Depuis le début du mois de juillet 2026, les bénévoles de la Croix-Rouge camerounaise sont mobilisés à Hile Alifa, dans la région de l’Extrême-Nord, pour assurer une surveillance communautaire contre le choléra.
Depuis le début du mois de juillet 2026, les bénévoles de la Croix-Rouge camerounaise sont à pied d’œuvre à Hile Alifa, dans le département du Logone-et-Chari. Leur mission est claire : assurer une veille communautaire permanente afin de détecter précocement les cas suspects de choléra, alerter les équipes de santé et renforcer la sensibilisation des populations sur les mesures de prévention.
Chaque jour, ces volontaires parcourent les quartiers et les villages de cette localité frontalière. Grâce à leur présence permanente au sein des communautés, ils identifient les personnes présentant des symptômes évocateurs du choléra, notamment les diarrhées aiguës et les vomissements. Les cas suspects sont immédiatement orientés vers les structures de santé pour une prise en charge rapide, tandis que les proches sont sensibilisés aux gestes barrières afin d’éviter toute propagation de la maladie.
Les bénévoles mènent également des séances de sensibilisation auprès des ménages, des leaders communautaires et des groupes de femmes. Ils rappellent l’importance du lavage régulier des mains au savon, de la consommation d’eau potable ou traitée, de l’utilisation des latrines, de la bonne conservation des aliments et de l’assainissement du cadre de vie. Ces actions de proximité contribuent à instaurer un climat de confiance entre les communautés et les équipes sanitaires, favorisant ainsi le signalement rapide des cas suspects.
Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des cas de choléra dans la région de l’Extrême-Nord. Depuis plusieurs semaines, l’épidémie fait rage dans les départements du Logone-et-Chari, du Mayo-Sava et du Diamaré. À ce jour, plus de 600 cas ont déjà été enregistrés, avec de nombreux décès, plaçant les autorités sanitaires en état d’alerte maximale.
Face à cette situation, la Délégation régionale de la Santé publique de l’Extrême-Nord intensifie les actions de prévention et appelle les populations au strict respect des règles d’hygiène. Responsable de la lutte contre les épidémies à la délégation régionale, Dr Céline Maïrousgou, médecin généraliste, rappelle que le choléra est une maladie évitable lorsque les mesures de prévention sont appliquées. Elle invite les populations à se laver régulièrement les mains au savon ou avec une solution chlorée, à consommer uniquement de l’eau potable ou traitée, à bien cuire les aliments, à utiliser les latrines et à se rendre immédiatement dans une structure de santé dès l’apparition des premiers symptômes. Pour elle, le respect de ces gestes simples demeure le moyen le plus efficace de rompre la chaîne de transmission de la maladie.
La riposte bénéficie également de l’engagement de plusieurs partenaires. Aux côtés du ministère de la Santé publique, la Croix-Rouge camerounaise intervient avec l’appui de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, du Comité international de la Croix-Rouge, de la Croix-Rouge française ainsi que du Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Afrique. Ensemble, ils soutiennent les activités de surveillance communautaire, de sensibilisation, de prise en charge des malades et de renforcement des capacités des acteurs de terrain.
Les bénévoles poursuivent leur engagement avec détermination, convaincus que la lutte contre le choléra commence au sein des communautés. Par leur présence quotidienne, leur vigilance et leur proximité avec les populations, ils contribuent à détecter rapidement les cas, à limiter la propagation de la maladie et à sauver des vies. Dans un contexte où chaque geste compte, leur action constitue un maillon essentiel de la riposte sanitaire déployée dans l’Extrême-Nord.]















