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Malformations de l’urètre et des bourses chez l’enfant : Le CHUY abrite une grande campagne de chirurgie pédiatrique

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Du 1er au 14 août, le CHUY organise une campagne de dépistage et de chirurgie gratuite des malformations de l’urètre et des bourses chez l’enfant. Une initiative pour prévenir séquelles psychologiques, esthétiques et fonctionnelles à l’âge adulte.

Organisée du 1er au 14 août 2026 par le Pr Joseph Pierre Fouda sous la supervision du Pr Vincent de Paul Djientcheu, cette initiative majeure vise à dépister, sensibiliser et opérer gratuitement ou à coût préférentiel des pathologies trop souvent entourées de tabous. Une opportunité prospective capitale s’ouvre pour des centaines de familles camerounaises au Centre Hospitalier et Universitaire de Yaoundé (CHUY) lors de cette vaste campagne médicale dédiée aux anomalies congénitales de l’appareil génito-urinaire chez l’enfant. En tirant profit des vacances scolaires, cette action entend traiter en profondeur des malformations médicales mal connues, évitant ainsi aux enfants d’endurer un lourd fardeau psychologique, esthétique et fonctionnel à l’âge adulte.

Des malformations fréquentes mais réparables : l’hypospadias et l’épispadias

Au cœur de cette action humanitaire et scientifique se trouvent les malformations anatomiques de l’urètre, qui nécessitent une intervention chirurgicale spécialisée. Comme le déclare le Pr Joseph Pierre Fouda, chirurgien urologue et consultant au CHUY : « Il est question de prendre en charge les enfants qui ont des malformations au niveau de l’urètre. Il y a ce qu’on appelle les hypospadias, c’est-à-dire que les urines sortent avant l’oméa, en dessous de la verge. Ou alors les épispadias, les urines qui sortent au-dessus de la verge. C’est une malformation qui est fréquente et qui peut être opérée. Il est aussi question de sensibiliser les parents, parce que les parents doivent détecter cette anomalie ».

Il alerte ensuite vivement sur l’impact de ces anomalies non traitées sur le développement de l’enfant et sur sa vie future : « Il faut savoir que quand il y a un problème d’épispadias, il y a d’abord le fait qu’il y a un traumatisme psychologique. Parce qu’à un certain âge, les enfants, quand ils vont faire pipi, il faut s’apercevoir qu’il n’est pas comme les autres. Il y a un problème médical, naturellement, parce que ce n’est pas une situation normale, c’est une malformation pour laquelle on va trouver une solution. Et si, avec le temps, on ne trouve pas de solution, vous verrez qu’à un certain âge, pendant les rapports sexuels, il y aura un problème quand il va éjaculer. Parfois même il y a des épispadias qui entraînent un coup dur de la verge. Et quand il y a un coup dur de la verge, on ne peut même pas avoir une érection correcte. Donc ce n’est pas un petit problème, c’est un gros problème pour lequel nous devons trouver des solutions ».

Pathologies des bourses : préserver la fertilité et prévenir le cancer

Outre les anomalies de la verge, les affections des bourses constituent le second volet majeur de ce programme d’intervention. Le Pr Joseph Pierre Fouda détaille ainsi les enjeux médicaux et esthétiques d’un repositionnement testiculaire : « Mais à côté des malformations de l’urètre, il y a aussi les malformations au niveau des bourses. Parfois, le testicule ne descend pas dans les bourses. Donc, naturellement, il faut l’y amener. Il faut l’y amener pour un certain nombre de raisons. La première raison, c’est que quand un testicule n’est pas en situation normale, il ne peut pas bien fonctionner. Parce que la température dans le milieu d’environnement ne permet pas qu’il fonctionne avec une température optimale. Mais aussi, ça peut entraîner à long terme un cancer du testicule. Et pour terminer, il y a un problème esthétique. Quand un enfant, à un certain âge, n’a pas son testicule dans les bourses, ça lui pose un problème. Parfois, au niveau du couple. Donc, il faut que l’on sache que c’est un problème qui peut être résolu par la chirurgie. Naturellement, pour tous ces problèmes-là, les parents doivent être informés et sensibilisés ».

Une stratégie adaptée au calendrier scolaire et un engagement pérenne

Interrogé sur le choix de la période et sur la durée de l’opération, le Pr Joseph Pierre Fouda explique la pertinence du calendrier retenu : « La campagne survient parce que ce sont les vacances scolaires. Les vacances scolaires durent au moins 2 à 3 mois. On a le temps de les prendre en charge sans que ça empiète leur scolarité. Donc, on peut les opérer, ils guérissent et vont

à l’école normalement ». Il précise également la pérennité de la démarche et exprime sa gratitude envers l’administration de l’établissement : « Dans un début, c’est 14 jours. Mais il faut savoir que chaque fois qu’il y aura les vacances, ce sera possible. J’en profite pour dire merci à M. le Directeur Général du CHUY qui a permis que cette campagne soit organisée et qui prend les dispositions pour que ça se passe bien ».

Concernant les objectifs chiffrés de l’opération, le spécialiste insiste sur la prise en charge globale sans exclusion : « Vous imaginez que quand on opère un enfant, on opère quelqu’un qui a au moins 60 ans devant lui. Et il est impensable qu’un de ces enfants arrive ici et qu’on ne planifie pas sa prise en charge. Ça peut être cette fois-ci, ça peut être pendant les vacances de Noël, les vacances de Pâques, les grandes vacances prochaines. Donc, ce n’est qu’un début, mais ça va continuer. La campagne ne s’arrête pas le 14. Ça s’arrête le 14 août pour le moment parce que c’est les vacances scolaires, les grandes vacances ».

Vigilance parentale : Le rôle clé des mères dès la naissance

En guise de conclusion et de prévention, le Pr Joseph Pierre Fouda lance un appel direct à l’attention et à la réactivité des familles dès la maternité : « Je souhaite que les parents à la naissance, qu’ils examinent, qu’ils regardent bien les testicules et le pénis de leurs enfants. Je sais que les mamans savent très bien le faire. S’il y a le moins de problèmes, il faut venir vers les médecins parce que plus la prise en charge est faite tôt, plus le traitement a de meilleurs résultats ».

Réaction

« Le problème urinaire des enfants peut amener des complications »

Pr Vincent De Paul Djientcheu, Directeur Général du CHUY.

« Je pense que le problème urinaire des enfants peut amener des complications. Il doit être détecté à temps et traiter avant les complications. Parfois, ils ont des symptômes urinaires. La famille, les patients ne savent pas ce que c’est. Mais aujourd’hui, nous leur avons demandé de venir pour une vérification à l’hôpital de Yaoundé. Ils vont rencontrer des spécialistes qui vont leur dire comment le diagnostic est confirmé et comment il peut être traité. Je pense que c’est à la fin de notre campagne que nous aurons une idée de la situation. Mais certaines études

précédentes indiquent qu’il n’y a pas de rare pathologie. L’objectif de cette campagne est de dépister les malformations urinaires, notamment de l’urètre et des bourses. C’est une pathologie qui peut passer inaperçue et diagnostiquée au stade de complication. Parce que souvent, les parents constatent des symptômes, parfois des déformations, mais ne savent pas ce que c’est. Ils ignorent totalement les conséquences. Aujourd’hui, nous avons ouvert cette campagne qui va durer deux semaines ici au Centre Hospitalier et Universitaire de Yaoundé. Les parents, les enfants ou même les patients qui présentent des symptômes urinaires peuvent se présenter. Ils vont rencontrer des spécialistes vraiment chevronnés qui pourront faire le diagnostic. Et qui pourront dire également comment est-ce que la prise en charge se passe ».

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Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

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