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Lutte contre l’hépatite B : Le CMA d’Ahala lance une campagne de dépistage

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Les 30 et 31 juillet 2026, le Centre médical d’arrondissement d’Ahala propose une campagne de sensibilisation et de dépistage de l’hépatite B à un tarif accessible afin de lutter contre la forte endémicité de la maladie au Cameroun.

L’hépatite B reste un problème majeur de santé publique au Cameroun. Le pays fait partie des zones de forte endémicité, avec environ 11,2 % de la population générale touchée, selon les données du ministère de la Santé. Dans certaines régions, comme l’Extrême-Nord, la prévalence atteint même 17,7 %. « L’hépatite B est une maladie silencieuse mais évitable ». En effet, 90 % des personnes infectées peuvent éliminer le virus naturellement, mais chez les autres, l’infection peut devenir chronique et évoluer vers des complications graves comme la cirrhose ou le cancer du foie. D’où l’importance d’un dépistage précoce. Le problème est que beaucoup ignorent leur statut. Seulement 1 % des personnes infectées en Afrique seraient diagnostiquées. Pourtant, un dépistage rapide permet une prise en charge adaptée et contribue à briser les chaînes de transmission.

Dépistage, sensibilisation et accompagnement

En effet, pendant deux jours consécutifs, les 30 et 31 juillet 2026, le Centre Médical de l’Arrondissement d’Ahala ouvrira ses portes de 8h à 14h afin de proposer à la population un programme complet et rigoureusement structuré. Tout d’abord, une séance de sensibilisation sera organisée : celle-ci permettra d’informer les participants sur les différents modes de transmission du virus, mais aussi sur les gestes simples et efficaces de prévention, tels que la vaccination ou l’usage de préservatifs. Par la suite, et c’est là l’étape cruciale, un dépistage sera proposé à un prix délibérément accessible de 1000 FCFA, ce qui a pour but de lever les barrières

financières et d’encourager un maximum de personnes à connaître leur statut sérologique. Enfin, une fois le test réalisé, un accompagnement personnalisé sera assuré : en effet, des conseillers de santé prendront le relais pour expliquer les résultats, rassurer les patients et, si nécessaire, orienter les personnes testées positives vers une prise en charge médicale rapide et adaptée. Ainsi, grâce à cette approche globale qui allie information, prévention et suivi, chaque participant repartira non seulement plus conscient des risques, mais aussi mieux outillé pour protéger sa santé et celle de ses proches. L’hépatite B se transmet par exposition au sang et aux liquides biologiques : rapports sexuels non protégés, partage de matériel d’injection ou d’hygiène (rasoirs, brosses à dents), transmission de la mère à l’enfant. La bonne nouvelle ? Il existe un vaccin efficace qui offre une protection à vie.

Un engagement national contre l’hépatite

Cette initiative locale s’inscrit dans une dynamique nationale. Le ministre de la Santé publique, Malachie Manaouda, a annoncé le 20 février 2025 que le vaccin contre l’hépatite B est désormais administré gratuitement aux nouveau-nés de mères porteuses, dans les 24 heures suivant la naissance. Cette décision, qui s’inscrit dans une stratégie d’élimination de la transmission mère-enfant du VIH, de la syphilis et des hépatites, corrige un délai qui existait depuis 2005, date d’introduction du Pentavalent au Cameroun. Jusqu’ici administré six semaines après la naissance, le vaccin est désormais accessible plus précocement pour une meilleure protection des nourrissons. L’objectif national est clair : que 90 % des personnes atteintes connaissent leur statut, que 90 % de celles dépistées reçoivent un traitement, et

réduire de 65 % la mortalité liée aux hépatites. Le Centre Médical d’Ahala lance un appel à la population : « Prenez soin de votre santé et de celle de vos proches. Faites-vous dépister ! Venez nombreux. »

INTERVIEW

« Le CMA d’Ahala lance une campagne de dépistage pour toucher les jeunes de 20 à 35 ans »

Dr SOUORE Sanda épouse EBISSOULEYE Jessica, médecin-chef du Centre Médical d’Arrondissement (CMA) d’Ahala.

À l’occasion de la Semaine des hépatites, le docteur SOUORE Sanda épouse EBISSOULEYE Jessica, médecin-chef du Centre Médical d’Arrondissement (CMA) d’Ahala, revient sur les objectifs de la campagne de dépistage organisée les 30 et 31 juillet.

Revenons sur les objectifs de cette campagne. Pourquoi cette campagne ?

Bonjour, je suis le Dr SOUORE Sanda épouse EBISSOULEYE Jessica, médecin-chef du CMA d’Ahala. L’objectif principal de cette campagne est de faire dépister le plus grand nombre de personnes pour cette maladie qui évolue silencieusement : l’hépatite virale. Le dépistage porte sur l’hépatite virale B et l’hépatite virale C. Ainsi, un maximum de personnes pourront connaître leur statut et avancer sereinement : les personnes non infectées pourront se faire vacciner contre l’hépatite B et être mieux protégées ; les personnes testées positives seront référées à l’hôpital de district d’Efoulan pour une prise en charge par un gastro-entérologue.

Pourquoi avoir choisi les 30 et 31 juillet plutôt que le 28, qui est la date

officielle de la Journée mondiale ?

La Journée mondiale se célèbre le 28 juillet. Mais nous avons préféré élargir cette initiative en parlant de la « Semaine des hépatites ». Comme cette semaine était chargée par d’autres activités, nous n’avons pas souhaité la laisser passer inaperçue. Nous avons donc profité des jours suivants pour poursuivre le dépistage des patients.

Quelles sont vos attentes à la fin de cette campagne de deux jours ?

Mes attentes sont que la majorité des personnes, et plus particulièrement les riverains, connaissent leur statut et se fassent vacciner dans la mesure du possible. Nous avons également une cible prioritaire : les jeunes de 20 à 35 ans, car c’est la population majoritaire autour du CMA. De plus en plus, les jeunes souffrent de pathologies chroniques méconnues. Nous voulons vraiment toucher cette tranche d’âge afin que la santé soit une priorité pour tous.

Une telle campagne nécessite des moyens logistiques et humains. Quelles dispositions avez-vous prises pour qu’elle se déroule sans écueil ?

Nous avons d’abord informé le chef du quartier, qui a organisé une réunion avec les riverains. Nous avons également mobilisé notre communicateur communautaire pour préparer psychologiquement la population.

Au niveau de l’hôpital, nous avons mis en place les moyens nécessaires en termes de réactifs et de personnel. Nous disposons d’une main-d’œuvre qualifiée et suffisante pour prendre en charge toutes les personnes qui se feront tester. Chaque agent a été briefé et connaît ses tâches. Nous allons tous nous mettre à l’œuvre pour que le succès soit au rendez-vous.

Quel est le parcours du patient lors de cette campagne de dépistage ?

Nous avons un service d’accueil avec des registres d’enregistrement. Dès l’arrivée du patient, ses paramètres vitaux sont pris, car nous ne faisons pas seulement un dépistage : nous cherchons aussi à détecter d’éventuelles maladies cachées, comme l’hypertension artérielle. Nous mesurons donc la tension, le poids, la température, etc.

Une fois ces paramètres relevés, le patient reçoit un code d’enregistrement. L’hôtesse l’accompagne ensuite au laboratoire pour le prélèvement. Après le prélèvement, le patient retourne à l’accueil, où des sièges sont prévus en attendant les résultats.

Pour les cas potentiellement graves, une prise en charge immédiate est envisagée. Nous sommes en lien avec l’hôpital de district d’Efoulan, notre hôpital de référence. Les patients testés positifs seront référés à l’hôpital de district d’Efoulan, pour une prise en charge spécialisée par un gastro-entérologue.

Un mot de fin ?

Mon mot de fin est un appel à toutes et à tous : parents, grands-parents, jeunes, enfants, faites-vous dépister contre cette maladie qui évolue en silence. Le dépistage reste essentiel pour notre sécurité et notre santé à tous.

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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