Le 2 août 2026, une grande causerie éducative a réuni 151 participants à l’Église presbytérienne d’Upper Towe. Portée par les Ambassadeurs de la lutte contre les VBG, cette initiative locale fait écho à l’urgence nationale, illustrée par les yrécentes données du MINPROFF.
La lutte contre les violences basées sur le genre vient de franchir une étape décisive dans le Sud-Ouest du Cameroun. Le 2 août 2026, l’enceinte de l’Église presbytérienne d’Upper Towe à Limbé n’a pas seulement réuni des fidèles en quête de spiritualité ; elle est devenue le théâtre vibrant d’un sursaut citoyen. Sous l’impulsion des Ambassadeurs de la lutte contre les violences basées sur le genre, ce sanctuaire a été transformé en un espace inclusif de dialogue et d’éveil des consciences, rassemblant des profils de tous horizons autour d’un impératif universel : extirper le fléau des violences de nos foyers et de nos rues.
Placée sous le thème évocateur et percutant de la compréhension des formes, des causes, des conséquences et des stratégies de prévention des violences basées sur le genre, cette rencontre a battu en brèche les tabous qui persistent trop souvent dans l’ombre des communautés. Le choix délibéré d’un lieu de culte n’a rien d’anodin. Il traduit une volonté profonde d’ancrer la réflexion morale au cœur de la cité, en
offrant un cadre sécurisant et neutre où la parole peut se libérer sans crainte ni jugement.
Au total, cent cinquante et une personnes ont répondu présentes à cet appel à la responsabilité collective. La sociologie de cette mobilisation témoigne de la transversalité de l’enjeu, rassemblant vingt-deux hommes, trente-huit femmes, vingt-six jeunes et soixante-cinq enfants. Cette mixité générationnelle et sociale a conféré aux échanges une intensité rare, permettant d’aborder le phénomène sous tous ses angles, de la cellule familiale aux espaces publics.
Les discussions, riches et sans concession, ont permis d’équiper les participants d’outils conceptuels et pratiques indispensables. Il s’agissait avant tout de décrypter les mécanismes invisibles qui normalisent la violence, qu’elle soit physique, psychologique, économique ou sociale. En analysant les causes profondes et les répercussions dévastatrices de ces comportements sur les individus et le tissu social, les facilitateurs ont rappelé l’urgence d’une prise de conscience nationale. Les statistiques officielles du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille rappellent d’ailleurs la cruelle réalité de ce combat, avec pas moins de 1 599 cas de VBG enregistrés sur les quatre premiers mois de l’année 2026, incluant 166 viols, 50 féminicides et 13 infanticides. Des chiffres alarmants qui s’inscrivent dans une tendance lourde, marquée par une hausse continue des féminicides au fil des ans, passant de 50 cas en 2023 à 67 en 2024 et 77 en 2025.
À Limbé, l’impact de cette journée dépasse largement le cadre d’une simple causerie éducative. Au terme des travaux, l’adhésion des participants s’est matérialisée par des engagements formels et profonds. Les citoyens présents ont solennellement promis de porter le flambeau de la sensibilisation au sein de leurs familles, de leurs églises, de leurs écoles et de leurs lieux de travail. Devenir des ambassadeurs du changement, refuser la complaisance face aux abus, soutenir activement les survivantes et promouvoir l’égalité entre les genres sont désormais les crédos de ces hommes, de ces femmes et de ces jeunes résolus à transformer l’essai.
L’activité s’est achevée sur une note d’espoir inébranlable, scellée par une promesse unanime : bâtir des communautés plus sûres, plus justes et plus inclusives, où la violence n’a plus droit de cité. À Limbé, la graine de la tolérance zéro est plantée, promettant une récolte de paix et de respect mutuel pour les générations à venir.















