Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • ACTUALITE
  • Lutte contre l’onchocercose : La distribution du MECTIZAN relancée
ACTUALITE

Lutte contre l’onchocercose : La distribution du MECTIZAN relancée

Email : 62

Coordonnée par le ministère de la Santé publique, la campagne nationale de distribution de Mectizan a été relancée le 1er août 2026 jusqu’au 20 août par le Programme national de lutte contre l’onchocercose (PNLO). Visant l’élimination definitive de l’onchocercose après un an d’interruption, l’opération s’appuie sur 39 000 distributeurs, soutenue par Helen Keller International (projet ANEW).

C’est une étape cruciale que traverse le système de santé camerounais. Le 1ᵉʳ août 2026, le ministère de la Santé publique a donné le coup d’envoi officiel d’une vaste campagne nationale de distribution communautaire du Mectizan (ivermectine). Prévue pour se dérouler jusqu’au 20 août, cette opération massive signe la reprise effective des traitements au sein des communautés endémiques, particulièrement dans les districts ayant connu une interruption temporaire d’une année. Face à une maladie dévastatrice qui handicape des milliers de familles, cette grande mobilisation incarne l’espoir d’une éradication prochaine et durable sur le sol camerounais.

Un réengagement stratégique après un an d’interruption

L’onchocercose, communément appelée « cécité des rivières », représente depuis plusieurs décennies un fardeau sanitaire, économique et social majeur au Cameroun. Transmise par la piqûre répétée de simulies (petites mouches noires se reproduisant près des cours d’eau rapides), cette maladie parasitaire provoque des démangeaisons intolérables, des lésions cutanées sévères et, à terme, des déficiences visuelles irréversibles pouvant conduire à la cécité complète.

Au-delà des souffrances physiques, l’onchocercose frappe de plein fouet les communautés rurales agricoles, freinant le développement socio-économique des bassins de production. L’interruption momentanée des campagnes dans certains districts avait suscité des inquiétudes quant au risque d’une résurgence de la transmission. La relance actuelle de la distribution de masse constitue ainsi une réponse directe et ferme pour préserver les acquis épidémiologiques et fermer définitivement la porte à la maladie.

Une mobilisation communautaire sans précédent

Pour réussir ce pari logistique et humain, le Programme national de lutte contre l’onchocercose (PNLO) repose sur un maillage territorial d’une efficacité remarquable. En amont du déploiement sur le terrain, un vaste processus de formation en cascade a été rigoureusement exécuté. Ce programme a permis de mettre à jour et de renforcer les compétences des personnels de santé d’encadrement, qui ont à leur tour formé près de 39 000 distributeurs communautaires (DC).

Ces volontaires, choisis par et pour leurs propres villages, constituent le véritable fer de lance de la stratégie. Grâce à leur proximité et à la confiance qu’ils inspirent, ils assurent le porte-à-porte, l’évaluation de la taille des bénéficiaires, la distribution du Mectizan® et la sensibilisation aux bons gestes. Leur engagement bénévole est la clé de voûte de cette couverture universelle en milieu rural.

Consignes essentielles avant la prise du Mectizan

Le Programme national de lutte contre l’onchocercose (PNLO) rappelle que l’administration du traitement exige une rigueur absolue ; il faut impérativement prendre le médicament à jeun, de préférence dès le réveil, éviter toute consommation d’alcool la veille ainsi que le jour de la prise, et respecter les contre-indications strictes en ne l’administrant pas aux femmes enceintes, aux personnes gravement malades, aux enfants de moins de 5 ans ou mesurant moins de 90 cm.

Protocoles d’administration et sécurité sanitaire

L’administration massive de l’ivermectine exige une rigueur absolue afin de garantir la sécurité sanitaire des populations. C’est pourquoi les 39 000 distributeurs appliquent strictement la grille de mesure par toise pour déterminer le dosage adéquat, tout en vérifiant rigoureusement l’absence de contre-indications. Les visites à domicile s’accompagnent de séances d’explication pédagogiques pour lever toute hésitation au sein des foyers et assurer une observance optimale des consignes préventives.

Une synergie gouvernementale et un soutien international accru

Placée sous la coordination générale du ministre de la Santé publique, cette vaste campagne nationale témoigne de la détermination du gouvernement camerounais à tenir ses engagements internationaux en matière de santé. Elle s’inscrit pleinement dans le plan national de mitigation, conçu pour faire face aux contraintes conjoncturelles et garantir la continuité des interventions indispensables contre les maladies tropicales négligées (MTN).

Ce succès repose également sur une coopération internationale solide. Le Cameroun bénéficie pour cette opération du soutien financier stratégique de l’organisation Helen Keller International, à travers le lancement de son nouveau projet innovant intitulé ANEW. Cet appui financier et technique vient consolider le leadership du PNLO et offrir les moyens nécessaires à la couverture intégrale des zones ciblées.

Cap sur l’élimination définitive et l’arrêt de la transmission.

En reprenant avec intensité la distribution de masse du Mectizan® du 1ᵉʳ au 20 août 2026, le Cameroun ne se contente pas de distribuer un médicament : il trace la voie vers l’interruption définitive de la chaîne de transmission de l’onchocercose. L’objectif ultime recherché par le ministère de la Santé publique et ses partenaires est d’atteindre le seuil critique d’arrêt des traitements, validé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), afin de déclarer le pays totalement libéré de ce fléau.

À travers la mobilisation des autorités, des professionnels de santé, des bailleurs de fonds et des communautés locales, le Cameroun réaffirme sa volonté d’offrir à chaque citoyen, même dans les villages les plus reculés, un avenir exempt de cécité évitable et empreint de dignité.

img

Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

Leave a Reply

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos Sante n°1458 du vendredi 7 aout 2026

×