Lancé le vendredi 7 août 2026, le troisième cycle de la campagne de Chimio-prévention du paludisme saisonnier (CPS) s’est achevé hier, dimanche 9 août, dans la région de l’Extrême-Nord. Pendant trois jours, des agents de santé et des relais communautaires ont sillonné les ménages pour administrer les médicaments préventifs aux enfants ciblés, dans un contexte marqué par la forte transmission du paludisme en cette période de pluies.
Dans l’Extrême-Nord, la saison des pluies constitue une période particulièrement sensible pour la lutte contre le paludisme. Avec l’installation des précipitations, les conditions deviennent favorables à la multiplication des moustiques vecteurs de la maladie. Dans les quartiers de Maroua comme dans les zones rurales de la région, les eaux stagnantes et les différents points d’accumulation d’eau peuvent favoriser leur reproduction.
C’est dans ce contexte que le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), avec l’appui de ses partenaires, a déployé ses équipes dans plusieurs localités de l’Extrême-Nord dans le cadre du troisième cycle de la campagne de Chimio-prévention du paludisme saisonnier. Du vendredi 7 au dimanche 9 août, des agents de santé et des relais communautaires sont allés directement à la rencontre des familles.
L’objectif de cette opération était d’administrer aux enfants ciblés les médicaments préventifs prévus dans le cadre de la CPS. Cette stratégie vise à réduire le risque de paludisme pendant la période de forte transmission et à contribuer à la diminution des formes graves chez les enfants.
Le choix d’une intervention directement dans les ménages permet de rapprocher les services de santé des communautés. Dans une région où certaines populations peuvent vivre loin des formations sanitaires, cette approche communautaire facilite l’accès aux interventions préventives et permet de toucher davantage d’enfants.
La réussite de la campagne dépend toutefois fortement de l’implication des familles. Les parents ont été invités à accueillir les agents dans leurs ménages et à
faciliter leur intervention. Leur collaboration permet aux équipes d’identifier les enfants concernés et de leur administrer les médicaments conformément aux orientations de la campagne.
Le passage des agents dans les ménages constitue également une occasion de renforcer la sensibilisation. Les familles sont invitées à maintenir les autres mesures de prévention, notamment l’utilisation correcte des moustiquaires imprégnées à longue durée d’action. Le recours rapide aux services de santé en cas de fièvre chez un enfant demeure également essentiel afin de favoriser une prise en charge appropriée.
Dans plusieurs quartiers de Maroua, la problématique des eaux stagnantes reste une préoccupation en cette période de pluies. Les espaces mal drainés, les récipients abandonnés et certaines zones où l’eau s’accumule peuvent favoriser la présence des moustiques. L’assainissement des abords des habitations constitue ainsi un autre moyen de réduire les risques.
La CPS ne constitue donc qu’un volet de la stratégie globale de lutte contre le paludisme. Elle vient compléter les autres actions de prévention et de prise en charge mises en œuvre par les services de santé et leurs partenaires dans la région.
Après trois jours d’intervention, la campagne s’est achevée hier, dimanche 9 août. Pour autant, la vigilance reste de mise dans l’Extrême-Nord. La fin de ce troisième cycle ne signifie pas la fin des efforts de prévention, particulièrement en cette période où les pluies créent des conditions favorables à la transmission du paludisme.
Les familles sont ainsi appelées à maintenir les mesures de protection au quotidien. Dormir sous une moustiquaire imprégnée, limiter autant que possible les eaux stagnantes autour des habitations et consulter rapidement une formation sanitaire en cas de fièvre sont autant de gestes qui peuvent contribuer à protéger les enfants.
Réaction

“Globalement, la campagne de chimioprévention du paludisme saisonnier (CPS) se déroule efficacement sur le terrain. Nous avons déjà lancé le troisième cycle de cette campagne. Depuis son lancement en juin 2026, plus de 1 500 000 enfants âgés de 3 à 59 mois bénéficient régulièrement de ce traitement préventif.
Les cas de maladie chez les enfants non éligibles à la CPS sont efficacement pris en charge et gratuitement au sein de la communauté, par les agents de santé communautaire polyvalents (ASCp), ainsi que dans les établissements de santé par les prestataires de soins. Des supervisions sont également effectuées à tous les niveaux afin de garantir l’application rigoureuse de la stratégie telle qu’elle a été définie sur le terrain.
L’objectif est de protéger les enfants contre le paludisme, particulièrement pendant la saison des pluies, qui coïncide généralement avec une augmentation du nombre de cas. Cette protection doit être assurée en combinant la CPS avec d’autres mesures de prévention, notamment l’hygiène et l’assainissement de l’environnement, l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MILDA) et la vaccination antipaludique.
Notre souhait est que tous les enfants éligibles puissent recevoir leur traitement de sulfadoxine-pyriméthamine et amodiaquine (SPAQ), malgré les défis liés aux conditions environnementales, notamment le relief accidenté dans certaines zones, l’état ou l’accès limité à certains axes routiers et la forte pluviométrie.
Il est donc important que les parents accueillent favorablement les mobilisateurs, les distributeurs et les agents de santé communautaire polyvalents, tout en participant activement à l’administration du médicament et en suivant attentivement les conseils et recommandations qui leur sont prodigués par les agents de santé.”















