui accouchent, aux personnes anémiées et aux accidentés de la circulation » a déclaré le Pr Tetanyé Ekoé, Président du Comité de gestion, du Centre national de transfusion sanguine, lors de la célébration de la journée mondiale du donneur de sang, le 14 juin dernier. Cet appel solennel aux populations en faveur du don de sang, est un « acte de générosité, de solidarité et d’humanisme », a-t-il ajouté. Depuis sa nomination, le Doyen honoraire ne dort pas. « Le comité de gestion impulse suffisamment d’énergie dans cette initiative pour qu’effectivement d’ici 2025, le Centre national de transfusion sanguine ait une meilleure figure », souhaite-t-il.

Le CNT a acquis un terrain de 2000m2, non loin du Palais des sports à Warda. « Nous allons construire les locaux définitifs du Centre national de transfusion sanguine et du Centre interrégional qui animera la transfusion sanguine dans les régions du Centre, du Sud. Il est prévu de construire aussi un centre régional pour le septentrion à Garoua. Avec l’appui de la Corée du Sud,  un autre centre sera construit à Bertoua, dans la région de l’Est et un autre centre à Douala, dans la région du Littoral et un à Foumbot, dans la région de l’Ouest », explique le pédiatre.

C’est le fruit de la collaboration entre l’Etat du Cameroun et la Banque Islamique de développement. « C’était un prêt de 7 milliards qui va permettre de construire, d’équiper et d’apporter au Centre national de transfusion sanguine, le matériel roulant et tout ce qui permet de tester le sang dans toutes les régions du Cameroun », confie le Président du Comité de gestion du CNTS. C’est un énorme investissement et cet investissement ne se met en place que progressivement sous la conduite et le contrôle des donateurs que sont les Bailleurs de fonds, que sont la Banque islamique de développement, sous le contrôle de l’OMS.  « Par conséquent cette action du gouvernement n’est pas un coup de baguette magique. C’est un processus qui se met en place progressivement et qui va faire en sorte que lorsque nous aurons réussi à créer la mobilisation en démantelant les préjugés et en créant surtout ce corps spécial de donneurs volontaires de sang », explique-t-il.

Bien plus, le pédiatre et ancien Doyen de la Faculté de médecine et des sciences biomédicales de l’université de Yaoundé 1, entre 2006 à 2012, affirme que le CNTS a pour mission : de fournir du sang à la nation. «  Il faut toutes sortes de stratégies pour pouvoir fournir du sang en quantités suffisantes à la population, et ce sont ces stratégies qu’il faut mettre en place. Des moyens financiers doivent également être utilisés pour la sensibilisation. On attend donc, de la population qu’elle collabore avec le personnel du Centre national de transfusion sanguine pour assurer le bon fonctionnement de l’établissement », suggère-t-il.

Le CNTS a pour mission, collecter le sang, de le qualifier, de faire les textes qui lui permettent de dire que le sang est de très bonne qualité et de le distribuer. Le Centre national de transfusion sanguine (CNTS), a collecté 90 850 poches de sang en 2020 », déclare le Pr Dora Mbanya. Ce qui couvre seulement moins de 20% des besoins du CNTS. « En 2021, nous avons eu 140 207 poches de sang, ce qui a approché les 35% de ses besoins ». Pour que nous atteignions notre mission, tout le monde doit pouvoir nous accompagner. Sans le sang, il n’y a pas de vie. Vraiment, le don de sang est important. C’est là où nous interpellons la population. Le don de sang c’est de 18 à 60 ans, dans notre pays. Les hommes et les femmes peuvent le faire.

Elvis Serge NSAA

Pr. Tetanyé Ekoé

« Le vrai problème c’est d’amener les camerounais à donner du sang »

Le Président du Comité de gestion du Centre national de transfusion sanguine (CNTS), nous  parle de la place cruciale et stratégique les donneurs de sang dans la gestion du Centre national de transfusion sanguine (CNTS) au Cameroun.

Le Cameroun a célébré le 14 juin dernier, la journée mondiale du donneur de sang. Quelle est la situation du don de sang au Cameroun à date ?

Les besoins de poches de sang dans notre pays sont de 400 000 poches sur les 27 millions d’habitants que nous sommes et jusqu’à maintenant les populations souffrent pour disposer du sang quand elles en ont besoin, soit dans les hôpitaux, soit dans les lieux où se produisent des accidents où dans les maternités rurales, quand il faut soulager la détresse des mamans qui vont accoucher dans des conditions difficiles.

C’est pour ça que le Chef de l’État son excellence Paul Biya par une loi de 2003 a créé le Centre national de transfusion sanguine (CNTS), c’est-à-dire qu’il a donné mission à ce Centre national de transfusion sanguine, de mettre en place un système qui permette à court terme d’en finir avec les souffrances de la population.

Ça n’en finit pas parce que le décret du chef de l’État n’est pas un bâton magique pour que tout ce qui se faisait et qui se faisait depuis très longtemps. Et ce n’est que progressivement que l’organe à qui le chef de l’État a confié de conduire cette réforme met donc en œuvre sa stratégie. Les habitudes ont la peau dure, mais il faut reconnaître que depuis que cette mission a été créée depuis 2019 nous avons une équipe qui est constituée d’un directeur général le Pr Mbanya de réputation internationale, avec comme Directeur général adjoint Emmanuel Maïna Djoulde, qui est un administrateur chevronné et ma modestes personne, le Président du Comité de gestion qui gère les missions extrêmement lourdes.

Alors Pr, vous avez pris les rênes du Centre national de transfusion sanguine comme président du comité de gestion. Ça fait un an et demi. Qu’est-ce qui est déjà fait jusqu’ici ?

Si vous connaissez un tout petit peu l’histoire de la transfusion sanguine, vous devez vous souvenir que ceux qui géraient la transfusion sanguine squattaient dans un petit immeuble du comité national d’épidémiologie, non loin de la croix rouge. Ça ne laissait pas beaucoup de place à l’équipe managériale de se développer. Maintenant grâce à l’appui du ministère de la Santé et du ministère des du Domaines, nous avons pu louer des locaux dans le boulevard Jean Paul II  où nous occupons des locaux dans lesquels effectivement la Direction générale et son staff sont confortablement installés.

 Et aussi nous avons obtenu dernièrement un espace non loin du Palais des sports à Warda où nous disposons d’un espace d’à peu près 2000m2, où nous allons construire les locaux définitifs du Centre national de transfusion sanguine et du Centre interrégional qui animera la transfusion sanguine dans les régions du Centre, du Sud. Il est prévu de construire aussi un centre régional pour le septentrion à Garoua. Avec l’appui de la Corée du Sud,  un autre centre sera construit à Bertoua, dans la région de l’Est un à Douala, dans la région du Littoral et un à Foumbot, dans la région de l’Ouest.

Donc cette équipe managériale ne dort pas. Le comité de gestion impulse suffisamment d’énergie dans cette initiative pour qu’effectivement nous pensons que d’ici 2025, le centre national de transfusion sanguine aura une meilleure figure. Mais ce qui est important, c’est que nous nous sommes attaqués à ce qui est primordial, c’est-à-dire la lutte, la mobilisation, la communication pour le don du sang parce qu’effectivement le vrai problème c’est d’amener les camerounais à donner du sang.

Et pour donner du sang, ce n’est pas lorsque un de vos parents est malade ou bien un de vos amis est malade et que vous venez donner du sang qui va résoudre le problème des déficits des 300 000 poches de sang qui nous reste à fournir. Vous ne pouvez pas les trouver ni dans la mer ni dans la forêt ni nul part. Ce filament précieux qu’est le sang se trouve dans le corps des autres créatures.

Alors Pr, est-ce qu’on peut espérer que les années à venir seront meilleures quant à la disponibilité de la poche de sang ?

Vous me permettez de régler un petit problème de compréhension. L’Etat du Cameroun devant l’important investissement que représente la construction du centre national et des centres régionaux de transfusion sanguine dans les régions a dû recourir à un emprunt de la banque islamique. C’était un prêt de 7 milliards qui va permettre de construire, d’équiper et d’apporter au Centre national de transfusion sanguine, le matériel roulant et tout ce qui permette de tester le sang dans toutes les régions du Cameroun.

C’est un énorme investissement et cet investissement ne se met en place que progressivement sous la conduite et le contrôle des donateurs que sont les Bailleurs de fonds que sont la Banque islamique de développement, sous le contrôle de l’OMS. Par conséquent cette action du gouvernement n’est pas un coup de baguette magique. C’est un processus qui se met en place progressivement et qui va faire en sorte que lorsque nous aurons réussi à créer la mobilisation en démantelant les préjugés et en créant surtout ce corps spécial de donneurs volontaires de sang.

Quelle est la place qu’occupe le donneur de sang au Cameroun, ou alors quelle est la place que le président du Comité de gestion voudrait accorder au donneur de sang ?

Les donneurs de sang occupent une place cruciale stratégique. Parce que ce sont ces hommes et ces femmes, ces jeunes gens qui acceptent de donner de leur sang de manière libre, gratuite, humanitaire et anonyme pour que leur sang, sans qu’ils sachent où il va servir puisse être donné pour sauver des vies.

Vous voyez que ça change fondamentalement et radicalement de la position et l’attitude de ceux qui attendent que ce soit un membre de la famille ou un de leurs proches qui ait besoin du sang pour qu’ils le donnent. Pour dire que ces donneurs volontaires sont des héros, des héroïnes, les gens activistes qui sont habités par des valeurs supérieures qu’il faut cultiver dès l’enfance.

C’est pour ça que je voudrais que vous m’accordiez d’insister sur le fait que le processus de mobilisation, le processus de formation ou d’adhésion de cette élite des donneurs volontaires du sang doit absolument commencer tôt à l’école. Dans les écoles primaires, secondaires et à l’université où en principe l’être humain est gratuit. Il est altruiste et il se laisse très facilement habité par des valeurs universelle et supérieure.

Alors ces valeurs universelles et supérieures, comment vous allez les recadrer? Est-ce que le donneur de sang au Cameroun a un statut particulier ? Qu’est-ce qui est prévu pour le mettre à l’aise quand même ? Une quelconque motivation ? Justement quelles sont les perspectives qui peuvent rassurer les Camerounais que la poche de sang grâce à la volonté des donneurs sera beaucoup plus disponible ?

Plus y aura de donneurs volontaires qui comprennent que leur sang, lorsqu’il sauve une vie, n’a pas de compensation. Lorsque vous sauvez la vie de quelqu’un est-ce que vous pouvez chiffrer le montant de la compensation qu’on doit vous donner ? Non! Vous n’attendez qu’une chose la reconnaissance ! C’est cette reconnaissance là que nous travaillons pour vous informer que telle personne a été reconnue comme un donneur bénévole de sang, depuis un an, deux ans, trois ans, quatre ans, cinq ans. Mais c’est un honneur parce que ça veut dire que depuis tout ce temps cette grande dame a sauvé de nombreuses de vies. Et pour avoir sauvé de nombreuses vies, la nation doit lui être reconnaissante.

Alors, Pr Tetanyé Ekoé, un message quand même à l’endroit des camerounais parce que vous parlez de lever l’équivoque de considération. Alors quel est le message phare pour amener les camerounais à mieux donner de leur sang, à mieux sauver des vies?

Il faut que les camerounais comprennent qu’ils ont dans leurs corps une substance qu’ils peuvent partager avec d’autres humains qui en ont besoin et que s’ils ne donnent pas du sang, ces humains qui peuvent avoir besoin de sang  peuvent mourir. Et lorsque chaque camerounais comprendra que donner du sang c’est sauver nécessairement des vies, ils vont le faire. C’est exactement comme vous vous souvenez en 2016, lorsque les gens ont appris la catastrophe ferroviaire d’Eseka et que tous les camerounais, de tous les bords, de toutes les religions, de toutes les tribus ont afflué vers le Centre de transfusion sanguine en tendant leurs bras « Prenez de mon sang je voudrais sauver des vies».

C’est ce sentiment qui ne doit pas disparaître, c’est ce sentiment que le Centre national de transfusion sanguine,  la Directrice générale et son adjoint, et toute l’équipe qui nous entoure veulent entretenir comme flamme, comme feu, pour que les gens comprennent que les 27 millions de camerounais que nous sommes, si nous pouvons arriver à dégager 30%, 35% de donneurs volontaires, nous n’aurons plus besoin de  demander chaque fois quand quelqu’un a besoin de sang, qu’il paye les tests et qu’il apporte deux donneurs.

 Si tout le monde peut arriver à suivre cette demande de subvention de  transfusion sanguine, vous allez voir, nous allons arriver d’ici 2025 dans une situation où si vous avez la malchance d’voir un parent qui a besoin de sang, on vous dira, donnez-nous seulement le prix des recouvrements de test, mais vous n’aurez plus besoin de deux donneurs.

 Et peut-être plus loin avec l’appui, que nous apporte la Première Dame, Chantal Biya, qui va certainement nous soutenir dans la communication, il sera possible même de revoir le coût des tests diminué. Et vous allez voir dans quelques années on sera beaucoup mieux.

Pr, je voudrais savoir si à l’avenir vous avez prévu de faire un peu de porte à porte comme avec les campagnes de vaccination pour demander aux gens de donner leur sang ? Est-ce-que ce sera possible ? Parce que c’est une astuce qui peut aussi marcher.

Nous allons inviter les gens à venir, à se rendre là où nous allons avoir des camions équipés avec des chaises, des fauteuils et qui permettront aux gens qui veulent bien donner de leur sang de venir, de se faire identifier, de se faire enregistrer, donner de leur sang et promettre que chaque fois, ils pourront revenir.

Retranscrits par SOPPI EYENGA (Stg)

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