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Rentrée scolaire 2026/2027 : Quoi mettre dans la gamelle des enfants ?

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À l’approche de la rentrée scolaire, la question de l’alimentation des enfants revient au premier plan. Les parents doivent composer des repas simples et variés et adaptés aux besoins des enfants.

La rentrée est là. Côté nutrition, chaque parent a ses propres habitudes pour tenir le rythme. Avant de partir à l’école, les enfants prennent des forces avec un petit-déjeuner, ceci vers 6h, 7h. Le petit déjeuner est constitué généralement du pain-beurre ou chocolat accompagné d’une tasse de lait, ou de la bouillie avec les beignets-maïs. Pour d’autres parents, c’est avec la nourriture de la veille que les enfants se regèlent. Pour la pause de 10h, les parents glissent dans le sac une gamelle bien remplie. Au menu, on retrouve souvent le fameux pain-œuf-spaghetti, du plantain frit, le poulet DG de la veille, des boulettes de viande ou du saucisson. Le matin scolaire commence donc par ces deux prises alimentaires rapprochées. Selon TEMATE TANAMBOU Émilie, diététicienne nutritionniste spécialisée en alimentation tropicale saine, il est important de revoir ces habitudes. « Nous sommes d’abord camerounais », rappelle la spécialiste, qui invite les parents à faire davantage confiance aux aliments locaux et tropicaux pour nourrir leurs enfants.

Avant la gamelle, penser d’abord au premier repas

La première pause à l’école intervient souvent autour de 9 heures. Si l’enfant a déjà pris un petit-déjeuner à 7 heures, il peut donc se retrouver à manger à deux reprises en seulement deux heures. Pour la nutritionniste, les parents doivent réfléchir à la manière de répartir les repas plutôt que de multiplier les prises alimentaires rapprochées. Elle recommande notamment de donner un fruit à l’enfant le matin, avant son départ pour l’école. Parmi les fruits qu’elle conseille, la banane occupe une place particulière. La banane est riche en glucides et constitue ainsi une source d’énergie. Elle apporte également du magnésium et des vitamines. Pour la spécialiste, ces nutriments participent notamment au bon fonctionnement de l’organisme et aux besoins du cerveau de l’enfant pendant les premières heures de cours. Les fruits apportent aussi des vitamines, des minéraux et des antioxydants qui contribuent au bon fonctionnement de l’organisme. À la rentrée, alors que les enfants se retrouvent au contact les uns des autres et peuvent être exposés à différents virus, l’alimentation participe, selon la spécialiste, au maintien de leurs défenses naturelles. Mais pour elle, le moment et le lieu de consommation comptent également. Les fruits sont de préférence donnés à la maison avant le départ pour l’école, puis éventuellement au retour. À l’école, les conditions d’hygiène ne sont pas toujours maîtrisées : l’enfant peut manipuler le fruit avec des mains sales avant de le manger. À la maison, les parents peuvent mieux contrôler le lavage, la préparation et la consommation. La même prudence doit se faire avec les jus naturels. Le jus de gingembre, foléré ou autres boissons maison peuvent être préparés pour les enfants, mais la spécialiste conseille de les donner à la maison. Dans une gourde transportée plusieurs heures, certains jus peuvent rapidement fermenter selon les conditions de conservation. Pour l’école, l’eau reste donc le choix le plus simple.

Une gamelle camerounaise, variée et peu transformée

Pour composer la gamelle, inutile de chercher des aliments coûteux ou compliqués. La spécialiste invite les parents à revenir aux aliments que l’on retrouve dans l’alimentation camerounaise et tropicale. Après le féculent, il faut penser à une source de protéines. Selon les moyens de la famille, cela peut être du poisson, un œuf ou des boulettes. L’objectif n’est pas de surcharger la gamelle, mais de l’équilibrer. Du côté des féculents, les possibilités sont nombreuses : plantain, manioc, bâton de manioc, patate douce ou igname. Le plantain n’a pas besoin d’être systématiquement frit. Il peut être cuit à la vapeur puis découpé en rondelles. Le manioc peut également être bouilli, puis découpé en petits dés faciles à manger. La présentation compte. Selon la spécialiste, les parents peuvent découper les aliments de manière attrayante afin de donner envie aux enfants de les consommer. Elle cite également les légumes, notamment la carotte et le concombre. Ils peuvent être découpés et placés à côté du repas lorsque les légumes ne sont pas directement intégrés à la préparation. L’idée est de faire découvrir progressivement aux enfants les différentes saveurs et textures. Un enfant qui refuse aujourd’hui la carotte peut finir par la réclamer si elle lui est régulièrement proposée. La nutritionniste insiste surtout sur la nécessité de réduire les aliments fortement transformés. Les biscuits, bonbons, saucissons et autres produits industriels riches en conservateurs, colorants, exhausteurs de goût et autres additifs ne devraient pas prendre la place des aliments naturels dans la gamelle. Elle déconseille également de faire de la friture une habitude. Les boulettes, par exemple, peuvent être simplement cuites plutôt que systématiquement plongées dans l’huile. Pour elle, les parents doivent apprendre à varier les modes de cuisson et à limiter les aliments frits.
Pour rééduquer l’alimentation de l’enfant, l’expert affirme que les parents doivent d’abord rééduquer la leur, car l’enfant observe et imite ses proches. Il est ainsi incohérent de lui interdire le grignotage ou de lui imposer des fruits si l’adulte introduit lui-même des produits transformés à la maison et consomme du pain-spaghetti-mayonnaise devant lui. La rééducation passe donc par l’exemple : les parents doivent consommer des fruits avec plaisir devant leurs enfants et valoriser les produits du terroir comme le manioc, l’igname ou le plantain, sans en avoir honte. En intégrant ces aliments naturels et non transformés dans les habitudes familiales et dans la gamelle scolaire, les parents débarrassent la maison des biscuits ou des bonbons et construisent activement la santé future de leur enfant.

Bien nourrir un enfant à l’école commence avant même de fermer sa gamelle : cela commence par l’éducation alimentaire donnée à la maison.
Marie Chantale FAIDA

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